Service sanitaire : des étudiants au service de la prévention

Le gouvernement a précisé hier les contours du service sanitaire, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, qui concernera 47 000 étudiants dès la rentrée 2018.
Pilier de la stratégie nationale de santé, la prévention vise à changer la donne pour lutter contre la morbidité évitable et des « coûts sociaux considérables » : 20,4 milliards d'euros pour l'obésité, 15 milliards pour l'alcool et 26,6 milliards pour le tabac. 
C'est dans ce contexte que tous les étudiants en médecine, maïeutique, pharmacie, soins dentaires et infirmiers, et kinésithérapie, devront conduire, dès la rentrée, des missions de prévention « obligatoires » à l'obtention de leur diplôme, pour une durée de trois mois, de manière continue ou non, et sans rallonger la durée de leur cursus. 
A partir de 2019, le dispositif doit être étendu à l'ensemble des filières en santé (ergothérapie, orthophonie, etc), portant le total des « ambassadeurs de santé » à 50 000 par an. 
Animer des ateliers pour apprendre aux enfants les bienfaits d'une bonne alimentation et de l'activité physique, prévenir les addictions (alcool, tabac, etc) chez les ados ou encore parler sexualité et contraception dans les universités... Cinq thèmes « prioritaires » mais non « exclusifs » d'intervention ont pour l'heure été retenus, selon Agnès Buzyn.  
Dès le mois de mars, des expérimentations seront lancées dans des « territoires précurseurs » : Angers, Clermont-Ferrand, Caen et Dunkerque. Aucune rémunération n'est prévue pour ce nouveau module, mais « les frais de déplacement seront pris en charge par l'État », promet le gouvernement, sans en préciser le coût. « Un dispositif d'évaluation embarquée » permettra « de recueillir nationalement les informations » sur le service sanitaire et « ses impacts ». 
Le service sanitaire n'a pas vocation à « se substituer » aux actions et acteurs déjà impliqués dans le domaine de la prévention, assure Agnès Buzyn, ni à « pallier » les difficultés rencontrées dans les déserts médicaux. Mais l'initiative pourrait s'avérer bienvenue dans les écoles, en pleine crise de la médecine scolaire... 

Source : L’Express avec l’AFP 26/02/2018
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