La HAS plaide pour un diagnostic précoce d’Alzheimer

La HAS vient de publier un guide sur le parcours de soins de la maladie d’Alzheimer, conçu en partenariat avec le Collège de la médecine générale. Dans ce guide, l’accent est mis d’emblée sur l’importance du diagnostic précoce. 
Pour la HAS, l’enjeu est de « mettre en place un parcours de soins gradué visant le maintien de l'autonomie et le bien-être de la personne malade », mais aussi lui permettre d’anticiper et participer aux décisions qui la concernent avant que les troubles cognitifs ne soient trop sévères. Un diagnostic précoce permet de prendre des dispositions, participer éventuellement à des programmes de recherche… Toute la difficulté est d’intervenir ni trop tôt ni trop tard. « Une plainte amnésique est inquiétante et nécessite un avis spécialisé si elle est isolée mais persistante ou associée à d’autres manifestations telles que oublis complets d’évènements autobiographiques ; signes anxieux surtout d’apparition récente, difficultés d’orientation spatiale, difficultés à dater les évènements ou à trouver ses mots ou des noms connus, oublis grossiers, difficultés à utiliser des objets, modification du caractère ou du comportement, troubles du sommeil ou alimentaires, difficultés à s’organiser, conduites à risque » précise le guide. Les troubles de la mémoire n'étant pas toujours au premier plan, il faut aussi « être attentif aux symptômes évocateurs d’autres troubles cognitifs : attention, langage, orientation, praxies/gnosies, fonctions exécutives ou cognition sociale », tout en portant une grande attention à ce que peut rapporter l’entourage. Des tests cognitifs menés lors d’une consultation en centre mémoire viendront confirmer le diagnostic.
Si l’enjeu est de trouver « le bon moment pour aller plus loin », se pose aussi la question « d’aller plus loin pour faire quoi ? » souligne le Dr Certain, représentante du collège de la médecine générale. Quid des difficultés d’accès en libéral à certaines interventions non remboursées, comme la psychothérapie, le psychomotricien, etc.. Une vraie question alors que le ministère pourrait bientôt annoncer le déremboursement des médicaments anti-Alzheimer, selon le Pr Christian Thuillez, président de la commission de transparence de la HAS.

Source : Le Généraliste  25/05/2018 
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire