Médicaments : quel bilan pour les contrats de prix à la performance ?

Trois laboratoires, Celgene, UCB, et Gilead ont passé un contrat de prix à la performance avec le Comité économique des produits de santé (CEPS), contrat qui lie l’attribution du prix à la preuve de l’efficacité du produit en vie réelle. Un article des Echos aide à dresser le bilan de cette démarche, jugé en demi-teinte pour les laboratoires avec au final une remise globale de 98 millions d’euros en 2015.
Dans le cas de Celgene, les critères d'efficacité de l'Imnovid contre le cancer du sang, le myélome multiple, ont été établis par les experts internationaux de référence, et la réalisation de l'étude confiée à une CRO (Contract research organization) pour en assurer la qualité et l'indépendance.
La société Gilead, engagée dans cette démarche pour ses produits contre l'hépatite C, s’est appuyée sur un critère très clair, la présence ou non de virus dans le sang après 12 semaines de traitement et une cohorte de 15 000 patients atteints d'hépatite C déjà constituée dont la gestion a été confiée à l' Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS).
Dans les deux cas, les études ont montré que l'efficacité des traitements en vie réelle était identique à celle lors des essais cliniques, voire supérieure dans le cas de Gilead, où le taux de guérison a dépassé les 90 % de l'essai clinique, nous précise les Echos. Interrogés sur l’intérêt d’un tel contrat par rapport à un accord prix-volume, les réponses diffèrent. Dans le cas de Gilead, les produits concernés arrivaient après une première vague de médicaments qui affichaient des taux d'efficacité de 70 % mais qui très mal supportés par les patients conduisaient à de nombreux abandons de traitement, d'où une efficacité en vie réelle plus proche de 30 ou 50 % que de 70 % . Pour convaincre les autorités, il fallait à Gilead des données en vie réelle. Chez Celgene, si l'opération s’est soldée par un coût net, elle est vue par Frank Auvray qui dirige Celgene France comme un investissement. « Nous avons fait une démonstration pilote que ce système peut fonctionner, y compris quand il faut bâtir le dispositif de toutes pièces ». Un certain nombre de conditions doivent être respectées : des critères indiscutables, une étude qui permette de conclure et des professionnels de santé motivés pour collecter les données en plus de leur travail.
Tous les produits pourraient-ils bénéficier de cette méthode ? Si les laboratoires peuvent utiliser des données existantes comme dans le cas de Gilead ou d’UCB qui s'appuie sur la base de données Sniiram de la CNAM, peut-être. En revanche monter une étude ad hoc ne peut s'envisager que pour un nombre réduit de patients. Le CEPS précise également que ces contrats doivent être simples, ne pas faire supporter le risque à la CNAM et les produits répondre à des besoins médicaux non couverts. 

Source : Les Echos 29/05/17
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