Quand le paracétamol devient toxique pour le foie

Le président honoraire de l'Académie nationale de pharmacie, François Chast, a expliqué, jeudi sur franceinfo, qu'avec l'aspirine, l'ibuprofène et le paracétamol, « il y a certaines circonstances de la vie où certains de ces médicaments sont plus à risque que d'autres ».
Contrairement à une croyance répandue, « l'alcool n'est pas le bon ami de ceux qui consomment du paracétamol ».
Comme pour tous les médicaments, des situations à risques existent. C'est vrai pour tous les médicaments et surtout pour les personnes à risque : les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes. En plus, il y a certaines circonstances de la vie où certains de ces médicaments sont plus à risque que d'autres. C'est par exemple le cas chez les patients qui présentent une insuffisance rénale où l'ibuprofène et l'aspirine sont proscrits. Dans le cadre de certaines co-prescriptions, des interactions médicamenteuses avec l'ibuprofène et l'aspirine sont à considérer... « Et puis il y a une situation avec le paracétamol qu'il faut souligner : c'est le problème de l'absorption simultanée d'alcool ». Les deux produits sont détoxifiés par les mêmes enzymes hépatiques, les mêmes types de mécanismes cellulaires. A un moment, quand on a consommé trop d'alcool, on a épuisé ses chances de détoxification du paracétamol qui devient toxique pour le foie, au point qu'on peut avoir de véritables lyses hépatiques. François Chast d’ajouter : « Dans certains cas dramatiques, on a même l'obligation de rechercher une transplantation hépatique chez des jeunes qui ont fait les idiots ». Défendant à la fois la prévention des situations à risque et une automédication raisonnée et citoyenne, François Chast explique : « Il faut que les patients se rendent compte que le médicament c'est exactement comme la voiture. Il y a un code de la route pour la voiture, il doit y avoir une pédagogie pour les médicaments ». Les professionnels de santé, pharmaciens, médecins, sont là pour informer les patients et les guider dans leurs choix et leurs conduites thérapeutiques.

Source : France Info 26/04/2018
Commentaire
bon usage
02/05/2018
Et pourquoi ne pas parler de code du bon usage des médicament ?
D. M.
30/04/2018
« Il faut que les patients se rendent compte que le médicament c'est exactement comme la voiture. Il y a un code de la route pour la voiture, il doit y avoir une pédagogie pour les médicaments ». Quoiqu'elle nécessite un étayage (par pathologie, par classe pharmacologique...), je trouve cette formule très parlante. Je pense que je l'utiliserai !
LAVAL Denys
27/04/2018
Enfin il est temps de dénoncer le paracétamol que l'on a banalisé pendant des années, et avec des gouts cappuccino, fraise ou je ne sais, pour faire croire que c'est bana, anodin, sans risque. Combien de transplantations hépatiques par an lui sont imputables, trop sûrement ou du moins pas assez pour que le ministère de la santé ne fasse rien. On a tiré sur l'aspirine et se fût le miracle de l'ibuprofene et du paracetamol en alternative!! Si le paracétamol a un si mauvais goût c'est peut être bien pour ne pas en abuser!
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