« Pouvez-vous, en quelques mots, présenter la FFC ? »
La FFC est une association régie par la loi de 1901, qui est gérée et animée par des cardiologues (bénévoles). Notre siège national se trouve à Paris, mais nous sommes présents dans 26 régions françaises, principalement où se trouvent des CHU. Nous sommes reconnus d’utilité publique et nous vivons de dons du public. Nos principaux donateurs sont des malades ou d’anciens malades cardiaques.
Notre mission est la prévention cardio-vasculaire, au sens très large ainsi que le financement de la recherche en cardiologie.
Nous nous intéressons à la prévention grâce à des actions que nous menons tout au long de l’année. Une de nos actions principales est le parcours du cœur (qui a presque toujours lieu début avril). Ce dernier se déroule dans de très nombreuses villes de France et, depuis peu, dans des écoles.
Le but des parcours du cœur est de promouvoir l’exercice physique, mais aussi toute la prévention cardio-vasculaire.
Nous avions une seconde action, à destination des jeunes des écoles. Cela s’appelait « jamais la première cigarette » et visait à lutter contre le tabagisme. Pour des raisons d’efficacité, cette action aura lieu au même moment que les parcours du cœur. Nous désirons surtout prévenir la première cigarette grâce à cette action très ciblée. Nous intervenons auprès des CM1 / CM2. Ces derniers font des concours d’affiche sur le thème du tabagisme, animés par leurs instituteurs. Cela permet d’évoquer les méfaits du tabac, mais aussi ceux de la drogue (thème de la dépendance).
Nous agissons également dans les régions, au moment de « La semaine du cœur », en septembre. Nous y évoquons l’arrêt cardiaque, qui est une de nos grandes actions et missions statutaires, et les gestes de premier secours. Cette campagne est menée au niveau national, mais est relayée dans les régions avec le concours de nos associations régionales.
Au niveau de la recherche, notre grande action est une campagne menée, depuis un an, la première semaine de novembre. Cette campagne est le « Donocoeur ». Les maladies cardio-vasculaires sont la deuxième cause de décès en France. Etonnamment, elles sont peu médiatisées, même si de nombreux progrès ont été accomplis ces dernières années. En effet, la mortalité cardio-vasculaire a été divisée par deux en 30 années. Nous craignons qu’elle ne remonte du fait des modifications de notre mode de vie (sédentarité, tabac, nourriture trop riche) propice aux pathologies cardio-vasculaires. Le « Donocoeur » vise donc à mobiliser le public afin d’aider la recherche clinique dans le domaine de la cardiologie.
« Comment la campagne « Une vie= trois gestes » se traduit-elle sur le terrain ? »
Nous organisons, par exemple, des manifestations à Lyon. Elles ont lieu dans les 4 hôpitaux pratiquant la cardiologie. Nous parlons de prévention dans le hall d’accueil de l’hôpital et faisons des démonstrations de massages cardiaques et d’utilisation d’un défibrillateur. Notre slogan est « Arrêt cardiaque, une vie = trois gestes ». Les trois gestes sont d’appeler le 15, de masser et de défibriller. Nous insistons énormément sur le fait qu’il faut s’être formé pour réussir une réanimation. Un défibrillateur est efficace à condition de savoir s’en servir.
« A ce jour, à combien estimez-vous le nombre de personnes formées à l’utilisation de ces défibrillateurs ? »
Nous avons mené, avec la Croix Rouge des enquêtes bien précises. Nous estimons que 42% de la population se considère initiée aux défibrillateurs. Ce chiffre est optimiste et la réalité est certainement moindre. La stratégie de diffusion des défibrillateurs dans notre pays nécessite une vraie initiation. Il faudrait que plus de 50% de la population ait passé au minimum une heure afin d’apprendre comment faire. Il faudrait, de plus, que cela soit réinitialisé tous les 2 à 3 ans afin de rester performant. Nous sommes, en France, loin de cet objectif, mais nos campagnes vont aider à la diffusion de ces formations.
A ce jour, on estime que le nombre de défibrillateurs installés dans des lieux publics est de 20 à 40 000. Nous avons mené des campagnes auprès des collectivités territoriales, des entreprises et visons maintenant les particuliers. En effet, on peut envisager l’installation de défibrillateurs dans de grands ensembles.
« Comment les pharmaciens d’officine peuvent-ils vous aider à cette formation aux gestes qui sauvent ? »
Les pharmaciens nous aident et sont déjà très impliqués, notamment grâce au Cespharm. Nous suggérons aux volontaires de placer un défibrillateur à l’extérieur de leur pharmacie. En effet, tout le monde sait où se trouvent les officines et bien souvent la croix verte est éclairée la nuit.
Il est pertinent de former des volontaires habitant à proximité d’un défibrillateur car ils seront les premiers informés en cas d’arrêt cardiaque. La proximité est vraiment primordiale.
« Le mot de la fin… »
Pour conclure, nous travaillons actuellement avec le ministère afin d’essayer d’améliorer la connaissance de ce qui se passe actuellement dans le pays. Quand on parle de 40 000 arrêts cardiaques par an, c’est une estimation reposant sur des certificats de décès. Il nous faut inventorier tous les arrêts cardiaques connus. Cela nous permettrait d’effectuer des progrès et de dresser une cartographie épidémiologique des arrêts cardiaques. Nous collaborons avec les SAMU et les pompiers afin d’améliorer ce recueil de données. Une meilleure connaissance des arrêts cardiaques nous permettra d’effectuer des progrès dans notre vigilance globale. Enfin, nous saurons également si les personnes étant intervenues étaient formées ou pas. Nous pourrons alors chiffrer les efforts nous restant à faire.
CELTIPHARM, le 27 juillet 2010