Le cancer de l'enfant

Si les cancers sont beaucoup plus rares chez l’enfant, ils constituent néanmoins la principale cause de décès de l’enfant après les accidents. Chez les enfants et les adolescents, on compte en moyenne 2 500 nouveaux cas par an (1 700 chez les moins de 15 ans et 800 chez les adolescents de 15 à 19 ans). 
En France, la surveillance des cancers est assurée par des registres qui rapportent, de manière continue et autant que possible exhaustive, tous les nouveaux cas survenus dans la population. Deux registres nationaux spécifiques des cancers de l’enfant ont été constitués depuis 1995. Ceux-ci sont très différents de ceux de l’adulte : les principales localisations cancéreuses de ce dernier (poumon, sein, prostate, intestin) sont très rares chez l’enfant pour qui leucémies et tumeurs du système nerveux central constituent les principales affections malignes. La survie à 5 ans des enfants et adolescents atteints de ces cancers s'est améliorée de manière très significative ces dernières années et dépasse aujourd'hui les 80 %.

1. DÉFINITION 
Le cancer chez l'enfant est une maladie rare qui représente, dans les pays développés, 1 à 2 % de l'ensemble des cancers, avec deux particularités : une croissance pouvant être très rapide et une conservation prolongée de la bonne santé apparente du malade. Dans la majorité des cas, les cancers de l'enfant surviennent de façon sporadique sans histoire familiale de cancer, ni maladie génétique associée, sauf pour 10 % des cas.

2. CAUSES 
Les causes sont très mal connues et personne ne sait vraiment pourquoi un enfant développe un cancer. Les parents culpabilisent à cause de leur hygiène de vie, psychologique ou comportementale (mode de vie, hygiène, régime alimentaire, ordinateur, téléphone mobile, stress, pollution…).Les cancers de l’enfant ont toujours existés et à ce jour, il n'y a pas de données scientifiques solides et argumentées permettant d'incriminer un ou des facteurs environnementaux dans la survenue d'un cancer chez l'enfant.

3. SYMPTÔMES
Chez les moins de 15 ans, on rencontre principalement des leucémies, des cancers des cellules du sang, et des lymphomes, des cancers du système lymphatique, et des tumeurs dites embryonnaires. Autres particularités de ces cancers : l’arrêt spontané de croissance de certaines tumeurs. 
Il existe peu de signes d’alerte de la présence d’une tumeur avant que celle-ci n’ait atteint une certaine taille, or, les cancers de l’enfant évoluent très rapidement. Le diagnostic doit être établi au plus tôt pour qu’une décision thérapeutique concertée et adaptée soit prise. Par ailleurs filles et garçons ne sont pas affectés par les mêmes cancers. 
Les signes d'appel sont variables et souvent trompeurs car ils peuvent s'observer au cours de maladies bénignes, fréquentes chez l'enfant.

- ganglions lymphatiques enflés
- perte d'appétit, vomissements
- sensation d’inconfort et de malaise
- fatigue, pâleur, fièvre
- douleurs abdominales ou maux de tête
- manque d'énergie (léthargie)
- démangeaisons de la peau (prurit)
- déficit visuel ou troubles de la marche

4. DIAGNOSTIC
Il existe plus d’une soixantaine de cancers pédiatriques. Les principaux cancers rencontrés chez l'enfant sont : leucémie, lymphome, néphroblastome, ostéosarcome, tumeur d’Ewing,  rhabdomyosarcomes et autres sarcomes des parties molles, retinoblastoma,  tumeur cérébrale, et autres…
Au vu des symptômes, le diagnostic s’appuie sur le bilan sanguin, l’anapathologie de la tumeur, s’il y a, et un bilan d’extension. Une consultation d'oncogénétique non systématique est parfois proposée pour étudier les facteurs héréditaires pouvant favoriser le développement de certains cancers.

5. TRAITEMENTS 
98 % des enfants sont soignés dans des centres de référence. La prise en charge des cancers de l’enfant a été structurée par l’Institut national du cancer (INCa) à travers 31 établissements proposant une offre de soins adaptée pour les enfants de moins de 18 ans. 
Les cancers n'ont pas tous la même gravité et certains nécessitent des traitements plus lourds. Quel que soit le cancer dont il est atteint, il existe toujours pour un enfant donné des chances de guérison.
Selon le stade du cancer et les possibilités d’intervention, différentes options thérapeutiques sont envisagées afin d’optimiser les chances de guérison du patient. Les stratégies de traitement du cancer sont variables en fonction de l’action recherchée et s’articulent autour de trois grands axes, souvent associés : la chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux
La chimiothérapie est souvent utilisée en première intention pour réduire la taille de la tumeur. Ensuite, une chirurgie conservatrice, préservant au mieux l’organe concerné et les tissus alentour, peut alors être envisagée, ou une radiothérapie ultra précise (protonthérapie) si la tumeur n’est pas accessible par a chirurgie.

6. PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE
Le rôle du pharmacien d’officine est très limité en termes de prévention mais est un maillon particulier dans la prise en charge du cancer de l’enfant où il sera un soutien des aidants familiaux en tant que coordinateur de soins et interlocuteur de proximité. 
Il veillera à une prise en charge adaptée au moment des soins et au suivi prolongé dans les années qui suivent pour veiller au maintien de la qualité de vie et au retour à une existence normale.
La durée du traitement est une période extrêmement difficile durant laquelle les enfants doivent sentir que l’on prend bien soin d’eux, en plus de leur donner des soins, pour garder une confiance en soi et alléger le poids de la maladie.
Les conseils associés peuvent être donnés pour faire face ou aider lors des effets secondaires : 
- asthénie
- perte de poids
- alimentation (fractionnement des repas, composition, supplémentation…)
- troubles du transit
- douleur.
Les réactions psychologiques de l'enfant à son cancer dépendent beaucoup de la capacité de son environnement familial et amical à faire face à la maladie, à le soutenir sans nier son état. Les enfants ont besoin de s’évader et de mettre entre parenthèse leur hospitalisation, le pharmacien sera là pour conforter le réseau de soin et assurer la meilleure prise en charge possible autour du domicile. 

7. SITES WEB
La Journée mondiale contre le cancer aura lieu le 4 février 2017. 
Chaque année, pour la Journée mondiale contre le cancer, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) soutiennent l’Union internationale contre le cancer (UICC) pour promouvoir les moyens de faire reculer la charge de morbidité imputable à cette maladie.

Pour illustrer ce dossier vous pourrez voir ou revoir Le film “La guerre est déclarée”, de et avec Valérie Donzelli et Jérémie Elkaim.
“Dès le premier regard, Juliette attire Roméo dans ses bras. Le coup de foudre est réciproque, l'amour ainsi partagé donne vite naissance à leur enfant, Adam. Mais alors qu'il va sur ses deux ans, le bébé inquiète ses parents, car il ne marche pas encore et vomit parfois de manière violente et subite. Après constat des symptômes et de plus amples examens, une tumeur est diagnostiquée. Juliette et Roméo mènent alors un long combat de front contre le cancer qui menace la survie de leur fils.”
Le film raconte la bataille d'un couple de jeunes parents pour sauver leur petit garçon d'une tumeur rare au cerveau, il a surtout la particularité d'être écrit, réalisé et interprété par ces mêmes parents qui ont vécu la dite histoire.

 
Commentaire
alindust
20/01/2017
Ne pas oublier le néo du testicule parce que - même présentant un très bon taux de rémission - il reste évidemment particulièrement traumatisant (castration systématique)
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