HTA DE L’ADULTE

Lors du dernier congrès de la Société Européenne de Cardiologie, les experts ont souligné l’importance de maîtriser la prise en charge de l’hypertension artérielle (HTA). Elle touche environ 20% de la population adulte et affecte surtout les populations des pays industrialisés. L’HTA est le premier facteur de risque de mortalité cardiovasculaire dans le monde devant le tabagisme et l’hypercholestérolémie. Elle augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, de maladie coronaire, d’insuffisance cardiaque, d’insuffisance rénale et de troubles cognitifs. Sa prise en charge par traitement antihypertenseur permet de réduire les complications cardiovasculaires. En France, on estime à quinze millions le nombre de patients traités pour HTA. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hypertension est en 2ème position sur la liste des facteurs diminuant le nombre d’années de vie en bonne santé, après le tabagisme et avant l’alcoolisme, et est à l’origine de 62 % des accidents vasculaires cérébraux. La SFHTA et la Société française de cardiologie (SFC) s’inquiètent de la banalisation de la pathologie, aussi bien par les médecins que par les patients.
 
 
1. DÉFINITION
L’hypertension artérielle se définit par une élévation trop importante de pression dans les artères, élévation qui persiste alors que le sujet est au repos. 
L’hypertension artérielle (HTA) correspond à une augmentation anormale de la pression du sang sur la paroi des artères. Dans la majorité des cas, l'hypertension artérielle est dite « essentielle » : aucune cause connue n'explique son apparition, mais elle est favorisée par des facteurs de risque. La tension artérielle se mesure en millimètres de mercure (mmHg) et fait l’objet de deux lectures (systolique et diastolique). La lecture systolique mesure la pression sanguine au moment de la contraction du cœur et de l’éjection du sang. La lecture diastolique mesure la pression sanguine au moment du relâchement du cœur entre deux battements. L'hypertension est définie par une valeur systolique ≥ 140 mmHg et/ou une valeur diastolique ≥ 90 mmHg. Le diagnostic doit être étayé par deux mesures au moins par consultation, sur patient assis, effectuées lors d'au minimum deux consultations. La forme la plus commune est l’HTA modérée, mais sa progression constante est la conséquence de l’évolution de nos modes de vie.

2. FACTEURS DE RISQUE ET SYMPTOMES
L’HTA le plus souvent une maladie silencieuse, et beaucoup ignorent être touchés. Pourtant de nombreuses campagnes d’information coordonnées par la Fédération Française de Cardiologie insistent sur l’importance du dépistage. Au-delà d’un simple facteur de risque, l’HTA est une véritable maladie chronique. 
Certains troubles peuvent alerter comme : maux de tête, difficultés de concentration, vertiges, douleurs dans la poitrine, essoufflement, troubles visuels (papillons devant les yeux), bourdonnements d’oreille, fatigue…
L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque vasculaire. Elle entraine des anomalies et une rigidification de la paroi des artères du fait de la pression mécanique permanente exercée sur ces dernières. Elle augmente le risque d’apparition ou d’aggravation de plaques d’athérome.

3. DIAGNOSTIC
Lorsqu’une HTA est suspectée, la mise en place de mesures hygiéno-diététiques ayant montré un bénéfice sur le contrôle de la pression artérielle (PA) est recommandée. Une nouvelle consultation doit être programmée dans le mois suivant comportant : 
- Un examen clinique, avec recherche de facteurs provoquant ou aggravant une HTA
- Un bilan biologique comportant ionogramme sanguin, créatininémie avec débit de filtration glomérulaire estimé, glycémie à jeun, bilan lipidique et protéinurie. La recherche de la microalbuminurie n’est recommandée que chez le patient diabétique
- Un électrocardiogramme de repos. Une hypokaliémie, une insuffisance rénale, une protéinurie doivent faire suspecter une HTA secondaire.
Au cours de cette consultation, seront interprétés les résultats du bilan initial biologique et des mesures de la PA en dehors du cabinet médical (automesure/MAPA). Si l’HTA est confirmée, une consultation d’information et d’annonce de l’HTA doit être réalisée. Une fois diagnostiquée l’HTA doit être traitée sans attendre.

Stratification du risque suivant les recommandations européennes ESH/ESC 2013






 
4. TRAITEMENT
L’implication du patient est essentielle dans sa prise en charge. Seul un traitement médicamenteux adapté peut contribuer à équilibrer l’HTA. 

Le débat sur les objectifs tensionnels montre bien que la définition de l’hypertension artérielle (mesure anormale, symptôme, maladie, facteur de risque cardiovasculaire…) varie selon que prédominent ou s’associent, à une époque donnée, progrès des connaissances, succès thérapeutiques ou enjeux de santé publique. Des modifications de paradigme qui ouvrent pour l’avenir plusieurs scénarios possibles, mais bien différents les uns des autres… Depuis 2003, au moins 6 textes de recommandations d’objectifs tensionnels chez le patient tout-venant et chez le diabétique ont été publiés. 

Les valeurs cibles à atteindre sont, selon les nouvelles recommandations 2016 :
Une pression systolique < 140 mmHg chez les hypertendus dans leur ensemble, tant à risque faible qu'à risque élevé, alors que précédemment, une valeur cible < 130 mmHg était de mise chez les diabétiques et autres sujets à risque élevé. Chez les plus de 80 ans, la valeur cible est comprise entre 150 et 140 mmHg.
Une pression diastolique inférieure à 90 mmHg sauf chez les diabétiques, chez lesquels on vise moins de 85 mmHg.

En l’absence de protéinurie et chez un patient vasculaire, le choix thérapeutique doit porter sur une association d’un bloqueur du système rénine-angiotensine et d’un inhibiteur calcique ;
Lorsqu’il existe une protéinurie et chez les patients à risque d’insuffisance cardiaque, le choix thérapeutique doit porter sur l’association d’un bloqueur du système rénine-angiotensine et d’un diurétique ;
La trithérapie de référence associe un bloqueur du système rénine-angiotensine à un inhibiteur calcique et un diurétique. Après 4 semaines d’un traitement initial, en cas d’absence totale de réponse à ce traitement ou d’effets indésirables, il est recommandé de changer de classe thérapeutique.
En cas de toux sèche quelques semaines après le début du traitement, il faut renvoyer le patient voire son médecin pour changer de traitement antihypertenseur.

5. CONSEILS À L’OFFICINE
Une fiche sur l’entretien pharmaceutique au cours de l’HTA a été rédigée par la Société Française d’Hypertension Artérielle sur la base de questions ouvertes de manière à contribuer au bilan éducatif du patient.
- Ce que le patient a
- Ce que le patient croit savoir
- Ce que le patient sait
- Comment le patient vit avec sa maladie
- Ce qui motive le patient
- Son suivi
- Son évaluation.

Vous pourrez télécharger la fiche :

Il faut par ailleurs accompagner le patient dans la mise en place de mesures hygiéno-diététiques :
- Réduire une consommation excessive de sel (inférieur à 6g/j), et bannir la réglisse
- Pratiquer une activité physique régulière 
- Réduire le poids en cas de surcharge pondérale
- Réduire une consommation excessive d’alcool, (inférieure à deux doses par jour chez la femme et trois chez l’homme)
- Privilégier la consommation de fruits et de légumes 
- Arrêter le tabac, mesure primordiale
- Réduire le stress. L'impact du stress sur la pression artérielle pourrait différer en fonction du statut socioprofessionnel. Ce n’est pas à l’origine de l’HTA et la relaxation, yoga ou sophrologie ne font pas disparaître l'hypertension mais permettent de mieux la maîtriser et ainsi de mieux la vivre.
Les patients ne se sentent pas malades aussi la contrainte de prendre son traitement tous les jours peut entrainer des problèmes d’observance d’où l’importance de piqures de rappel.

La mise en place de l’automesure de la PA doit suivre la « règle des 3 ». Le pharmacien doit faire la démonstration de l’appareil en s’aidant de fiches, vidéos et demander des relevés systolique, diastolique et pouls tous les 3 mois :
- 3 mesures consécutives (à quelques minutes d'intervalle) le matin avant le petit déjeuner 
- 3 mesures consécutives (à quelques minutes d'intervalle) le soir entre le dîner et le coucher 
- 3 jours de suite.
L’automesure tensionnelle ne devrait pas être proposée aux sujets qui ont une incapacité physique, aux patients anxieux et obsessionnels et à ceux qui ont des difficultés de compréhension. Il faut privilégier la mesure électronique de la pression artérielle par l’usage d’appareils de bras validés avec brassard adapté. 
L’HTA est l’une des meilleures pathologies candidates pour le développement d’objets connectés et e-santé qui pourraient améliorer les 15 millions d’hypertendus français. C’est le vœu de la SFHTA avec l’expérimentation de ses 15 centres d’excellence en hypertension artérielle en France. 

À LIRE :  La SFHTA et la SFC publient un ouvrage collectif avec pas moins de 37 auteurs de spécialités différentes, afin d’effectuer un état des lieux des maladies hypertensives en France.  Plus de 60 propositions ont été élaborées dont la demande de remboursement d’un appareil d’auto-mesure tous les 5 ans en vue d’optimiser le suivi des patients et favoriser l’observance.

6. SITES WEB
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