La blockchain peut-elle aider face à la contrefaçon des médicaments ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le trafic mondial de médicaments est aujourd’hui 20 fois plus rentable que la vente d’héroïne. On estime aujourd’hui qu’1 médicament vendu sur 10 est contrefait voire plus dans certains pays.
En France, les saisies de produits pharmaceutiques prohibés sont en hausse de +180% en 2016 (vs 2015) pour un volume total saisi par les douanes de 4,2 millions d’unités. La contrefaçon des médicaments représente un manque à gagner annuel de 10,2 milliards d’euros pour le secteur pharmaceutique européen et 37 700 emplois sont menacés.
Aujourd’hui, 94% des « pharmacies » actives dans le monde sur Internet sont illégales, l’OMS estime que plus de 50% des médicaments commercialisés en ligne sont contrefaits et on dénombre environ 700 000 décès par an liés à la vente de médicaments contrefaits.
En février 2019, les acteurs de l'industrie pharmaceutique devront consolider la traçabilité des médicaments suite à la mise en place de la nouvelle directive européenne 2011/62/UE, votée lors d’une élection au Parlement Européen en 2016.
La blockchain peut-elle aider l’industrie pharmaceutique dans la lutte anti-contrefaçon en améliorant la traçabilité des médicaments ?
La blockchain, peut garantir l’intégrité des données de santé à travers l’ensemble des systèmes d’informations. Elle permet aux entreprises de suivre leurs produits dans la chaîne de distribution, créant un circuit hermétique, imperméable aux produits contrefaits.
Elle permet en particulier aux laboratoires, de prendre des mesures a posteriori, en cas de problème, en identifiant l’emplacement exact de leurs médicaments et optimiser ainsi les procédures de rappel.
Blockpharma, une start-up française qui propose un service de traçabilité des médicaments reposant sur la technologie blockchain permet par exemple au consommateur de vérifier instantanément l'authenticité de la boîte de médicament qu'il achète.
Sanofi est l’un des premiers laboratoires à avoir misé sur cette technologie en investissant fin 2017 dans la start-up Curisium, une entreprise de Manhattan Beach en Californie, qui a développé une plateforme reposant sur la technologie de la blockchain.
La blockchain pourrait bouleverser les modes de communication actuels. Pour fonctionner il est primordial que l’ensemble des acteurs de la chaîne pharmaceutique (laboratoires pharmaceutiques, autorités de santé, fournisseurs, façonniers ...) s’alignent et jouent la carte de la transparence et de la confiance.

Source : L’Usine Nouvelle 22/07/2018
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