Homéopathie : les Français lui font confiance

La confiance des Français en l'homéopathie et leur consommation s'accroît d'année en année. En parallèle, la Haute autorité de santé (HAS) doit statuer en février 2019 sur l'efficacité et le remboursement de cette médecine alternative jugée par certains comme coûteuse voire dangereuse. Depuis mars, la tribune de 124 médecins s’est étoffée à plus de 3000 signataires alors que les Français jugent l’homéopathie comme une médecine crédible.
Selon une étude de l’institut Ipsos réalisée en 2015, 77% disent lui faire confiance. C’est moins que les médicaments sur ordonnance (93%) mais plus que les génériques (68%). Un Français sur deux (56%) y a déjà eu recours contre 39% en 2004.
Historiquement, la France a fait une place à cette médecine non conventionnelle dans son système de santé (inscription à la pharmacopée, au recueil officiel des médicaments, au remboursement), un climat qui a permis au marché français de se développer considérablement. L’homéopathie pèse environ 620 millions d’euros selon les chiffres 2017 d’OpenHealth Company. En comparaison, le marché global des médicaments en vente libre en France s’élève à 2,2 milliards d’euros selon le baromètre de l’Afipa​ (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). Un secteur tiré par plusieurs fleurons français avec, loin en tête, le leader mondial Boiron. Le laboratoire affiche 617,5 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 61,3% réalisé en France. Dans l’Hexagone, ses résultats sont même en hausse annuelle de 2,1%. Une situation qui lui permet d’employer 3718 salariés dans le monde, dont 2528 en France. Ce marché attire aussi de nouveaux entrants comme Gilbert, spécialisé dans la santé de l’enfant et les cosmétiques, qui a lancé en 2016 une gamme de neuf traitements homéopathiques ciblant des pathologies de la vie quotidienne (toux, la digestion ou les troubles du sommeil). Contrairement aux médicaments classiques, les médicaments homéopathiques nécessitent un développement bien plus court et simplifié. Les coûts de R&D et les délais de commercialisation sont donc considérablement réduits comparés aux médicaments classiques. Aux États-Unis, la Food and drug administration (FDA) s'inquiète de l'utilisation de l'homéopathie pour des maladies graves et prévoit de durcir ses normes. Quelle sera la décision de la France début 2019 ?

Source : L’Usine Nouvelle 05/09/2018
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