La marche des « cobayes » pour la santé et l’environnement

Partie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) le 1er mai, la Marche des cobayes est arrivée à Paris samedi 30 juin. Pendant les deux mois de leur périple, les marcheurs se sont montrés à l’écoute des problèmes sanitaires et environnementaux locaux et toujours prompts à dénoncer les risques que courent les populations.
Marie Ebermeyer, présente depuis le début de l’action, est une victime des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox. « J’ai pris du poids, j’étais épuisée et les autorités, la ministre de la santé en tête, nous disaient que c’était un effet psychologique, un effet “nocebo”, témoigne cette jeune retraitée, qui a travaillé quarante ans comme infirmière à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Le ministère, comme les agences régionales de santé [ARS] ne jouent pas le rôle d’alerte, c’est scandaleux. » Pour elle, il faut faire du préventif, pas seulement du curatif, et créer des pôles de santé environnementale dans les ARS.
Chaque étape de leur marche a été l’occasion pour les « cobayes » de dénoncer divers scandales sanitaires : terres agricoles polluées par les pesticides dont le glyphosate, écoles mises en danger par une industrie voisine, diesel, amiante, rejets des incinérateurs, champs électromagnétiques, chlordécone, aluminium dans les vaccins… « Sept millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution, 2,5 millions de salariés français sont exposés à des produits cancérogènes, sans compter la malbouffe, le tabac… Nous avons tous les éléments pour vivre dans un environnement sain, nous avons les moyens d’évaluation, de contrôle, des outils réglementaires, mais tout est gangrené par les conflits d’intérêts, les lobbies et le mépris des institutions », dénonce Michèle Rivasi, députée européenne écologiste en grande partie à l’origine de la marche.
« Nous voulons un inversement de la charge de la preuve, insiste Michèle Rivasi. Les victimes sont non seulement malades, mais elles font aussi face au déni des autorités. C’est aux industriels, aux laboratoires de démontrer que leurs produits ne causent pas d’effets secondaires, qu’ils ne sont pas dangereux pour la santé. » Après Paris, la troupe se rendra, mardi 3 et mercredi 4 juillet, à la rencontre des institutions et des députés européens à Bruxelles, puis à Strasbourg.

Source : le Monde 30/06/2018 
Commentaire
D. M.
02/07/2018
Michèle Rivasi, qui met sur le même plan le diesel, l'amiante et l'aluminium dans les vaccins. Il y a un paramètre tout bête qui s'appelle le niveau de preuves. Leur (dé)marche semble pertinente. Si cette initiative se dit à l'écoute des problèmes sanitaires, il serait aussi pas mal qu'elle entende le retour des connaissances scientifiques en vigueur dans chacun des domaines.
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