La spondylarthrite ankylosante

Aujourd’hui, nous avons fait le choix de vous parler d’une maladie qui touche peu de personnes en France, mais dont les effets sont bien gênants pour les personnes qui la subissent. 300 000 personnes sont touchées par cette maladie en France. Il s’agit de la spondylarthrite, une maladie de l’adulte jeune dont les premiers symptômes peuvent apparaître vers 20 ou 30 ans mais aussi débuter chez l’enfant. La spondylarthrite appartient au groupe des « spondylarthropathies », c'est à dire des maladies des articulations des vertèbres.
 
1 -  DÉFINITION :
Concrètement, la spondylarthrite est une maladie inflammatoire chronique qui touche régulièrement les articulations des vertèbres et l'articulation entre la colonne vertébrale et le bassin. Appelée également, spondylarthrite ankylosante SPA, pelvispondylite rhumatismale ou Morbus Bechterew, cette maladie peut entraîner des complications sévères, mais elle ne met pas en danger la vie d’une personne. Toutefois, cette inflammation peut également toucher les zones où les muscles et les tendons s'attachent aux os. On parle d’ « enthèses ».
 
2 -  CAUSES :
Comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque certaines articulations du patient et cette réaction est à l'origine de l'inflammation. L'évolution de la spondylarthrite est lente mais, à terme, elle peut entraîner progressivement une raideur ou « ankylose », source de handicap.
 
3 -  SYMPTÔMES :
Les inflammations touchent essentiellement les vertèbres de la colonne vertébrale, mais les inflammations peuvent être aussi d’autres natures. Les symptômes sont multiples :
- les arthrites associées aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique) ;
- les arthrites réactionnelles (inflammation d'une articulation causée par une infection ailleurs dans le corps) ;
- le rhumatisme psoriasique (rhumatisme lié au psoriasis, maladie auto-immune de la peau).
La spondylarthrite touche ainsi essentiellement les articulations de colonne vertébrale, du bassin, les zones où les tendons et les muscles s’attachent aux os, notamment au niveau du tendon d’Achille, mais aussi aux autres organes comme le cœur, les intestins, etc. Généralement, les douleurs ressenties ressemblent fortement aux douleurs dites de « sciatiques ». Il n’est pas rare que ces douleurs soient de plus fortes intensités en milieu de nuit, au réveil et dans les premières heures d’activités. Le repos ne les soulage pas !
La spondylarthrite évolue par poussées pendant lesquelles les douleurs peuvent s'étendre à d'autres articulations :
- articulations des bras et des jambes (observées chez 60 % des personnes atteintes de spondylarthrite et symptôme révélateur de la maladie dans 20 % des cas). La hanche est l'articulation la plus souvent touchée mais toutes peuvent être atteintes : épaules, genoux, chevilles, articulations des doigts et des orteils ;
- articulations du thorax (qui relient les côtes au sternum) ;
- ligaments et tendons au niveau de leur attache sur les os (notamment le tendon d'Achille).
Des signes plus généraux peuvent également être présents lors de spondylarthrite : fatigue (souvent présente), perte d'appétit, perte de poids, fièvre, sueurs nocturnes, etc. ;
Par ailleurs, en l'absence de traitement ou d'efficacité des traitements, la spondylarthrite peut entraîner des complications invalidantes :
- l’ankylose ;
- l'ankylose du thorax qui entraîne des troubles respiratoires ;
- la coxite bilatérale (une atteinte importante des deux hanches) qui gêne la marche ;
- les fractures vertébrales.
 
4 -  TRAITEMENTS :
La prise en charge médicale de la spondylarthrite associe traitements médicamenteux et non médicamenteux, leurs objectifs étant de calmer la douleur, de lutter contre la raideur, de maintenir les capacités fonctionnelles du patient et de prévenir ou traiter les éventuelles complications. Les traitements non médicamenteux (gymnastique régulière, rééducation fonctionnelle, ergothérapie, etc.) sont indispensables, au même titre que les médicaments.
Concrètement, le traitement de la spondylarthrite doit être adapté selon l’état d’avancement de la maladie et l’intensité des symptômes. Certains médicaments permettent de soulager la douleur tandis que d’autres sont utilisés pour diminuer la réaction inflammatoire à plus long terme. On retrouve ainsi :
- les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) utilisés pour diminuer l’inflammation au niveau des articulations ;
- les médicaments antalgiques pour soulager les douleurs provoquées par une poussé de spondylarthrite ;
- les corticoïdes en infiltrations dans la spondylarthrite.
Lorsqu'une spondylarthrite s'aggrave malgré les traitements anti-inflammatoires, le médecin peut décider de mettre en place un traitement de fond, sur la durée. Il peut prescrire alors du méthotrexate, de la sulfasalazine, des médicaments anti-TNF.
Selon l’état du patient, on peut aussi envisager la mise en place d’une rééducation fonctionnelle qui se traduit par des séances de kinésithérapie,  port de semelles pour soulager les douleurs du talon. D’autres pratiques peuvent être également appliquées à l’instar de l’utilisation de la phytothérapie, l’ergothérapie ou encore les synoviorthèses.
 
5 -  CONSEILS AU COMPTOIR :
En tant que pharmaciens, voici quelques-uns des conseils que vous pouvez donner aux personnes atteintes par la spondylarthrite et qui viendrez-vous voir pour parler de leurs symptômes :
- Mettez-vous au repos complet en cas de poussée douloureuse. Prenez les traitements antalgiques prescrits par votre médecin pour éviter de prendre de mauvaises positions.
- Effectuez des exercices d'assouplissement quotidiens pour maintenir votre colonne droite, conserver la mobilité de vos vertèbres et garder une bonne amplitude à vos mouvements ; un programme adapté à votre cas vous sera enseigné par votre kinésithérapeute.
- Veillez à consommer suffisamment de calcium et à vous exposer modérément aux rayons du soleil pour prévenir l'ostéoporose.
- Faites attention à votre façon de vous tenir debout ou assis, évitez les mauvaises positions.
- Contactez une association de patients qui pourra vous aider par l'écoute, l'information et l'échange d'expériences sur la vie quotidienne lorsqu'on souffre de spondylarthrite. 
 
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