Europe : que se passe-t-il sur le front des drogues ?

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) vient de publier son 21e rapport sur les drogues. Le succès de la MDMA, les nouveaux usages des stimulants, la domination du cannabis, l’expansion des nouveaux produits de synthèse ou encore l’augmentation des surdoses d’opiacés apparaissent comme des tendances fortes. 
La consommation de MDMA (ecstasy), en hausse en Europe, concerne de plus en plus de jeunes fréquentant les lieux festifs traditionnels (bars, fêtes à domicile). Les teneurs en principe actif ont augmenté, rendant cette drogue plus dangereuse et multipliant le nombre d’accidents de consommation et d’alertes sanitaires.
Si la cocaïne est globalement la drogue stimulante la plus utilisée en Europe, le développement de l’injection de drogues de synthèse stimulantes dans le cadre de relations sexuelles souvent non protégées est préoccupant. Ces pratiques de « chem sex » ou « slam »  en vigueur chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes allient les risques de transmission de virus et d’addiction rapide.
En Europe la consommation de cannabis reste en hausse. Environ 1% des européens en usent quotidiennement et les demandes de traitement pour consommation de cannabis sont devenues majoritaires. En parallèle, l’essor des nouveaux produits de synthèse se poursuit. 98 nouvelles substances ont été détectées en 2015, les cannabinoïdes de synthèse et les cathinones représentant la plus grande part de ces identifications. Certains cannabinoïdes de synthèse très toxiques ont donné lieu à des alertes sanitaires dont certaines se sont avérées mortelles (une alerte concernant le MDMB-CHMICA a été associée à 13 décès dans au moins 8 pays et à 23 intoxications non mortelles). Parmi les cathinones, l’alpha-PVP a été associée à près de 200 intoxications aiguës et 100 décès en Europe.
Enfin, parmi les opiacés de synthèse en circulation, les produits de la famille des fentanyls, particulièrement puissants, sont en circulation et source d’intoxications et de décès.
Plusieurs facteurs d’explication sont possibles dont la pureté de l’héroïne en circulation, la plus grande disponibilité des opiacés ou encore la vulnérabilité d’usagers de longue date vieillissants. Il est à prévoir, souligne l’OEDT, que la mise à disposition auprès des usagers de naloxone, un antidote qui permet de stopper une overdose d’opiacés, se généralise en Europe.  

Pour des données plus précises, cliquez sur :
 
Source : Drogue Info Service 06/06/2017 
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