Iatrogénie médicamenteuse : le Morbihan en action

Médecins et pharmaciens se sont réunis hier avec le directeur de la CPAM du Morbihan pour réfléchir à un plan régional de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse. Ce plan souhaite s’inspirer d’initiatives locales : utilisation d’applications mobiles pour identifier les contre-indications médicamenteuses, formation des professionnels de santé, sans compter le dialogue avec le patient.   
La lutte contre la iatrogénie médicamenteuse passe avant tout par une cohérence du parcours de soins, de la prescription à l’administration des médicaments. Le rôle joué par le pharmacien s’inscrit dans la récupération de l’information (bon usage des prescriptions, modalités d’administration, prise et tolérance des prescriptions) pour qu’une prescription plus adaptée au patient dans sa globalité soit établie voire complétée par un programme d’éducation thérapeutique spécifique.  
Pour rappel, la iatrogénie médicamenteuse dont le risque augmente avec l’âge et la polypathologie est à l’origine de 128 000 hospitalisations et 8 000 à 12 000 décès par an, au moins. Dans 50 à 70 % des cas, ces événements pourraient être évités.  
 
Commentaire
olivier G
22/09/2016
Line, ce qui s'appelle charte graphique, c'est un cahier des charges interne à un laboratoire pour que tous ses conditionnements aient le même visuel global - positionnement des indications type DCI, logos, dosage, zones de couleurs... Regarder vos boîtes de génériques d'un même labo, c'est criant. Si de nombreux conditionnement ne peuvent à priori pas être confondus, d'autres sont au contraire relativement proches (il suffit de voir certaines erreurs de rangement dans nos propres tiroirs ou rayons !!). Et les laboratoires refusent de reconnaître le risque que le patient chez lui assimile la globalité de l'image et non ses détails et confonde les produits. Cela va dans le sens de leurs spots publicitaires sur "mon (mes) médicaments Mylan». Ainsi, la confusion dans les armoires à pharmacie devient très facile... Par exemple Mme X cherche dans sa pharmacie son médicament Mylan pour des brûlures d'estomac et va sans s'en rendre compte prendre le médicament Mylan de son mari pour le cœur (allez retenir parfaitement une DCI quand vous n’êtes pas pharmacien).... C'est pourquoi j'écris depuis longtemps que le facing principal d'un générique ne devrait contenir que la DCI, le dosage, et éventuellement un logo qui représente le domaine pharmacologique du médicament ou un espace libre dans lequel le pharmacien indiquerait ce domaine, et ceci à l'exclusion totale de tout autre signe commun à tous les conditionnements (logo de la marque, zones couleur...). Je trouve également que la représentation graphique du médicament est une fausse bonne idée. Qu'est-ce qui ressemble plus à un comprimé blanc Mylan qu'un autre comprimé blanc Mylan... Je l'écris depuis longtemps en billet d'humeur ou commentaires d'articles publiés sur ce site ou autres comme le Moniteur (ex: prix du conditionnement pour les laboratoires TEVA en 2015...) mais je n'ai pas gardé les liens (Peut-être Celtipharm pourront-ils vous aider pour les retrouver si vous le souhaitez). Je vous souhaite bon courage dans vos démarches car c’est un combat contre des titans qui se moquent totalement de la iatrogénie !!!
Line
21/09/2016
Je lis avec intérêt les commentaires des confrères , et j'aborde dans leur sens ; Olivier, une question bête : c'est quoi une charte graphique faite par les labos ? Je voudrais lire ce que vous avez écrit sur la question, car c'est un sujet qui m'intéresse . Ce sera ardu, mais nous réfléchissons à une action en direction des confrères ...
jean lamarche
17/09/2016
Dans le contexte ultra commercial actuel (discounters, internet et pub télè) une telle nouvelle ressemble à une blague mais l'histoire de France nous apprenant que la Bretagne ne s'étant jamais laissée faire par personne, cela n'est pas étonnant que ce soit elle qui relève la tête la première. je souhaite (et forcement de très nombreux confrère aussi) que cette initiative débouche pleinement sur du concret. Non seulement il y a des vies à préserver mais il y a notre métier à sauver.
Folco Jean-Patrice
16/09/2016
128 000 hospitalisations par an pour 620 millions de dispensations d'ordonnances annuelles soit un taux de 0,02%, c'est dire le niveau de sécurité que les pharmaciens apportent dans la dispensation des ordonnances dont ils portent SEULS la responsabilité et dont le rôle ne se résume pas à la récupération de l'information. Le risque 0 n'existant pas comment pouvons nous améliorer un risque qui est de 0,02% et comment détecter les 400 patients jour (sur une fréquentation journalière de plus de 3 millions de personnes) qui pourraient faire un accident iatrogénique.
olivier G
16/09/2016
Plusieurs pistes essentielles existent depuis longtemps mais sont toujours aussi peu utilisées : *l'amplification de l'utilisation du DP et l'utilisation de la carte vitale à chaque conseil surtout hors ordonnance. *l'abandon par les laboratoires des chartes graphiques qui sont une immense source de confusions au domicile (et quelques fois dans les pharmacies...), et surtout pour les génériqueurs car les patients ont aujourd'hui de nombreux conditionnements du même labo. j'ai déjà écrit de nombreuses fois à ce sujet. *l'apposition d'un datamatrix sur tous les blisters (et non pas seulement sur les boîtes car il y a souvent au domicile des séparations et des mélanges), datamatrix qui renverrait à une application SIMPLE du type "quel produit, pour quoi, pour qui, et jamais pour..." en seulement quelques lignes. *et la multiplication de spots publicitaires (télé, internet, radio) éducatifs du genre "c'est bon pour moi, ça ne l'est pas pour mon conjoint, ou pour mon voisin. demandez conseil..." ou "c'était bon pour moi hier, ça ne l'est plus aujourd'hui. demandez conseil..." Cela paraît peut-être anodin, cela paraît peut-être évident, et pourtant cela représente tellement de causes !!
Ajouter un commentaire