La France a-t-elle une chance d’éradiquer l’hépatite C ?

Selon des experts réunis sous l’égide de l’OMS pour le deuxième Sommet mondial sur l’hépatite C,  le Brésil, l’Egypte, la Géorgie, l’Allemagne, l’Islande, le Japon, les Pays-Bas, l’Australie et le Qatar devraient tous parvenir à éradiquer le virus de l’hépatite C (VHC), de leurs territoires d’ici 2030. Ces neufs Etats ont pris les mesures suffisantes pour envisager de mettre fin à la propagation du virus dans un contexte global où seuls 20% des malades savent qu’ils ont contracté l’hépatite C. 
La France ne figure pas parmi ces pays. Que lui manque-t-il pour se débarrasser totalement du VHC ? La France a été pionnière dans la lutte contre l’hépatite C à la fin des années 90 avec la mise en place d’un réseau de pôles de références à l’initiative du secrétaire d’Etat à la Santé Bernard Kouchner pour le dépistage de l’hépatite. Il existe 31 centres aujourd’hui spécialisés dans cette pathologie. Grâce aux ATU (autorisations d’utilisations temporaires), la France a très vite eu accès aux nouveaux antiviraux directs, qui permettent de guérir 100% des patients aujourd’hui. Les efforts doivent désormais porter sur l’identification des porteurs et leur acheminement vers les centres de soins spécialisés. Pour instaurer un dépistage généralisé, il
suffirait d’une sérologie après une prise de sang, une fois dans sa vie. Les centres de soins doivent également être suffisamment dotés en personnel pour accueillir les patients alors qu’ils fonctionnent à budget constant depuis des années. 
Frein dans l’accès aux soins dans le monde, le prix des traitements est désormais moins problématique en France où l’assurance maladie couvre les besoins de tous les malades, alors qu’elle ne remboursait que les traitements pour les personnes les plus atteintes auparavant. En avril 2017, la ministère de la Santé annonçait avoir conclu un accord avec le laboratoire Gilead pour réduire de 30% le prix du Sovaldi, l’un des principaux antiviraux pour traiter le VHC. Passant de 41 000 euros à un peu plus de 28 000, il peut être prescrit à tous les patients, peu importe le stade de leur maladie. Deux autres médicaments efficaces existent en plus du Sovaldi dont les prix devraient également baisser mais là n’est pas le plus problématique en France.  

Source : francetvinfo.fr 02/11/2017
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