Quel avenir pour le marché de la Sleep Tech ?

En 25 ans, les Français ont perdu en moyenne 18 minutes de sommeil par nuit, selon l’Insee. 62% déclarent souffrir au moins d’un trouble du sommeil (difficulté à s’endormir, réveil nocturne…). Le sujet très médiatisé a fini par attirer le secteur de la technologie et des dizaines d’applications, d’objets connectés ont fleuri. Au dernier salon de Las Vegas, la Sleep Tech avait son espace dédié et a été nommée «tendance de l’année» par le magazine américain Inc. 161 projets liés au sommeil sont actuellement répertoriés sur Kickstarter dans la catégorie « technologies » et d’après une étude Persistence Market Research, le marché mondial devrait atteindre 80,8 milliards de dollars en 2020, avec une croissance annuelle de 5,7%. Tous les fabricants avancent des arguments scientifiques. Les applications (Sleep Cycle, Sleep Better, Réveil Bonjour…) promettent d’analyser le cycle de sommeil pour fournir une multitude de données et vous réveiller «au bon moment», en phase de sommeil léger. Certaines applis proposent de prévenir les ronflements en faisant vibrer le téléphone, ou créer un «journal de rêves». Dans les applis orientées «bien-être», certaines proposent de la musique de relaxation (Relax Mélodies, Bruit blanc, myNoise…) et de méditation (Bien dormir hypnose, Petit Bambou, RespiRelax, Bonne nuit…). Des objets connectés sont sensés améliorer le sommeil ou l’endormissement, comme l’oreiller de la startup française Moona qui ajuste sa température, la veilleuse Aura de Withings basé sur des sons et lumières adaptés au cycle du sommeil, ou encore le bandeau Dreem de la startup française Rythm émet des stimulations sonores pour augmenter le temps de sommeil profond.
Que tirer de la montagne de graphiques et de chiffres délivrés par les applications ? En quoi savoir que vous bougez beaucoup la nuit peut-il vous aider à mieux dormir ?
Certaines applis seraient carrément contre-productives. «Il est inepte de décréter qu’un sommeil est profond ou non à partir des seuls mouvements. Et c’est sur ces critères faux qu’on réveille la personne en lui faisant perdre vingt minutes de sommeil dont elle a besoin !», s’agace la neurobiologiste Joëlle Adrien, à la tête de l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance).
Les Français sont les deuxièmes consommateurs européens de benzodiazépines derrière l’Espagne. Près de 13,4% de la population française y a eu recours en 2015, selon les données les plus récentes de l’ANSM. Alors la sleep tech a-t-elle un réel avenir ? Les réussites comme celles du réveil olfactif de  Bescent (ex Sensorwake) restent rares. Sur les 161 projets de Kickstarter, les deux tiers n’ont pas trouvé de financement et certains toujours en cours ne dépassent pas les 30 contributions. «Toutes les solutions sont aujourd’hui trop fragmentées», met en garde un rapport de Report Linker. «Il n’existe pas encore de plateforme où le consommateur peut centraliser ses données».

Source : Maddyness 08/06/2018
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