Choc toxique et tampon : le BEH fait le point

Les chocs toxiques staphylococciques d’origine menstruelle (CTS-M) liés à l’utilisation de tampons hygiéniques ont été assez fortement médiatisés ces dernières années.
Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 22 janvier fait le point sur 5 cas survenus en Pays de la Loire entre 2013 et 2016, 5 jeunes filles (12-21 ans) hospitalisées en réanimation.  
Sur notre territoire, le Centre national de référence (CNR) des staphylocoques à Lyon centralise l’ensemble de données des cas de CTS. Ce Centre analyse les souches microbiennes transmises par les cliniciens ou les biologistes « à des fins diagnostiques et épidémiologiques ». En moyenne, une vingtaine de cas de chocs toxiques staphylococciques d’origine menstruelle sont recensés chaque année en France. Il apparaît que c'est surtout l'usage inapproprié des tampons périodiques qui serait responsable de cette affection.
Sur les 5 cas de CTS-M, 3 d’entre eux présentaient les critères cliniques typiques : fièvre > 38,8° C ; hypotension artérielle < 90 mmHg ; rash diffus ; desquamation des plantes de pieds et des paumes de mains ; des symptômes systémiques : digestifs, rénaux, musculaires, thrombopénie… Les 2 autres cas ont été jugés cliniquement comme probables (sans desquamation cutanée). Pour 4 cas, un tampon avait été porté la nuit, sur une durée supérieure à 8 heures. Enfin la mise en culture des prélèvements vaginaux réalisée après antibiothérapie, a permis « d’identifier une souche de Staphylococcus aureus » chez 3 jeunes filles.
Le BEH émet des recommandations destinées aux femmes utilisant des tampons pour prévenir un tel choc : changer un tampon toutes les 4 à 8 heures et éviter de le porter la nuit, se laver les mains au savon avant ou après avoir utilisé un tampon...
En cas de suspicion de CTS-M, les recommandations destinées aux cliniciens sont surtout de faire une analyse bactériologique du tampon, avec un prélèvement au niveau vaginal. Si une souche est identifiée : la transmettre au CNR. Et évaluer un risque de récidive par une recherche d’anticorps dirigés contre la TSST-1.

Source : BEH 22/01/2018 
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