Agnès Buzyn vote contre la prescription par les pharmaciens

Delphine Bagarry, députée de la première circonscription des Alpes-de-Haute-Provence (En marche), et médecin généraliste de formation, avait proposé via un amendement au PLFSS, d’expérimenter pour trois ans la prescription par les pharmaciens de certains médicaments normalement délivrés sur ordonnance. Soutenu par le rapporteur du PLFSS Olivier Véran, l’amendement avait été adopté en commission des affaires sociales, mais l’assemblée a finalement décidé de le rejeter lors de son examen dans la nuit de vendredi à samedi.
L’amendement de la députée a peut-être été victime des fortes réactions soulevées chez les médecins.  Olivier Véran a finalement donné un avis défavorable évoquant une redondance avec un autre article adopté juste avant et qui prévoit, à titre expérimental également, d’autoriser les pharmaciens, dans le cadre d’un protocole d’accord conclu avec les médecins, à renouveler des traitements chroniques ou ajuster leur posologie. Agnès Buzyn a adopté la même position, pour les mêmes raisons. La confusion a été d’autant plus grande que cette dernière a repris la parole pour défendre l’idée proposée par sa consœur. « Il y a beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux par rapport à ces articles, en réalité nous sommes très respectueux des métiers, mais aujourd’hui nous savons que dans quelques situations extrêmement protocolées, normées, dans des zones où il est aujourd’hui difficile d’avoir des rendez-vous chez le médecin en urgence, il pourrait y avoir dans le cadre d’une expérimentation bien cadrée, une forme de coopération. Les infections urinaires par exemple. Nous ne sommes pas en train de changer les métiers, nous sommes en train de favoriser la vie quotidienne de nos concitoyens sur des gestes très simples », a-t-elle avancé, tout en maintenant son avis défavorable. L’amendement a donc été rejeté de justesse par les députés présents. 

Source : Le Généraliste 29/10/2018
Commentaire
alindust
09/11/2018
NB : "après avoir examiné le malade"...et non "ausculté le malade" En effet "ausculté", terme trop souvent usité à tort est donc ici parfaitement inapproprié ! du latin "auscultare" = écouter....ne s'emploie donc évidemment que pour...les cas d'auscultation, notamment cardio pulmonaire.... Ceci étant précisé, je comprends parfaitement la réaction des toubibs...les seules études de pharma ne sont pas du tout adaptées à aller au-delà de ce qui se pratique ! quand les autorités comprendront-elles qu'il faille introduire de (réelles) formations (anat/physio, séméiologie, pathol et thérap...), la botanique et la zoologie c'est bien...mais pour la culture générale ! (accessoirement pour les jeux des 1000 euros ou question pour un champion...)
Hauchecorne Philippe
03/11/2018
L'idée était pourtant bonne surtout pour les jours de garde .Et c'est toujours mieux que des ordonnances envoyées par fax ou mail par le médecin sans avoir ausculté le malade
lionel
02/11/2018
être d'accord tout en n'étant pas d'accord : les limites du "En même temps"...
Marie-Odile MARCHAL
02/11/2018
J'avance,je recule;je dis blanc,je dis noir....et nous, on fait quoi des plaintes des patient(e)s ayant des signes d'infection urinaire le week-end ou quand le généraliste est en congé et non remplacé ? on les envoie aux urgences, histoire d'encombrer un peu plus ?
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