Quand l’Autorité de la concurrence s’en mêle

L'Autorité de la concurrence s'apprête à initier une vaste enquête sectorielle sur la santé, qui devrait durer environ un an comme annoncé par Isabelle de Silva, Présidente, à l'occasion de la présentation du bilan 2016 de l'institution. 
L'étude sectorielle devrait approfondir les sujets traités ces dernières années par l'Autorité en matière de santé. Ce secteur « très réglementé » n'est « pas assez ouvert à la concurrence », a exposé Isabelle de Silva, qui désire « saisir toutes les occasions pour le faire aller dans le bon sens ». Appelée à se prononcer sur les codes de déontologie des infirmiers, orthophonistes, pharmaciens, elle s'est battue pour faire sauter les verrous à l'installation et à la liberté d'exercer.
En décembre, après avoir mené l'enquête sur le secteur de l'audioprothèse, l’Autorité de la concurrence a remis en question le modèle économique des audioprothésistes. « Un tiers des personnes devant être appareillées ne le sont pas », a rappelé Isabelle de Silva, en raison d'un reste à charge avoisinant 2.000 euros par patient. L'Autorité a recommandé de mettre fin au forfait appareil + service, afin de créer de la concurrence sur le prix des prothèses, et sur la qualité du suivi. Elle a aussi appelé à la fin du numerus clausus des audioprothésistes, à l'heure où les réseaux de soins et les fabricants de lunettes, qui tentent de se diversifier dans ce secteur, ne parviennent pas à recruter. Le numerus clausus a été desserré de 22 % en avril.
Isabelle de Silva aimerait aussi « assouplir les contraintes » qui empêchent la délégation de compétences, entre médecins et infirmiers par exemple. L'Autorité se penchera aussi sur le mécanisme institutionnel de fixation du prix du médicament et son circuit de distribution.
La concurrence dans le secteur pharmaceutique pourrait revenir sur le devant de la scène. 
La pharmacie en ligne s’inscrit elle aussi dans la réflexion. Le gouvernement rechigne à laisser la pharmacie en ligne prendre son essor, contre la volonté de Bruxelles. En avril, l'Autorité a de nouveau décerné un avis défavorable à deux arrêtés qui créaient des contraintes disproportionnées pour vendre en ligne des médicaments sans ordonnance - en exigeant par exemple une analyse pharmacologique écrite, motivée et détaillée pour chaque vente à distance.


Source : Les Echos 03/07/2017
Commentaire
P NERRIERE
04/07/2017
Et Bercy continue de croire que la ruine des profession de santé est la solution. Leur Nigauderie est sans limite.
barral guy
04/07/2017
à commencer par le gigantesque conflit d'intérêt du vétérinaire prescripteur et vendeur, et dont l'administration combat le circuit concurrent, pharmaceutique, moins cher, mais tenu au loin par des inspecteurs partisans et un chantage permanent à l'ordonnance.
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