Levothyrox : crise sanitaire ou pas crise sanitaire ?

Selon l’association Vivre sans thyroïde, près d’un tiers des 3 millions de personnes qui prennent de la lévothyroxine en France se serait détourné de la nouvelle formule de Merck au profit d’autres traitements. Ce calcul de l’association se fonde sur la base de données Ameli Santé de l’Assurance-maladie intégrant aussi les nombreux patients qui sont allés acheter l’ancienne formule à l’étranger… Elle suppose encore que des patients n’ont pas consommé les boîtes de Levothyrox qu’ils avaient achetées dès lors qu’ils ont réussi à se procurer un médicament concurrent soit 33 millions de comprimés de Levothyrox nouvelle formule. Pour Sabine Bonnot, vice-présidente de Vivre sans thyroïde « ce chiffre de 1 million de patients est sous-estimé, car encore aujourd’hui de nombreux patients témoignent quotidiennement de l’impossibilité de trouver en pharmacie les alternatives au Levothyrox nouvelle formule, malgré une prescription médicale en règle ». En bref, ces chiffres sont « en contradiction complète avec les affirmations officielles des pouvoirs publics, qui assurent encore aujourd’hui que ce n’est pas une crise sanitaire ».  
Interrogé, Merck dément les chiffres avancés par Vivre sans thyroïde dont la méthode de calcul n’est absolument pas détaillée et ne reflète pas la réalité. D’après Thierry Hulot, président des activités Biopharma de Merck en France, qui s’appuie sur plusieurs sources complémentaires, ce sont environ 300 000 patients qui se seraient détournées de la nouvelle formule du Levothyrox 
De leur côté, l’ANSM et la direction générale de la Santé ont indiqué « qu’environ 500 000 patients se sont tournés vers des alternatives à la nouvelle formule du Levothyrox », précisant : « Il faut être vigilant dans la comparaison brute entre le nombre de boîtes dispensées de Levothyrox nouvelle formule (traitement mensuel de 30 comprimés) et le nombre de boîtes dispensées des alternatives (traitement de 3 mois de 100 comprimés) ». Il semble que l’analyse réalisée par l’association Vivre sans thyroïde n’ait pas tenu compte de cette spécificité, d’après l’ANSM.

Source :  Le Monde 09/03/2018
Commentaire
Rémi Dufourcq-Lagelouse
12/03/2018
Bonjour, J'ai fait une très rapide évaluation de mes sorties de Levothyrox sur 12 mois glissants avant et après l'arrivée de la nouvelle formule. Environ 15 % de baisse, variable selon les dosages. Très majoritairement, mes client(e)s n'ont pas été concerné(e)s par ces problèmes.
GENTILINI Pierre
12/03/2018
Qui a obligé Merck à changer de formule alors que dans le reste de l'Europe Merck continue de produire et de commercialiser l'ancienne formule ? La suppression du lactose en tant qu'excipient était-elle aussi indispensable sur un médicament à marge thérapeutique étroite ? Qui est réellement responsable de cette crise sanitaire ?
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