Maladie de Lyme : des recos de la HAS loin du consensus

Pour la première fois, des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sont officiellement contestées dès leur sortie par une société savante qui a participé à leur élaboration. Pour le Pr Eric Caumes, infectiologue au CHU Pitié-Salpétrière, les recommandations sur la maladie de Lyme présentées hier par la HAS répondent davantage à une pression sociétale qu’à une réalité infectieuse.
Non seulement la nouvelle feuille de route propose peu d’évolutions marquantes pour la prise en charge des borrélioses de Lyme proprement dites mais elle crée un précédent en entérinant la notion de « SPPT » ou « Symptomatologie/syndrome persistante polymorphe après possible piqûre de tique ». La HAS reconnaît ainsi l’existence de « personnes ayant été potentiellement exposées aux tiques présentant des signes cliniques polymorphes (douleurs musculaires, maux de tête, fatigue, troubles cognitifs), persistants, généralement diffus, non expliqués, pouvant être invalidants » regroupés sous l’acronyme « SPPT » lorsque ces signes cliniques surviennent plusieurs fois par semaine, depuis plus de 6 mois.
Le Pr France Roblot, présidente sortante de la SPILF (Société de pathologie infectieuse de langue française) s’interroge « Ces malades existent et il faut les prendre en charge mais fallait-il pour autant créer une maladie nouvelle ? ».
Avec ce SPPT « on crée de toutes pièces un syndrome mal défini par un ensemble de signes polymorphes qui n’existe pas », appuie le Pr Caumes, membre de la SPILF, avec « le risque de rattacher à une piqûre de tique quelque chose qui n’a rien à voir avec une piqûre de tique ».
De son côté, la HAS reconnaît « En l’état actuel des connaissances, nous ne savons pas si ces signes [de SPPT ] sont dus à l’existence d’une borréliose de Lyme persistante (après traitement ou non) ou à d’autres agents pathogènes qui seraient transmis par les tiques. Il peut aussi s’agir d’autres maladies ou syndromes ». Face à ces incertitudes, la HAS recommande pour ces patients SPPT « d’éliminer la piste de maladies inflammatoires, infectieuses ou non infectieuses » et un parcours de soin dédié avec la création de 5 centres spécialisés MVT (Maladies vectorielles à tiques). Sur le plan thérapeutique, elle propose « un traitement pour soulager les symptômes, quel que soit le résultat de leur sérologie ». Par ailleurs, « si les différents diagnostics différentiels sont négatifs, un traitement antibiotique d’épreuve de 28 jours pourra être proposé, en parallèle du traitement symptomatique ».
« Avec ces centres experts, on est en train de créer des usines à gaz et de les mettre dans des endroits où il n’y a pas la compétence adaptée puisque la plupart ne relèvent pas de l’infectiologie », regrette le Pr Caumes. Pour la HAS, l’orientation des patients SPPT vers ces centres les protège de trois risques : « l’errance diagnostique, le charlatanisme et les antibiothérapies erratiques au long cours ».

Source : le Généraliste 20/06/2018
Commentaire
servin jacques docteur en pharmacie
21/06/2018
tout cela est bien joli et bien sterile..éduquer la population aux risque d"exposition aux tiques..définir un test fiable de détection sanguin....et traiter surtout la cause du mal à savoir la prolifération des vecteurs animaux....du à la gestion catastrophique de nos bois et forêts...par des administrations nombriliste ...obtues.....dont cette catastrophe est le résultat
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