Un million de pilules du lendemain vendues chaque année

Chaque année depuis 2010, environ 11% des femmes de moins de 30 ans ont recours à la contraception d’urgence en France, un chiffre stable, selon une nouvelle étude de Santé Publique France réalisée sur environ 3 400 femmes de 15 à 49 ans. Désormais, plus d’un million de comprimés sont vendus chaque année en France.
Les utilisatrices sont jeunes, citadines et ont tendance à avoir des comportements sexuels «à risques» nous révèle l’étude. En 2016, 6% des participantes ont utilisé une contraception d’urgence au cours de l’année écoulée. C’est parmi les plus jeunes (15-19 ans) que l’on trouve la proportion d’utilisatrices la plus élevée (21%), un chiffre qui décline rapidement avec l’âge.
L’étude de Santé publique France révèle également que le recours à la pilule du lendemain ne dépend ni du niveau d’études, ni de la situation financière. En revanche, les femmes vivant en région parisienne y ont recours trois voire quatre fois plus que les autres. Un chiffre qui pourrait s’expliquer par des «freins qui persistent» dans les zones plus rurales (confidentialité, difficulté de s’adresser à un pharmacien ou à l’infirmière scolaire).  L’enquête montre aussi que le taux d’utilisation de la pilule du lendemain parmi les utilisatrices de pilule contraceptive «normale» est passé de 5% en 2004 à 14% en 2016. Un chiffre qui s’explique d’abord par un accès plus facile mais aussi «par une plus grande facilité à identifier un oubli ou une erreur de manipulation qu’avec des méthodes traditionnelles», selon les chercheurs. Chez les femmes de moins de 30 ans, le recours à la contraception d’urgence est stable depuis 2010, aux alentours de 11%, et globalement les ventes ont baissé entre 2013 et 2015. En 2013, après une affaire très médiatisée, les pilules de 3ème et 4ème génération ont été déremboursées. Une méfiance généralisée envers les pilules s’est traduite par un report vers les dispositifs intra-utérins (DIU) et le préservatif. Quant à la mise à disposition sans ordonnance en 2015 d’une nouvelle pilule du lendemain, elle «ne s’est pas accompagnée d’une hausse de l’utilisation contrairement à ce qui avait été observé entre 2000 et 2005 avec l’arrivée de la pilule au levonorgestrel », notent les auteurs. Cette nouvelle formule à l’acétate d’ulipristal est efficace jusqu’à 120 heures après le rapport à risques, soit 5 jours après. Option encore moins connue, il est aussi possible de se faire poser dans les 5 jours un dispositif intra-utérin (dit aussi stérilet) en cuivre, une méthode contraceptive qui a l’avantage d’être durable.

Source : Le Figaro Santé 25/09/2018
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