« Le Groupe Prévoir a réalisé, en partenariat avec l’IFOP, une enquête sur « les Français sont-ils maîtres de leur santé ? » Quels sont les principaux enseignements de cette étude ? »
Nous avons remarqué qu’il y a une grande différence entre la perception et la réalité ! La perception : dans l’ensemble la population sait qu’il ne faut pas fumer, qu’il faut faire attention à l’alcool, avoir une bonne hygiène de vie... En revanche, peu savent réellement mesurer l’impact des comportements qu’ils ont sur leur organisme et leur l’état physiologique. C’est ce que cette étude a voulu montrer. Ainsi, nous avons pris quelques marqueurs-clés reconnus aujourd’hui, tels que l’indice de masse corporelle, la tension artérielle… Et nous avons demandé aux personnes interrogées si elles ont connaissances de leur IMC, de celui de leurs enfants, de leur tension artérielle… Nous nous sommes rendus compte qu’elles ne connaissent pas, ou alors très approximativement, ces indicateurs.
Or, nous voyons bien, dans notre métier, que le risque cardio-vasculaire est un risque clé, parce qu’il concourt aussi bien à avoir un impact sur la maladie d’Alzheimer et ses conséquences, que sur le risque vasculaire cérébral, par exemple, pour ne citer qu’eux. En ne connaissant qu’approximativement sa tension, il n’est pas possible de bien gérer ses risques et d’adopter les comportements adéquats. Tant que l’on n’a pas pris de mesures, on ne peut pas savoir si la perception est en phase avec la réalité physiologique, et donc c’est difficile d’amener vers un comportement adéquat.
« Pensez-vous que la majorité des Français est capable d’interpréter ces résultats ? »
Non, bien sûr ! Mais, en prenant de telles mesures, nous voulons faire passer l’idée des points nocifs pour la santé. La difficulté est qu’aujourd’hui, les Français ont l’impression qu’une fois qu’ils ont compris ce qui était nuisible pour leur santé, cela suffit, ils le gèrent et tout va bien. Ce n’est pourtant pas suffisant, à un niveau médical et physiologique ! Nous voulons leur faire comprendre qu’il faut aller encore un petit peu plus loin dans la prise de conscience des risques et dans la manière de les gérer.
L’idée n’est pas forcément de laisser les gens dans la nature en disant : débrouillez-vous, calculez, et voilà. Non, c’est premièrement d’arriver à leur faire prendre conscience qu’il faut des mesures objectives des choses et, deuxièmement, leur apprendre à interpréter ces chiffres, avec l’aide des professionnels de santé. Il y a tout un travail d’éducation, de pédagogie, qui peut être fait par le médecin comme par le pharmacien, pour expliquer pourquoi ces indicateurs sont des indicateurs-clés, qu’est-ce qu’ils révèlent, et comment justement il est possible de les maîtriser. Nous retombons donc sur cette idée de maîtrise qui était l’idée de notre étude.
Dans notre métier, nous nous interrogeons justement sur la manière de faciliter l’accès au médecin ou pourquoi pas à des actes de mesure chez le pharmacien, avec financement… Il faut qu’on puisse proposer des services ou des assurances qui financent et qui structurent les parcours, les trajectoires de vie des gens. On doit pouvoir être une sorte de colonne vertébrale pour les aider à maîtriser leur santé.
« La Fédération Hospitalière de France, a publié une étude disant que 28 % des actes médicaux étaient injustifiés. Est-ce que vous ne pensez pas que votre étude risque de pousser les patients à demander encore plus d’examens « inutiles » ? »
Tout le problème est là ! Lorsque l’on n’a pas beaucoup de références qui soient objectives et qu’on est sur du subjectif, on peut demander tout et n’importe quoi. A l’inverse, je pense que si on retourne sur des fondamentaux tels que l’état physiologique des gens, on se recentre sur l’essentiel.
Il faut en effet revenir sur quelque chose qui soit beaucoup plus objectif et qui permette des prescriptions, quand c’est nécessaire, qui soient vraiment adaptées à une situation objectivée. Certains patients demandent aujourd’hui des examens car ils n’ont rien, si ce n’est leur impression, pour construire leur démarche de santé. Et quand ils vont chez le médecin, ce dernier n’a pas beaucoup de temps, il essaie de suivre le patient, mais il va régler le problème immédiat, en accédant aux demandes du patient. Celui-ci va retrouver une sorte de bien-être ou être rassuré, mais on ne sait pas si ces éléments sont vraiment objectifs. Et c’est ce sens qu’il faut absolument redonner dans notre système de santé. Nous avons tellement évolué sur la médecine, la santé, que nous devons donner aux gens une part d’objectivité et de compréhension sur leur état de santé. Il faut, dans cette transmission de savoir, qu’ils sachent repérer les moments-clés, qu’ils aient des éléments structurants pour cela. Il faut qu’ils reconnaissent les alertes, même les alertes insidieuses.
Portrait Chinois :
Si vous étiez un végétal ?
- Une prairie.
Si vous étiez un animal ?
- Un aigle.
Si vous étiez un objet ?
- Une palette de peinture.
Si vous étiez un personnage célèbre ?
- Steve JOBS.
Si vous étiez un instrument de musique ?
- Une harpe.
Si vous étiez une couleur ?
- Le bleu.
Si vous étiez une saison ?
- Le printemps.
Si vous étiez une chanson ?
- Parce qu’on vient de loin (Corneille).
CELTIPHARM, le 5 juillet 2012