Des médecins contre le déremboursement des anti-Alzheimer

​Le déremboursement des médicaments anti-Alzheimer programmé pour le 1er août est dénoncé par 194 médecins dans une lettre ouverte à Agnès Buzyn publiée hier dans le Figaro.
Des neurologues, gériatres et psychiatres de 28 Centres mémoire de ressources et de recherche pour la maladie d'Alzheimer et maladies apparentées (CMRR) de France et neuf sociétés savantes demandent à Agnès Buzyn de revenir sur sa décision.
Ces spécialistes des maladies neuro-dégénératives contestent la validité de l’évaluation négative de la Haute autorité de Santé (HAS). « Partout dans le monde, les spécialistes ont intégré ces traitements à leur pratique et les considèrent comme sûrs et pertinents, en association à un ensemble de mesures thérapeutiques non médicamenteuses », soulignent-ils.
« Si ces médicaments étaient réellement reconnus comme nocifs et dangereux, [...] ce n'est pas un simple déremboursement qu'il convenait de mettre en œuvre, mais une procédure de retrait du marché », écrivent-ils encore.
Leur lettre a le soutien des principales associations de patients (France Alzheimer et France Parkinson).
Selon un arrêté du ministère de la Santé publié le 1er juin au Journal officiel, la mesure concerne les quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) qui traitent les symptômes d'Alzheimer, ainsi que leurs génériques. Ils étaient jusque-là remboursés à hauteur de 15 % par l'Assurance maladie, pour un coût de 90 millions d'euros en 2015.

Source : Le Généraliste avec l’AFP 18/06/2018
Commentaire
Dr Sophie Toufflin-Rioli Pharmacienne
19/06/2018
J'ai envoyé ce courrier à la ministre et par mail à 3 de ses conseillers sans réponse pour le moment A l’attention de Agnès BUZYN Ministre des Solidarités et de la Santé Madame la Ministre, Je me permets de solliciter votre attention au sujet du déremboursement programmé des médicaments anti-Alzheimer. Je suis titulaire d’une officine en milieu rural à Commequiers en Vendée, bourg de 3500 habitants. J’ai 30% de ma patientèle constituée de personnes âgées. Nous avons aussi un EHPAD de 70 lits EHPAD « Les Mimosas » ainsi qu’une maison d’hébergement temporaire d’une vingtaine de lits « Les Saisonnales ». Notre village est à la pointe en ce qui concerne le soin aux personnes âgées avec une volonté politique forte de la mairie pour le bien être de ses aînés, un positionnement de la pharmacie qui dès 2010 s’est engagée dans les nouvelles missions et la télémédecine (rapport RIOLI- Loi HPST), ainsi que l’EHPAD qui pratique la Télémédecine depuis 2011 et qui a été labelisée « Humanitude » en novembre 2016. Ce contact rapproché et permanent avec nos aînés et leur famille m’a permis de percevoir une très grande inquiétude quant au déremboursement des médicaments anti-Alzheimer qui est perçu par les patients et leur famille comme un recul majeur. Le Dr Christine Hesteau, médecin généraliste et gériatre à Notre Dame de Riez en libéral et responsable du service mémoire à l’Hôpital de Challans ainsi que Madame Jeanne Docquier directrice de l’EHPAD Les Mimosas s’associent à ma réflexion. Ces médicaments pour le patient et sa famille, c’est une possibilité de voir, sinon reculer la maladie du moins de ralentir sa progression. Je ne me permettrai pas de critiquer l’avis des éminents pharmacologues de l’HAS qui ont jugé leur balance bénéfice risque insuffisante mais chez beaucoup de patients, ces médicaments semblent faire partie d’un certain équilibre qui risque d’être rompu par leur arrêt brutal avec le risque d’une crise sanitaire type Lévothyrox. Même si les patients sont moins nombreux que ceux sous Lévothyrox, le ressenti se jouera non seulement sur le patient mais aussi sur son entourage, famille, aidants, soignants et l’impact d’un point de vue politique pourrait être important même si votre choix du déremboursement au 1er août en pleine vacances scolaires est judicieux. J’ai bien entendu que la totalité des fonds économisés par la sécurité sociale irait vers les patients atteints d’Alzheimer mais pour eux et leur famille quel sera l’impact visible de 90 millions d’euros redistribués ? On leur retire un médicament à eux personnellement et on redistribue l’argent ainsi économisé à des structures ou des services dont l’impact sera peu visible pour eux. N’aurait-il pas été judicieux de réserver la prescription de ces médicaments à des médecins gériatres qui auraient été à même de juger de leur efficacité au cas par cas et auraient pu gérer leur arrêt chez les patients chez qui ils ne trouvaient pas de bénéfices en l’expliquant au patient et à sa famille. En espérant avoir retenu votre attention, je vous prie d’agréer Madame la Ministre, l’expression de notre plus haute considération.
Marie-Odile MARCHAL
19/06/2018
certes ils étaient remboursés à 15% par la CPAM....pour les patients qui ne sont pas en ALD ; dans notre officine, ils le sont tous !
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