Jean-Pierre Dosdat et Antoine Marchant : la spécialisation comme renouveau des petites officines

 
 
 
Jean-Pierre Dosdat, pharmacien d’officine, Président d’Objectif-Pharma et Antoine Marchant, co-fondateur d'Anton&Willem


 
Objectif pharma est un groupement d’achats issu du commerce associé créé il y a 10 ans. Sa vocation est d’accompagner ses adhérents, titulaires et équipes officinales, vers l’optimisation de leur back office, pour leur permettre d’assurer leur rôle d’acteur de santé et de commerçant dans les meilleures conditions.  
Les 500 adhérents coopérateurs de la société mère Welcoop sont associés au sein du groupement. 
En 2014, est né Anton&Willem, un nouveau réseau de pharmacies sous enseigne dédiées aux médecins alternatives et naturelles. Aujourd’hui, Anton&Willem se rapproche d’Objectif Pharma afin de combiner les expertises et d’accélérer son développement. Le modèle d’Anton&Willem se décline en « Full concept » pour les petites officines et « shop in shop » pour les plus grandes. Mais pour Jean-Pierre Dosdat, Président d’Objectif Pharma et Antoine Marchant, co-fondateur d’Anton&Willem, la spécialisation donne aux petites pharmacies un véritable avenir. La preuve du modèle mis en place dans une douzaine d’officines avec les médecines alternatives et naturelles n’est plus à faire en termes de légitimité du pharmacien comme en termes économiques. Merci à eux d’avoir bien voulu répondre à nos questions et rendez-vous sur le site Internet d’Anton&Willem pour découvrir notamment les aménagements proposés (rubrique nos pharmacies avec des visites virtuelles d’officine) : http://www.anton-et-willem.fr/#

 
Celtinews : Quels sont les enjeux du marché des médecines naturelles et alternatives pour l’officine ? A quels besoins ce marché répond-il et quelles en sont les perspectives ? 

 
Jean-Pierre Dosdat et Antoine Marchant : A l’heure où nos concitoyens sont de plus en plus enclins à la prévention, au soin de soi et à la préservation de leur capital santé, tout en ayant une sensibilité de plus en plus marquée au développement durable, qui peut se traduire par l’utilisation de médecines douces ou alternatives, les officines voient progresser les catégories de produits correspondant à ces attentes.
C’est ainsi que la micronutrition, la phytothérapie, l’aromathérapie, l’herboristerie et autre homéopathie tirent le marché du conseil et de la prévention vers le haut par rapport à l’OTC classique plutôt en retrait actuellement.

 
L’enjeu est de continuer à accompagner de manière très professionnelle ce développement qui ne s’oppose en rien à l’allopathie classique et qui, au contraire, est parfaitement complémentaire.
Ce développement ne constitue plus seulement un effet de mode mais s’inscrit bien dans une évolution sociétale.

 
Aujourd’hui le marché pèse 2 milliards d’euros dont une partie importante dans d’autres circuits hors officines (magasins et coopératives BIO, Nature & Découvertes …) alors que le pharmacien d’officine, de par sa formation, est l’homme de l’art si tant est qu’il ait une affinité ou une volonté de se rendre encore plus spécialiste.
Les perspectives d’évolution de ces marchés sont donc importantes et durables.

 
Celtinews : Pouvez-vous nous en dire plus sur Anton&Willem, son offre, ses atouts pour les pharmaciens et ce qui va changer de façon concrète suite à l’alliance avec Objectif Pharma ?

 
Jean-Pierre Dosdat et Antoine Marchant : Anton&Willem est la première enseigne de médecines douces et alternatives en pharmacie de par la qualité de son offre, de son conseil et donc de la formation des pharmaciens et de leurs équipes, des choix des produits fonction des besoins des clients et non pas des marques, du développement de MDD à forte valeur ajoutée en micronutrition, phytothérapie et très prochainement en aromathérapie,  des choix de référencement qui excluent les produits ne correspondant pas à l’offre tout en préservant une OTC avec AMM.

 
Anton&Willem a des partis pris forts avec notamment la disparition de produits de parapharmacie traditionnels qui encombrent souvent les rayons d’une officine classique, immobilisent la trésorerie et assurent une rentabilité très relative car souvent bataillés sur les prix.

 
C’est également un concept architectural épuré, à la fois moderne tout en rendant au métier de pharmacien ses lettres de noblesse avec des comptoirs en forme de paillasse de laboratoires et un lieu de santé qui n’est plus un show-room de laboratoires.
Le client sait qu’il se trouve dans une pharmacie très spécialisée.

 
Anton&Willem est une vraie enseigne qui parle aux clients-consommateurs et correspond à un besoin.
C’est donc un atout considérable pour des officines qui veulent se spécialiser, notamment les petites et moyennes qui peuvent se perdre dans une offre trop large sans en avoir la capacité.
En se recentrant sur le conseil grâce à une offre parfaitement maîtrisée, elles se déconnectent alors de la simple «  distribution » de produits que l’on retrouve partout et dont, trop souvent, la seule différenciation se fait sur le prix, combat perdu par avance face à des géants demain que seront la GMS ou AMAZON.

 
Anton&Willem ce sont aujourd’hui quatre petits bras opérationnels qui doivent assurer le développement, la création de MDD, la logistique, l’agencement, la formation des équipes. 
Jusqu’à présent, ils sont héroïques mais conscients que la montée en puissance de l’enseigne passera par une structure plus importante qui excelle notamment dans le back office et leur facilitera la tâche et le recrutement de nouveaux pharmaciens. Les fondateurs sont ravis de nous rejoindre !

 
Celtinews : Quelles sont les meilleures « success stories » de l’enseigne Anton&Willem ? Quelles sont celles que vous imaginez pour demain?  

 
Jean-Pierre Dosdat et Antoine Marchant : Le succès le plus emblématique de l’enseigne Anton&Willem est cette officine dans une agglomération de 100.000 habitants. « Petite » pharmacie de centre-ville d’environ un million d’euros, qui s’est retrouvée coincée entre deux grosses pharmacies low-cost, voyait son CA et sa rentabilité s’effondrer car son offre n’était pas suffisamment différenciée par rapport aux deux autres officines, tout en ayant ni la place, ni la capacité à batailler le prix.
Conseillée par son expert-comptable, la titulaire s’est rapprochée de l’enseigne Anton&Willem, s’est formée sur les médecines douces ainsi que son équipe jusqu’à devenir des experts et a ainsi transformé son officine de proximité en une officine de destination : des clients font plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver une offre et un conseil qui correspondent à leurs besoins et à leur affinité.
Elle a également conservé et accru la clientèle de sa zone de chalandise. 
La pharmacie a repris le chemin de la croissance et ce durablement.

 
Nous sommes persuadés que les petites et moyennes officines, qui sauront faire le choix de la spécialisation (celle-ci ou une autre),  ont un bel avenir devant elles. 
Mais il ne faut pas qu’elles s’en rendent compte trop tard et donc qu’elles construisent ou affinent leur  projet d’entreprise dès à présent. Anton&Willem est une belle solution !
C’est également une belle opportunité pour les adjoints désireux de passer le cap et de devenir titulaires.

 
Celtinews, le 14/09/2017



Commentaire
cohen e kara
17/09/2017
excellente inititiave impossilbe à mettre en oeuvre tout seul (j'ai essayé)
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