Interview Thierry Moreau Defarges : Cyclamed en marche vers une économie solidaire




Thierry Moreau Defarges, Président Cyclamed




Chacun connait bien Cyclamed qui regroupe au sein d’une même association l’ensemble de la profession pharmaceutique : pharmaciens d’officine, grossistes répartiteurs et entreprises du médicament. 
Son objectif de sécuriser l’élimination des médicaments non utilisés pour préserver l’environnement et la santé publique n’est pas mince ! Nouvelles législations et nouvelles missions obligent. L'association Cyclamed, agréée par les pouvoirs publics, accompagne les patients comme les acteurs de la chaîne de distribution dans le tri sélectif et la
valorisation énergétique des médicaments. Thierry Moreau Defarges, Président Cyclamed, nous explique les difficultés rencontrées sur le terrain et la façon dont Cyclamed peut aider les différents acteurs y compris les industriels à mettre en marche une économie plus solidaire.  

Celtinews :  L’agrément de Cyclamed par le ministère de l’environnement induit un certain nombre de nouveaux objectifs auxquels l’association doit répondre. Pouvez-vous s’il vous plait nous en dire plus ? 

Thierry Moreau Defarges: Dans le cadre de son nouvel agrément obtenu début 2016, et couvrant les 6 prochaines années, Cyclamed s’est fixé plusieurs objectifs.

Nous devons tout d’abord rappeler aux patients que seuls les médicaments doivent être rapportés à l’officine. Les produits du type dispositifs médicaux, compléments alimentaires, produits cosmétologiques et solaires etc sont pris en charge soit par des circuits spécifiques, soit doivent être placés dans les ordures ménagères . Pour aider le citoyen à trier ces produits souvent achetés en pharmacie, nous développons un moteur de recherche disponible sur notre site internet www.cyclamed.org  qui permet de distinguer très facilement les médicaments des « non-médicaments ».

D’autre part, nous renforçons nos actions pour qu’emballages cartons et notices entrent dans la poubelle jaune dont chacun dispose à son domicile et ainsi pouvoir les recycler. Tutoriels et films explicatifs peuvent être consultés directement sur notre site web.
 
Pour aller plus loin, nous généralisons notre dispositif à l’ensemble de nos départements et territoires d’Outre-Mer qui doivent disposer des mêmes systèmes de sécurité sanitaire domestique et de protection environnementale. Mayotte a été mis en place en 2015, Saint Martin et Saint Barth en 2016. Il ne nous reste qu’un territoire à couvrir, Saint Pierre et Miquelon dont la situation est très particulière et pour lequel une action synergique est menée par plusieurs éco-organismes.

Enfin, nous souhaitons développer des programmes de R&D et de prévention et auditons les prestataires pour vérifier la fiabilité du dispositif Cyclamed et apporter les évolutions nécessaires.  

Celtinews :  Les règles sont claires mais la réalité est-elle toujours aussi simple ? 

Thierry Moreau Defarges : Vous avez tout à fait raison, les règles sont très simples ce que nos autorités reconnaissent volontiers et apprécient mais en pratique pour le citoyen tout n’est pas si simple .

Ce qu’il faut savoir c’est que le tri sélectif en général est compliqué en France car les règles ne sont pas les mêmes dans toutes les communes et les grandes villes rencontrent un vrai problème pour l’ensemble des déchets car espaces privés et publics sont parfois difficilement aménageables. 

En ce qui concerne les produits de santé ils couvrent une très large palette qui va au-delà du médicament. Il faut donc mettre à disposition des moyens d’identification : marquage des médicaments ou des non-médicaments, consignes de tri claires et explicites. 

Le rôle de l’équipe officinale est clé et nous souhaitons impliquer l’ensemble de acteurs. 

Il est aussi important de mobiliser les industriels pour réduire les quantités de médicaments non utilisés en prolongeant les dates de péremption par exemple, et en adaptant certains conditionnements notamment de sirop et de pommades qui sont parfois trop volumineux.

Celtinews : A l’heure du digital et de la communication virale, quel dispositif Cyclamed a -t-il mis en place pour informer et aider à l’éducation des acteurs de la chaîne du médicament et des consommateurs ?
 
Thierry Moreau Defarges :​ La communication Cyclamed s’adresse d’abord au grand public par nos films TV. Nos campagnes sont considérées par le Premier Ministre comme campagnes d’intérêt général. Il est d’ailleurs amusant de faire remarquer que cette classification est liée au talent de Jacques Pilhan, dont beaucoup de politiques se revendiquent et qui dans les années 90 a été un soutien spontané et bénévole à la construction de la communication Cyclamed. A chaque fois que nous faisons une campagne TV notre récolte s’améliore : voilà bien une preuve que la télévision reste un média incontournable.

Depuis maintenant 3 ans nous sommes entrés dans la communication digitale : site internet interactif, réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook) chaine YouTube, appel à des Youtubeurs etc. Ces actions ont pour but d’atteindre de nouveaux types de patients, notamment les jeunes qui ont à la fois un sens écologique souvent plus aiguisé que leurs aînés mais qui consommant peu de médicaments, ne pensent pas à rapporter le peu qu’ils ont. 

Nous développons aussi des applications ou des moteurs de recherche qui permettent à chacun de gérer son armoire à pharmacie et différencier ses médicaments des autres produits.

Il est clair que notre réussite dépend de la mobilisation permanente de tous les acteurs (patients, médecins, pharmaciens, industriels). Le tri des déchets et des médicaments en particuliers est un réel enjeu pour l’avenir de notre planète et des générations futures. Il est donc vital de former chacun d’entre nous et ne pas hésiter à répéter nos messages à tous les niveaux de la société. Nous avons le sentiment qu’il y a une vraie prise de conscience et que grâce à des sociétés comme les vôtres nous bénéficions d’un support formidable pour maintenir un haut niveau d’engagement des officinaux, acteurs clés du dispositif. 

Celtinews, le 26/10/2017
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