Optimisation des urgences : les pharmaciens acteurs de premier recours

Le député de la Charente, Thomas Mesnier, chargé en novembre 2017 d'analyser les demandes de soins non programmés en France et d'établir des recommandations pour améliorer leur prise en charge a rendu son rapport à Agnès Buzyn, mardi 22 mai. 
Des revendications et propositions des syndicats de la profession comme « pouvoir dispenser, sous protocole et avec traçage obligatoire dans le dossier pharmaceutique, un certain nombre de traitements pour la cystite, l’angine, les antalgiques de niveau 2, ou, encore, le traitement des allergies saisonnières, si elles ont donné lieu à une première prescription une année donnée » sont notamment reprises dans ce rapport.
Ancien médecin-urgentiste à Angoulême, Thomas Mesnier s'est appuyé sur sa propre expérience mais surtout, sur des enquêtes et des rencontres avec de nombreuses personnes ressources.  Dans son rapport intitulé « Assurer le premier accès aux soins » le député charentais pointe du doigt « un dysfonctionnement dans l'organisation de l'offre de soins [ne permettant pas] une prise en charge optimale » des patients. Ce dysfonctionnement proviendrait, en partie, de « l'insuffisante information dispensée aux usagers sur la conduite à tenir en cas de problème de santé ». Selon les derniers chiffres disponibles, « 60% des patients se rendent aux urgences de leur propre chef, en fonction de leur ressenti, faute de meilleure orientation et de pouvoir joindre leur médecin ». Suite à ces différentes observations, Thomas Mesnier a élaboré une liste de 19 recommandations pour optimiser les services d'accueil des urgences. Parmi elles, on retrouve la mise en place d'un numéro de santé unique, une meilleure organisation des médecins généralistes à l’échelle d’un bassin de vie et la mise à contribution les autres professionnels de santé comme les pharmaciens, les infirmiers... Un partage de compétences via des protocoles nationaux permettrait en particulier l’accès direct à des soins infirmiers de premier recours, mais aussi à des consultations et actes réalisés par les pharmaciens et les kinésithérapeutes. Le système de consultations, netCare, mis en place dans les officines suisses en est un bon exemple.
Depuis février 2018, un groupe de parlementaires travaille sur une stratégie de transformation du système de santé français qui prendra en compte le rapport de Thomas Mesnier dans ses propositions. 

Source : Rapport « Assurer le premier accès aux soins » 22/05/2018
Commentaire
Jean Claude Lastmann
26/05/2018
Facilement accessible et disponible, le pharmacien d'officine doit assumer pleinement sa responsabilité d'acteur de santé. Professionnel du premiers recours, il est probablement un des mieux placés pour accueillir, écouter et orienter les patients. Il doit les prendre en charge, non seulement en jouant son rôle de dispensateur mais surtout parce qu'il s'intègre naturellement dans la chaîne de soins. En entretenant aussi régulièrement que possible ses connaissances mais aussi en développant ses compétences et expériences cliniques, il assure sa légitimité au sein du réseau de santé publique.
MO Marchal
25/05/2018
C'est une meilleure idée que de demander aux généralistes, pour la plupart surbookés, de faire,en plus, des demi-journées aux urgences. Rémunération à voir......
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