Retour d’expérience : la PDA rentable mais difficile et chronophage

Les propos de Valérie Candeago, pharmacienne titulaire à Condé-sur-l’Escaut (59), recueillis en décembre 2017 par Les Echos Publishing, et publiés dans Actu Pharma, revue d’information de CGP (Conseil Gestion Pharmacie), nous intéressent de plusieurs points de vue dont celui de la PDA.
Pour Valérie Candeago, la PDA est une opération de diversification dans laquelle elle s’est lancée il y 7 ans. Nécessitant peu d’investissement financier, cette activité est montée en puissance progressivement dans son officine et Valérie a pu bénéficier des conseils et de l’accompagnement d’un de ses confrères déjà rodé à la PDA et en contact avec un réseau d’Ehpad et de maisons d’accueil spécialisées. « Comme dans d’autres activités sensibles où la confiance est importante, lorsque vous travaillez bien, cela se sait et se dit. La meilleure publicité pour une pharmacie qui fait de la PDA reste le bouche-à-oreille ». La PDA étant une activité à risque, engageant la responsabilité du pharmacien, Valérie a mis en place un protocole précis pour sécuriser la procédure impliquant l’intervention d’une personne différente à chaque étape. Ce partage des tâches est très efficace pour déceler une erreur commise et la corriger,  le logiciel de PDA servant lui, notamment, à assurer la traçabilité des médicaments. Si pour le moment, aucune loi n’encadre la PDA malgré un projet de texte existant incluant une rémunération (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), l’ARS effectue des contrôles réguliers et veille notamment à ce qu’une pièce de l’officine soit dédiée à cette activité. Pour Valérie, la PDA s’est révélé une activité rentable même sans rémunération directe. En 7 ans, elle a doublé son chiffre d’affaires grâce à la clientèle des Ehpad. Le nombre d’ordonnances traitées a augmenté, ainsi que le panier moyen et Valérie a même acheté un robot pour que ses patients aient le choix entre la PDA manuelle servie dans des piluliers et la PDA automatisée proposée en sachets plastifiés. Mais pour elle, attention, la PDA est une activité très chronophage qui ne doit pas conduire à délaisser le comptoir car contrairement à la clientèle de ville, celle des établissements n’est pas fidèle et le plaisir de la pharmacie d’officine, c’est aussi d’être au contact des patients et de les conseiller. 

Pour lire l’intégralité de cette interview : 

Source : Les Echos Etudes 18/03/2018
Commentaire
A COGITO
20/03/2018
EXACT !! tout est dit, le mot CHRONOPHAGE est le maître mot , ce qui signifie investissement en main d'oeuvre et de la main d'oeuvre qualifiée (pas des étudiants ou une femme de ménage ) , des contrôles permanents ( responsabilité pénale en cas d 'erreur ) signature des intervenants, contact régulier avec l'EHPAD , livraison sécurisée et traçabilité , achat de consommables etc ..... Ceci donne une petite idée de ce qui nous attend en généralisant la PDA au grand public . Les expérience menées actuellement sont rémunérés ( et très largement ) par les URPS en plus du matériel fournit gracieusement par un prestataire . Fort à parier dans ces conditions que les résultats seront "enthousiasmants " et généralisable au niveau national ... mais......... après cette expérience rémunérée , le coût financier d'investissement en temps et en main d'oeuvre dépassera le service qui sera alors pratiqué "gratuitement", seulement rémunéré sur une marge de médicament en baisse et surtout si rien n'est envisagé pour INDEMNISER ce service au pharmacien . Petite consolation cela assure "un fond de commerce " une activité qui occupe les collaborateurs en période transitoire de baisse de prescriptions ou de pathologies ; A COGITO
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