Baclofène : le Conseil d’Etat donne raison à l’ANSM

Depuis 2014, le baclofène est autorisé pour traiter l’alcoolisme grâce à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU).
Sachant les risques de ce médicament, l'Agence du médicament (ANSM) a décidé en juillet 2017 d'abaisser la dose maximale recommandée dans cette indication à 80 mg par jour contre 300 auparavant. Pour appuyer sa décision, l'ANSM invoquait une étude selon laquelle le baclofène à dose élevée (plus de 180 mg par jour) fait plus que doubler le risque de décès par rapport aux autres médicaments contre l'alcoolisme et accroît de 50% le risque d'hospitalisation.
Le Conseil d'État vient de donner raison à l'ANSM, en rejetant la requête d'une patiente qui voulait faire annuler cette recommandation d’abaissement de la dose maximale de baclofène recommandée dans le traitement de l'alcoolisme.
Le Conseil d'État a relevé que tout médecin pouvait toujours prescrire davantage que cette dose recommandée aux « patients pour lesquels il jugerait le bénéfice supérieur aux risques ». Les partisans du baclofène estiment que les praticiens ne s'y risqueront pas. Les alcoolodépendants devraient donc, d'après eux, être cantonnés à des dosages trop faibles, inefficaces.

Source : AFP 23/05/2018
Commentaire
Marie-Agathe
27/05/2018
Les décisions sont malheureusement prises par des personnes qui ne connaissent strictement rien à la maladie alcoolique et qui considèrent que soigner les malades relève d'un simple confort, tout à fait superflu, alors qu'il s'agit d'un problème de vie ou de mort. L'ANSM fait preuve dans cette affaire de beaucoup de mauvaise foi et de malhonnêteté intellectuelle. La dose limite de 80mg semble avoir été sciemment choisie pour que pratiquement plus personne ne guérisse. Même le pharmacien chez lequel se fournit ma sœur tous les mois était de cet avis. Il a toujours considéré que cette décision était totalement inappropriée, au regard de la situation des malades, et n'a par conséquent jamais fait la moindre difficulté pour délivrer les quantités prescrites par le médecin. Je sais que beaucoup d'autres malades n'ont pas forcément la chance de tomber sur des personnes éclairées sur le sujet et impliquées, et que la décision de l'ANSM a été une catastrophe pour beaucoup. Les malades alcooliques étant largement stigmatisés, ils ne peuvent pas compter sur un large soutien de l'opinion publique, comme ce serait le cas pour toute autre maladie, si l'on décidait, pour des raisons fallacieuses, de priver les malades du seul traitement réellement efficace qui existe actuellement. Jusqu'à présent l'ANSM n'a accepté d'entendre dans cette affaire que ceux qui n'avaient aucune expertise sur le sujet, que ce soit sur la maladie alcoolique, ou bien sur le baclofène. Il lui reste maintenant à auditionner début juillet ceux qui connaissent parfaitement la maladie alcoolique et le dossier du baclofène. Reste à voir quel poids donnera ensuite l'ANSM à ces dernières auditions. J'ai malheureusement bien l'impression que l'ANSM a pris la décision depuis juillet dernier de noyer le baclofène en l'accusant d'avoir la rage. Ceux qui y trouveront leur compte ne sont certainement pas les malades. Rappelons aussi que l'étude ANSM/INSERM/CNAMTS n'a jamais été approfondie par ses auteurs et qu'aucune preuve n'a pu être apportée qu'un quelconque lien existait entre les décès et la prise de baclofène, ce qui pourtant aurait été un préalable avant toute décision hâtive de restriction de dose.
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