L’hypertrophie bénigne de la prostate

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est un trouble fréquent chez les hommes occidentaux. Elle touche 10% des hommes à partir de 30 ans, 50% des hommes à partir de 50 ans et quasiment tous les hommes de 80 ans et plus. Les populations asiatiques sont très rarement atteintes par cette pathologie.
 
 

1 -     DÉFINITION

L’hypertrophie bénigne de la prostate, encore appelée hyperplasie bénigne de la prostate, est une augmentation de volume de la prostate de nature bénigne et due à un adénome de la prostate, cet adénome entraîne des obstructions lors de la vidange de la vessie.


2 -     CAUSES

Toutes les causes de l’HBP ne sont pas connues, toutefois certains facteurs sont identifiés notamment l’évolution hormonale liée à l’âge. En effet, avec l’âge, une quantité plus importante de testostérone est convertie en dihydrotestostérone ce qui favorise la croissance de la prostate.
L’hérédité est également considérée comme un facteur de risque.
 

3 -     SYMPTÔMES

Les symptômes de l’HBP sont :
-    la pollakiurie c’est-à-dire des fréquences exagérées d'émission d'urine peu abondante,
-    des envies impérieuses d'uriner,
-    une nycturie (résultat d'une vidange complète et d'un remplissage rapide de la vessie),
-    un jet urinaire intermittent dont le débit et la force diminue progressivement,
-    une sensation d'émission d'urine incomplète,
-    des fuites d'urine survenant après la fin de la miction (émission d'urine)
 

4 -     DIAGNOSTIC

Le diagnostic de cette pathologie repose sur l’interrogatoire du patient et sur un examen clinique, notamment le toucher rectal. Un dosage des PSA (prostate specific antigen) peut également orienter le diagnostic.
 

5 -     TRAITEMENTS

Selon la gravité des symptômes, la stratégie thérapeutique est différente :
-    surveillance simple si les troubles urinaires sont bénins et qu’ils ne gênent pas les patients. Le médecin peut proposer une visite de contrôle par an,
-    traitement médicamenteux pour remédier aux troubles urinaires. Ce sont des médicaments de la classe des alpha-bloquants et des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (enzyme qui permet la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone).
-    traitement chirurgical si le traitement médicamenteux n’est pas suffisant ou en cas de complications répétées telles que des rétentions d’urine ou des infections urinaires. Le chirurgien procédera à l’ablation du tissu prostatique.
Il existe également des alternatives à la chirurgie, comme l’incision cervico-prostatique qui consiste en l’élargissement du col vésical (jonction entre la vessie et la prostate), ou la pose d’une endoprothèse au niveau de l’urètre pour maintenir écartés les lobes de la prostate.
 

6 -     PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE

A l’officine, vous devez conseiller à vos patients de plus de 50 ans de consulter leur médecin pour faire un bilan prostatique si cela n’a pas déjà été fait. Par ailleurs, pour les patients chez qui une hypertrophie bénigne de la prostate a déjà été diagnostiquée, rappelez-leur quelques conseils de bonne hygiène de vie qui peuvent améliorer les symptômes et éviter les complications :
-    avoir une alimentation riche en fruits et légumes, en fibre et en antioxydants,
-    limiter la consommation d’aliments riches en acides gras saturés,
-    consommer des poissons gras car ils contiennent des acides gras oméga 3 ayant des propriétés anti-tumorales,
-    éviter le poivre et la moutarde qui favorisent les brûlures urinaires,
-    manger des oignons, de l’ail, des échalotes qui ont des propriétés anticancéreuses,
-    limiter la consommation d’alcool, qui est irritant pour la vessie et augmente la production d’urine,
-    boire suffisamment d’eau dans la journée mais peu le soir pour ne pas avoir à se lever la nuit,
-    éviter de faire du vélo car cela comprime la prostate, favoriser la marche à pieds.
Certains médicaments peuvent aggraver l’HBP, c’est notamment le cas des vasoconstricteurs, des antihistaminiques, des diurétiques, des antispasmodiques, des tranquillisants et de certains antidépresseurs.
 

7 -     SITES WEB

 
 
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