Levothyrox : des anomalies dans la composition selon l’AFMT

L’association française des malades de la thyroïde (AFMT) a fait réaliser une étude sur ses fonds propres pour analyser des Levothyrox nouvelle formule. « Cette nouvelle étude, menée à notre initiative, révèle des problèmes d’une gravité encore plus considérable, qui, s’ils sont confirmés, pourraient constituer un élément déterminant d’explication de cette crise », explique l’AFMT dans un communiqué.
L’étude réalisée par un laboratoire agréé par les autorités américaines a comparé par chromatographie la teneur en lévothyroxine d’une boîte de Levothyrox ancienne formule et de deux boîtes nouvelle formule issues de deux lots différents. Pour l’ancienne formule, « les résultats sont normaux ». Mais selon l’AFMT, dans les deux lots nouvelle formule, « la teneur en lévothyroxine, seul composant hormonalement utile du médicament, est gravement inférieure aux spécifications en vigueur » et « on constate, par contre, la présence, très anormale, de dextrothyroxine ».
Pour l’ancien député de Haute-Garonne Gérard Bapt, médecin-conseil de l’AFMT, déjà à l’origine du combat sanitaire contre le Mediator ou les pilules de 3e et 4e générations, « les autorités sanitaires doivent agir au nom du principe de précaution. La dextrothyroxine a été retirée depuis plusieurs années du marché américain car elle provoquait des effets indésirables comme ceux du Levotyhrox nouvelle formule. Là, on est dans une absence absolue de traçabilité ; Merck refuse de dire où sont fabriqués les composants de ces comprimés ».
Le laboratoire Merck a fortement réagi à ces propos. « Nous démentons de façon formelle la présence de forme dextrogyre dans les comprimés de Levothyrox, qu’il s’agisse de l’ancienne ou de la nouvelle formule […] Nous rappelons que la substance active utilisée pour Levothyrox nouvelle formule est strictement identique à celle présente dans l’ancienne formule ».
Et menace, entre les lignes, l’AFMT de poursuites. Réponse de Gérard Bapt : « Au moment de l’affaire Mediator, Servier démentait. Pour les pilules de 3e et 4e générations, Bayer démentait. On a vu la suite… ».
Si l’AFMT « ne prétend pas sur une seule étude, disposer d’une preuve indiscutable », elle enjoint l’ANSM « de faire expertiser en urgence, par des laboratoires indépendants un nombre significatif des échantillons ». L’association qui a dépensé tout son argent dans les analyses ne peut rien faire de plus. La justice dispose désormais de ces résultats et le communiqué de l’AFMT a été envoyé au directeur général de la santé. La présidente de l’AFMT, Chantal L’Hoir, a demandé « la reconnaissance d’une crise sanitaire, le retrait du Levothyrox, et la démission de la ministre de la Santé ».

Source : La Dépêche 14/06/2018
Commentaire
goutay eric
19/06/2018
Cette analyse ne tient pas car il existait en France des génériques depuis qq années qui compte tenu du rapport bénéfice et revenu ont disparus... Le levothyrox est une usine à gaz à produire pour un prix ridicule. Et en plus avec des embêtements. N'oubliez pas que la demande de changement de formule a été faite à la demande des autorités.
Charlotte Parc
15/06/2018
Une autre hypothèse avancée est celle du fait que la molécule de lévothyroxine tombe dans le domaine public en 2019. Donc perte financière énorme à prévoir puisque des génériques vont pouvoir sortir. Merk aurait pu vouloir "faire un coup" pour déposer rapidement un nouveau brevet avant tout le monde, mais le labo serait allé bien trop vite. L'acide citrique présent dans le comprimé, est effectivement a priori un ingrédient inoffensif, sauf que cet acide interagit avec la lévothyroxine en la neutralisant en partie par dégradation de la thyroxine en une nouvelle forme chimique acide inactive. Voyez ce reportage de FranceInfo https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/video-levothyrox-la-nouvelle-formule-est-une-aberration-pharmacologique-selon-un-ancien-chercheur-du-laboratoire-merck_2748953.html
Ajouter un commentaire
No images were found.

Articles similaires