La HAS veut revoir certains remboursements de médicaments

Trancher vite et sans états d'âme : la décision de remboursement d'un produit de santé doit être « plus dynamique », mais aussi « réversible », en particulier pour les médicaments innovants, estime la Haute autorité de santé (HAS) dans son rapport d’analyse prospective publié mardi.
« Le déremboursement peut être mal perçu », mais « il faut pouvoir accepter (...) que le progrès attendu ne soit pas au rendez-vous » explique-t-elle.
Ce document préconise « une gestion plus dynamique du panier de biens et services de santé pris en charge », qui devra « être portée par une forte volonté politique ».
Une référence implicite au cas des médicaments anti-Alzheimer, qui seront déremboursés le 1er août, près de deux ans après l'avis en ce sens de la HAS.
Pour la HAS, ces décisions doivent être prises « chaque fois qu'une évaluation met en évidence la nécessité de le faire », notamment « quand les données collectées en vie réelle (...) ne confirment pas le service attendu ». La HAS vise particulièrement la « liste en sus » des hôpitaux, censée « assurer un meilleur accès » des patients à « certains produits innovants et onéreux ». Mais ce système est « coûteux » (4,8 milliards d'euros en 2015, dont 3 milliards pour les médicaments) et souffre de « dysfonctionnements ». « Des produits qui ne sont plus brevetés, ou en passe de ne plus l'être (...) sont largement prescrits et restent payés au premier euro », alors qu'ils devraient être « retirés de cette liste ».
Le rapport plaide aussi pour « un renforcement de la réglementation » des autorisations temporaires d'utilisation (ATU), qui permettent de rembourser un médicament avant que son prix final n'ait été négocié. Les ATU « introduisent la confusion entre nouveauté et innovation », affirme la HAS, déplorant le « recueil insuffisant » de données cliniques « pour l'évaluation finale ». Face à l'envolée du coût de ces traitements (moins de 100 millions d'euros avant 2014, plus de 600 millions en 2016), leur financement « pourrait utilement » être débloqué « après l'autorisation de mise sur le marché ».
Le gouvernement a cependant annoncé mardi, à l'occasion du Conseil stratégique des industries de santé (Csis), son intention d'« étendre » et de « renforcer » le dispositif des ATU.

Source : AFP 10/07/2018
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