Alzheimer : les médicaments ne seront bientôt plus remboursés

Le gouvernement s'apprête à annoncer dans les prochains jours le déremboursement des médicaments anti-Alzheimer, a confirmé lundi la ministre de la Santé. Une décision défendue par la Haute Autorité de Santé.
En France, plus de 850 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Pour les traiter, quatre médicaments : Aricept, Ebixa, Exelon et Reminyl et leurs génériques, tous remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie mais plus pour longtemps. La Haute Autorité de Santé vient de publier de nouvelles recommandations sur la prise en charge des malades pour lesquels les médicaments ne font pas partie des recommandations de prise en charge compte-tenu de leur rapport bénéfice/risque. Leurs effets secondaires peuvent s'avérer graves pour certains patients (syncopes, réactions cutanées sévères) ou altérer leur qualité de vie en déclenchant des troubles digestifs, cardiovasculaires ou neuropsychiatriques.
Le remboursement de ces médicaments a coûté quelques 90 millions d'euros à l'Assurance maladie en 2015 et sur le long terme, cette prise en charge pourrait s'avérer particulièrement onéreuse. Vingt ans après l'espoir créé par ces médicaments actuellement sur la sellette, aucun nouveau traitement contre la maladie n'a pu voir le jour au cours des dix dernières années et le laboratoire Janssen-Cilag avait déjà prévu d’arrêter la commercialisation de Reminyl à partir du 30 novembre. Le guide rendu public par la HAS vendredi s'attache principalement à « mettre en place un parcours de soins et d’accompagnement adapté » s’appuyant sur un diagnostic plus précoce, une bonne coordination entre tous les acteurs du soin et un soutien aux aidants.
Au sein de la profession médicale, les avis sont depuis longtemps partagés. « Bien plus qu’une réalité médicale, la maladie d’Alzheimer est une construction sociale » affirment Olivier Saint-Jean, professeur et chef du service de gériatrie de l’hôpital Pompidou à Paris, et Eric Favereau, grand reporter santé à Libération, dans leur livre Alzheimer, le grand leurre. Selon eux, C'est la « médicalisation à outrance du dernier âge de la vie » qui a fini par en faire une pathologie. De son côté, l’association France Alzheimer, a fait part de sa colère, estimant la décision d'Agnès Buzyn « infondée et dangereuse ». Le déremboursement entraînerait aussi « une iniquité entre les familles les plus aisées et les plus démunies ». « Au-delà de la question de l'efficacité, la prescription des médicaments participait grandement à maintenir un lien thérapeutique entre le médecin et le patient » a-t-elle fait valoir.
Patrick Errard, président du Leem (les entreprises du médicament), a lui aussi mis en garde mardi contre « des décisions à l'emporte-pièce ». « En enlevant la prise en charge d'un médicament dont l'efficacité pourrait être jugée faible, il ne faut pas que ceci entraîne des reports de prescription sur d'autres molécules dont l'efficacité ne serait pas forcément bien meilleure et la tolérance encore moins bonne », a -t-il averti dans un entretien à l'AFP.

Source : Europe 1 29/05/2018 
Commentaire
dominique jullien
30/05/2018
Avec les économies réalisées , on pourrait rembourser les injections léthales ... ce qui réglerait le scandale de la "médicalisation à outrance du dernier âge de la vie" !
TURPIN NICOLAS
30/05/2018
JE COMPRENDS.... MAIS QUE DE PERTES QUE DE PERTES.....ET SI PEU DE COMPENSATIONS.....
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