Alain Guilleminot, Président UTIP et Président URPS Pharmacien Pays de la Loire

Celtinews : Alain Guilleminot, pouvez-vous s’il vous plait nous rappeler en bref les dernières évolutions de l’UTIP ? 

Alain Guilleminot - L’UTIP a été créée en 1952 pour accompagner les pharmaciens dans leur vie professionnelle au quotidien. Dans une première phase, la formation a surtout porté sur les préparations pharmaceutiques avant de s’ouvrir naturellement à la dispensation des ordonnances. Aujourd’hui le suivi des patients est au cœur de notre métier et de nouveaux challenges s’offrent à nous comme celui de la vaccination antigrippale. 
L’organisation de soirées d’information et de formation avec ou sans partenariat avec l’industrie pharmaceutique a toujours été le moteur des activités de l’UTIP. Nous formons les pharmaciens aussi bien en santé publique que sur les nouvelles thérapeutiques.
La loi Bertrand sur la formation continue conventionnelle a imposé à l’UTIP d’adapter son organisation pour créer des structures de formations pures agréées DPC, ce que nous avons fait avec Form’ Utip et UTIP innovations.
En 2017, l’association UTIP regroupe près de 3 000 adhérents, titulaires, adjoints, préparateurs, ou étudiants. Notre force tient dans notre vision globale de l’activité officinale. 

Celtinews : Alain Guilleminot, vous évoquez le rôle de santé publique du pharmacien et  la vaccination antigrippale, pouvez-vous nous préciser où nous en sommes de la mise en place de cette expérimentation ? 

Alain Guilleminot - Eh bien, nous sommes avant tout dans l’attente de la publication du décret du ministère qui couvrira la totalité des aspects de cette expérimentation, confirmation du choix des régions, modalités et conditions de la formation pour certifier la vaccination. 
L’intérêt de tous est que ce décret arrive vite car si nous prenons en compte les vacances d’été, le temps dont nous disposerons pour former les professionnels avant la prochaine campagne de vaccination qui débutera en octobre 2017 est court !  
Les régions Nouvelle-Aquitaine et Rhône-Alpes Auvergne ont été proposées pour participer à cette expérimentation en raison de leur couverture vaccinale inférieure à la moyenne et leur engagement à développer le carnet vaccinal électronique mais le choix de ces régions doit encore être confirmé par le décret attendu, comme je vous l’ai précisé. Il en va de même pour les conditions de rémunération des actes de vaccination qui doivent être négociés entre syndicats et pouvoirs publics. Une négociation particulière peut s’appliquer dans le cadre de l’expérimentation mais nous n’attendons pas moins de 10 euros pour un acte vaccinal mené en 10 minutes.

Celtinews : quelles difficultés particulières anticipez-vous dans la mise en place de cette expérimentation de vaccination antigrippale par le pharmacien? 

Alain Guilleminot - De mon point de vue, nous devrons faire face à deux difficultés majeures : la mobilisation des pharmaciens titulaires et pharmaciens adjoints concernés par l’expérimentation et leur formation. 
La mobilisation des pharmaciens dans les zones d’expérimentation dépend de la rémunération et de la formation proposée. 
Pas moins de 10 000 pharmaciens seront à former sur les deux régions dans lesquelles l’expérimentation sera menée. D’autre part, l’idée est que la vaccination se mette en place sur l’ensemble des plages horaires de l’officine, et tous ne pourront pas se former. 
Pour répondre à ces besoins du terrain, l’UTIP prévoit de déployer une offre de formation de qualité, homogène sur l’ensemble du territoire, dans les villes moyennes comme dans les grandes villes. 

Celtinews : justement, que propose l’UTIP pour accompagner les pharmaciens et quelle est la valeur ajoutée de sa proposition par rapport aux formations initiées par certains groupements notamment ?  

L’ambition de l’UTIP est de former plusieurs centaines de pharmaciens au départ voire un millier quel que soit le groupement auquel ils appartiennent, leur répartiteur… L’UTIP proposera une formation de haute qualité, identique pour tous, sans discrimination, c’est là sa force première. D’ailleurs, l’UTIP s’est intéressée à la vaccination à l’officine dès 2015. N’oublions pas que l’UTIP est une association de pharmaciens indépendante financièrement et au service des pharmaciens pour les former.
Les modules de formation sur la vaccination sont actuellement en préparation et seront prêts lors de la publication du décret. 
Nous nous rapprocherons de partenaires et structures de professionnels de santé dont des médecins pour délivrer cette formation suivant notre niveau d’exigence. 
En fait, le programme de formation de l’UTIP sera composé d’une partie théorique, scientifique sur l’immunité, la vaccinologie, les allergies… délivrée en e-learning avant d’accéder à une partie pratique qui elle se fera en présentiel.
Notre tour de France de la formation à la vaccination a d’ores et déjà démarré mais nous sommes dans l’attente du TOP départ pour une formation validante dans les zones expérimentatrices.  
L’UTIP est prête à relever le challenge comme elle a pu le faire pour la sortie de la réserve hospitalière. 
Isabelle Adenot, Présidente de l’Ordre des pharmaciens, a eu le tempérament de proposer la vaccination à l’officine, en coordination avec l’ensemble des acteurs de la profession, et l’UTIP s’efforcera de mener cette mission avec succès. Aucune exclusivité n’est à revendiquer dans ce domaine. Notre programme sur l’analyse des ordonnances qui rejoint la conciliation médicamenteuse tout comme nos formations orientées sur l’accompagnement du patient (entretiens pharmaceutiques) remportent un vif succès. Nous espérons qu’il en soit de même avec ce nouveau programme de vaccination à l’officine. 

Celtinews, le 9 mars 2017
 
Commentaire
Soyez le premier à commenter cet article
Ajouter un commentaire

Articles similaires