Le métier d'herboriste espère une réhabilitation

Fin août, 55 étudiants venus d'horizons différents ont entamé à Plounéour-Menez une formation de deux ans à l’École bretonne d'herboristerie (EBH) pour se préparer à un métier sans existence légale qu'ils espèrent à nouveau voir reconnu par l’État.
Le métier et le diplôme d'herboriste ont été supprimés sous Vichy en 1941. Depuis, seuls les pharmaciens en officine sont autorisés à vendre des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée (562 en France), à l'exception d'une liste de 148 fixée par un décret de 2008.
Réunies au sein de la Fédération française des écoles d'herboristerie (FFEH), cinq écoles travaillent à la mise en place d'un tronc commun de formation dans l'espoir d'une réhabilitation de l'herboristerie en France.
Depuis 2010, la production a progressé de plus de 40% en France où environ 120 espèces sont cultivées, a précisé devant la commission Claude Chailan, représentant de France Agrimer en charge de ce secteur. « 12% de la production » l'est en agriculture biologique mais cette dernière est insuffisante, même si les producteurs proposent plus de 1 500 produits, « témoignant d'une réelle diversification de l'offre de la filière », a-t-il souligné.
La France importe 18 000 tonnes de plantes, principalement depuis la Chine et l'Inde, a expliqué devant les sénateurs Pierre Champy, professeur de pharmacognosie à l'université Paris-Sud. Concernant les produits accessibles par internet, « la situation est catastrophique avec 30 à 50% des produits de mauvaise qualité, avec des molécules interdites ou jamais évaluées », a-t-il déclaré. Selon lui, le monopole pharmaceutique a été « institué pour des raisons sanitaires et non économiques », certaines de ces plantes présentant une « forte toxicité ». « Si la loi changeait, ça permettrait d'avoir accès à davantage de plantes que beaucoup de pharmaciens n'utilisent pas, ça nous permettrait de faire un vrai conseil », plaide Laurence Keunebrock qui a ouvert il y a cinq ans « L'herberie des simples » à Fouesnant (Finistère). N'exerçant pas en officine où elle a pourtant travaillé pendant 20 ans, elle doit se limiter aux 148 plantes du décret de 2008, bien qu'étant pharmacienne diplômée. « J'ai fait un vrai choix (...) Avec le recul, ce n'est pas le même métier », affirme -t-elle.
Pour Joël Labbé, « reconnaître le métier d'herboriste et fixer un cadre pour sa formation, c'est occuper tout un terrain qui n'est pas balisé aujourd'hui ». Le sénateur espère « un vaste débat public dont vont s'emparer les citoyens ».

Source : AFP 22/09/2018
Commentaire
JPM
24/09/2018
Pour être honnête lisons la plaquette de ladite école EBH de Plounéour-Ménez : « Ce stage s’adresse aux professionnels de santé, aux producteurs de plantes aromatiques et médicinales, au personnel des magasins biologiques et diététiques, aux professionnels de l’éducation à l’environnement, mais aussi à tous ceux qui souhaitent acquérir des connaissances pratiques sur les plantes aromatiques et médicinales ». Durée de ladite formation : 4 jours, tarif de 400€ à 506€ + 15€ de cotisation annuelle (?)……………. Donc je me demande pourquoi on suit des centaines d’heures de botanique + matière médicale + pharmacologie si tout cela peut se résumer en une petite trentaine d’heures. JE DIS DONC HAUT ET FORT « A QUAND LE STAGE DE MÉDECINE EN 6 JOURS ET CELUI DE CHIRURGIE EN 10 » ?.........
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