Phytothérapie : un regain d’intérêt pour la médecine par les plantes

Beaucoup sont tentés de soigner les petits maux du quotidien par les plantes, perçues comme plus naturelles. Qu’elles se présentent sous la forme de tisanes, d’huiles essentielles ou de gélules, toutes ne sont pas efficaces et certaines ne sont pas dénuées d’effets indésirables.
Les premiers hommes mâchaient les plantes pour traiter leurs maux comme le font encore les singes sauvages aujourd’hui. « Aujourd’hui encore, la phytothérapie demeure le recours principal dans de nombreux pays en voie de développement », explique le Pr Pierre Champy, responsable de l’enseignement de la phytothérapie à la faculté de pharmacie de Châtenay- Malabry. En France, de nombreux médicaments sont issus des plantes et depuis quelques années la phytothérapie revient sur le devant de la scène.
Affections bronchiques, troubles du sommeil, calculs urinaires, cholestérol, herpès… La phytothérapie peut aider à venir à bout de nombreuses maladies sans s’opposer aux médicaments issus de la chimie. Pour le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste, botaniste et auteur de Moins de médicaments, plus de plantes (Ed. Fayard) : « Nous avons en France 13 millions de personnes polymédiquées avec des risques d’accidents liés aux interactions -10 à 20% des hospitalisations après 65 ans sont liés à un mésusage des médicaments. L’intérêt de certaines plantes, à bien choisir car elles ne sont pas toujours sans risque, est de limiter la prise de médicaments de synthèse et de permettre une décroissance médicamenteuse ». Pharmacies, herboristeries, magasins bio, Internet… À quel circuit de distribution se vouer pour acheter ses tisanes et gélules en toute sécurité ? « Les pharmaciens sont formés au cours de leurs études, mais tous ne sont pas vraiment spécialisés pour délivrer un véritable conseil », estime le Dr Jean-Michel Morel. C’est souvent le bouche-à-oreille qui permet de s’y retrouver. « Si un pharmacien indique sur sa vitrine qu’il est spécialisé, il s’est sans doute formé », précise le Dr Goetz. La pharmacie demeure également le seul point de vente qui délivre des produits à base de plantes ayant le statut de médicament.
Dans tous les cas, la prudence est recommandée chez les enfants et les femmes enceintes, les effets des plantes sur le fœtus étant mal connus et l’automédication est à proscrire, même si certaines plantes sont réputées sans danger comme le gingembre pour lutter contre les nausées, la vigne rouge contre les jambes lourdes ou encore les graines de psyllium contre la constipation.

Source : Le Figaro 17/07/2018
Commentaire
Dr Danielle Roux- Sitruk, pharmacien spécialiste
21/07/2018
Se former et de façon continue reste le seul moyen de pratiquer une phytothérapie efficace et de qualité (ouvrages spécialisés revues professionnelles, DU, formations continue, colloques … toujours avec une neutralité scientifique !
Koumaré Mamadou
20/07/2018
Si en Europe on parle du regain d'intérêt de la phytothérapie, en Afrique francophone c'est le Médicament Traditionnel Amélioré (MTA) qui commence à prendre sa place dans la liste des médicaments essentiels de certains pays
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