La gale

Depuis quelques années, l’incidence de la gale est en augmentation en France, mais cette progression s’est accentuée au cours des derniers mois. Une étude réalisée par le Laboratoire de Recherches de CELTIPHARM à partir des données de vente de traitements de la gale issues de son panel Xpr-SO®*, révèle deux phénomènes :
- D’une part une tendance continue à l’augmentation de l’incidence ; elle a été multipliée par trois depuis 10 ans !
- D’autre part une assez forte saisonnalité avec chaque année un pic au mois de novembre et un niveau au plus bas fin juin début juillet.
Pour le Pr. Alain Dupuy, chef du service de dermatologie au CHU de Rennes « la tendance à l’augmentation sur le long terme confirme bien ce que nous observons sur le terrain depuis plusieurs années. C’est une tendance continue et régulière qui a débuté avant la rupture de disponibilité de certains traitements anti-scabieux que nous connaissons actuellement. L’autre élément marquant, la saisonnalité post-estivale, avait déjà été identifiée en France et dans d’autres pays; elle est ici confirmée sur le long terme. Une plus grande promiscuité en lien avec les modifications climatiques, ou des modifications de la durée de vie du sarcopte en fonction du climat sont des hypothèses explicatives, qui restent à confirmer"
 
DÉFINITION
La gale est une dermatose due à un ectoparasite : Sarcopte scabiei. C’est une maladie contagieuse qui s’attrape par contact avec un individu contaminé, plus rarement par contact avec des vêtements ou une literie infestés par le parasite.
On distingue la gale humaine, de la gale animale et végétale. Dans ce dossier, nous aborderons uniquement la gale humaine.
 
CAUSES
Le parasite femelle à l’origine de la maladie peut passer un mois environ à creuser des galeries dans les couches supérieures de la peau pour y pondre ses œufs. Ces derniers, au bout de deux à trois semaines passées sous la peau, éclosent, les nymphes qui en sortent vont subir une transformation puis, une fois adultes, elles remontent à la surface de la peau. Elles s’accouplent alors et un nouveau cycle commence.
 
SYMPTÔMES
Dans un premier temps (4 à 6 semaines), alors que le parasite est déjà sous la peau, le patient ne présente pas de symptômes, il n’est pas sensibilisé par Sarcopte scabiei. Puis, des démangeaisons surviennent, elles résultent d’une réaction allergique aux excréments que le parasite laisse dans les sillons creusés sous la peau. Ces démangeaisons surviennent essentiellement le soir et la nuit, elles sont aggravées après une douche chaude.
Ce prurit atteint tout d’abord l’espace interdigital, les poignets, les coudes, les fesses, avant de se généraliser, il est localisé généralement sur la face antérieur du corps. Il n’atteint jamais le visage et le cou. Par ailleurs, le prurit peut se localiser à différents endroit :
- chez l’homme, les démangeaisons apparaissent au niveau du gland et du fourreau de la verge,
- chez la femme, il se situe au niveau des aréoles,
- chez l’enfant, sur les chevilles,
- chez le nourrisson, il est localisé sur la plante des pieds.
 
DIAGNOSTIC
Le diagnostic de la gale repose sur l’examen des signes cliniques, mais il peut être confirmé par une exploration des sillons à l’aide d’une aiguille stérile ou une lame de scalpel. Ces instruments permettent de récupérer des raclures, qui après examen au microscope révèlent la présence de parasites, d’œufs et d’excrément.
 
TRAITEMENTS
Il existe plusieurs traitements pour la gale :
- la perméthrine 5% : c’est une crème qui doit être appliquée sur une peau propre et laissée en place pendant 8 à 14 heures avant d’être rincée.
- le benzoate de benzyle : c’est une lotion qui doit être appliquée sur peau propre et humide, après un bain tiède. Elle doit être appliquée pendant 24 heures avant d’être rincée.
Le traitement par voie orale se prend en une seule fois, sous la forme d’un comprimé d’ivermectine. Plus simple et plus rapide que le traitement local, il est souvent prescrit lorsqu’il y a un nombre important de personnes à traiter
Il existe d’autres traitements comme le crotamiton, le soufre…
Par ailleurs, pour soulager les démangeaisons, il est possible d’utiliser des antihistaminiques, des lotions à base de calamine, d’aspirine ou de glucocorticoïdes.
Le traitement de l’individu doit s’accompagner d’un traitement des surfaces infestées (vêtement, literie…).
 
PRÉVENTION ET CONSEILS À L’OFFICINE
A l’officine, voici quelques conseils que l’équipe officinale peut donner aux patients pour éviter d’être contaminé ou éviter de propager le parasite.
Si votre patient a la gale, recommandez-lui :
- de traiter les personnes de son entourage, même en l’absence de symptômes,
- de laver les vêtements, la literie à 60°C voire à l’eau bouillante,
- de traiter les objets et vêtements non lavables avec un désinfectant antiparasitaire sous forme d’aérosol.
Par ailleurs, en cas d’épidémie dans un établissement, les personnes y travaillant ou y accédant doivent être informées et un traitement préventif doit être mis en place. En outre, les règles d’hygiène et d’entretien des locaux doivent être renforcées.
 
 
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