Paracétamol : les leçons de l’affaire Naomi Musenga

La mort de Naomi Musenga le 29 décembre 2017 à 22 ans après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu, est ainsi « la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours », a indiqué la procureure de Strasbourg, Yolande Renzi. « La destruction évolutive des cellules de son foie a emporté une défaillance de l'ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès ».
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « une dose unique de 10 à 15 grammes suffit à provoquer une nécrose hépatique pouvant être mortelle ». C'est pourquoi le paracétamol est souvent utilisé dans les suicides. « Quand on prend 4 grammes par jour pendant plusieurs jours, en particulier si on consomme de l'alcool en même temps, c'est de nature à provoquer une hépatite médicamenteuse dite fulminante, c'est-à-dire radicale rapidement », souligne le Pr Chast. Il s'agit d'une urgence, qui nécessite l'administration d'une molécule appelée N-acétylcystéine. Faute de traitement rapide, cette affection du foie peut être fatale. « Chaque année en France, près d'une centaine de transplantations hépatiques sont liées à une intoxication au paracétamol », déplore -t-il.  Le pharmacologue Jean-Paul Giroud plaide pour une meilleure information du grand public sur les dangers potentiels du paracétamol : « il y a un problème d'information pour lequel je me bats depuis 40 ans, mais on ne peut pas dire que les pouvoirs publics s'en saisissent. C'est à eux d'insister là-dessus ». Et même si on est vigilant, on peut parfois dépasser la dose maximale sans le savoir. « Il existe 200 médicaments qui contiennent du paracétamol, je suis spécialiste des médicaments depuis 50 ans et je suis incapable de tous les citer », dit à l'AFP le professeur Giroud. « Si vous en prenez deux, par exemple l'un prescrit par un médecin et l'autre en automédication, vous pouvez vous retrouver à des doses supérieures à 4 grammes par jour », poursuit-il. Une surdose de paracétamol provoque d'abord des « signes discrets d'irritation gastro-intestinale », selon l'OMS. Ils « sont généralement suivis deux jours plus tard d'anorexie, de nausées, de malaise, de douleurs abdominales, puis de signes progressifs d'insuffisance hépatique et, finalement, de coma hépatique ».

Source : Sciences et Avenir avec l’AFP 13/07/2018
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