« RELOCALISER » la fabrication & « DISPENSATION ADAPTEE » du paracétamol en FRANCE

QUI MANIPULE QUI ?

Nous avons perdu notre « INDEPENDANCE SANITAIRE »

POURQUOI ?

Parce que LE MEDICAMENT en France avec des prix encadrés (pas assez chers), baisse la rentabilité et ne rapporte pas assez de profits aux industriels.
Parce que les coûts sociaux en France, ajoutés aux coûts de production amputent les profits.

SOLUTION : fabriquer en Europe pour ne plus être dépendant tout en garantissant les profits.

Ainsi la réintégration des laboratoires en France sera réalité dans trois ans, après acceptation :

- Que l’Etat en garantisse une exploitation acceptable (financer en partie les implantations) ;
- D’augmenter les prix de vente des médicaments remboursés et en conséquence augmenter les cotisations mutuelles ou baisser les remboursements des assurés ;
- D’automatiser l’information et robotiser les fabrications (peu de main d’œuvre) ;
- De prioriser la production (en lieu et en choix de produit) ;
- De former les ingénieurs sur le savoir-faire perdu ;
- D’accepter que les règles environnementales soient moins drastiques (aider à ne pas polluer) ;
- De faire payer tous les pays de l’Europe quelques soient leurs implications ou leurs besoins ;
- De travailler en flux tendu sans obligation de stocks tampons coûteux ;
- D’augmenter les crédits « d’impôt recherche ».

PROBLEME et PARADOXE

La baisse de prix du paracétamol n’empêche pas la Sécurité Sociale, garantissant les paiements aux industriels, de continuer de jouer son rôle social et de gestionnaire.

La baisse de vente du paracétamol (baisse des profits) pendant le COVID n’est pas la faute des salariés mais n’empêche pas leurs licenciements pour optimiser la rentabilité.
 
La relocalisation du paracétamol, prépayée par les citoyens Français, n’empêchera pas de nouveaux acteurs mondiaux de surgir, pour le vendre encore moins cher que celui remboursé.

La baisse de vente des princeps n’empêche pas (curieusement) les industriels de continuer d’aligner eux-mêmes leur prix (baisse des profits) sur le générique le moins cher (avenant déjà signé).

La baisse de vente du paracétamol (baisse des profits) après le COVID ne sera pas compensée par « la dispensation adaptée » (demain à l’unité) et donc la limitation quantitative des ventes (engagement déjà signé).

CONCLUSIONS

Quoi que l’on puisse faire ou penser ; de façon directe ou collatérale, nous, PHARMACIENS d’officines et GROSSISTES en pharmacie, sommes concernés et seront impactés à court terme par les décisions économiques et stratégiques.

MAIS à quel jeu nous fait-on participer en France et quelles seront les conséquences de ce paradoxe entre : la remise en cause du système de dispensation actuel par les industriels (profits à la baisse) que nous cautionnons, et celle que nous acceptons de la SS pour limiter les ventes et favoriser la politique économique et sociale de la santé ?

A.COGITO
Commentaire
alindust
07/07/2020
PS : j'ai failli oublier de préciser : A.P.I est un signe et non un acronyme... car se prononce lettre par lettre (pas vraiment de rapport avec la petite pomme). Je connais déjà la réponse "je hais les sigles itou" :-) Aucune branchitude ni modernité donc ; juste un peu de sémantique
alindust
06/07/2020
Il n'a toujours pas bien lu (bis) JPM !... Alors je répète : désolé mais le terme "principe" dans son acception pharma ne veut strictement rien dire.... Les facs l'ont distillé à des milliers d'étudiants pdt des décennies... Voilà la seule raison (idiote) de son usage ; d'ailleurs, étudiant, j'employais le terme "molécule" active clairement plus parlant ! Et ce n'est pas seulement parce que depuis qqes années nous (industriels) agissons dans un monde international que l'acronyme API est employé (on n'entend plus du tout - et fort heureusement ! - l'expression "principe actif", laquelle hors du pays est intraduisible donc serait totalement incompréhensible... Eh oui ! Il n'y a pas que la boutique du coin qui parle médoc!). Alors revenons donc si vous préférez à des termes qui ont vraiment un sens : "molécule" ou "ingrédient" actif, comme on veut ; au moins cela a un sens ! Et exit cette expression d'un autre temps "principe actif", le mot "principe" ne correspondant (encore une fois) à rien de concret. Et en matière d'allopathie, nous sommes justement dans du strict concert (NB : que les homéopathes et disciples continuent à fantasmer sur des "traces de molécules" ou mieux "des principes", c'est leur affaire :-)
JPM
06/07/2020
OH LÀ ! ... Voudrait-on remplacer le mot "principe actif" par un anglicisme branché réduit, pour les initiés à un acronyme à trois pattes. Renier en quelque sorte une quarantaine d'années d'habitudes sémantiques ? Trop tard, ma culture me l'interdit, on ne remplace que ce qui est nécessaire (pneus, huile et balais d'essuie-glace par exemple). La modernité ne doit pas avec la rimer avec branchitude. JE HAIS LES ACRONYMES ! ... CQFD :)))
alindust
03/07/2020
NB : Pour les non initiés (:-) : API = Active Pharmaceutical Ingredient (oui, la pharma de papa a évolué et pour ma part l'expression "principe actif" m'a toujours un tantinet agacé ! Le terme "principe" ne voulant strictement rien dire de concret). Et j'avais déjà bien dit "des API" (je me fous royalement du paracétamol !) ; dans ces conditions pourquoi donc avoir repris ce qui me semble avoir été déjà très clairement énoncé ?
JPM
03/07/2020
@alindust... ATTENTION HUMOUR !... Il est bien évident qu'on a su faire et qu'on saurait(ra) refaire. Mais on a vendu les brevets avec les usines, le bébé avec l'eau du bain, l'histoire des meubles de famille chez les héritiers paresseux et incapables. Que ce soit pour la pharmacie ou l'industrie en général (aéronautique, automobile, etc...). Ce que je dis, c'est qu'au niveau EUROPÉEN, on doit relocaliser la fabrication des principes actifs, je dis DES PRINCIPES ACTIFS et pas juste le paracétamol. C'est une question de survie du système. Sinon il nous faudra également importer le système communiste qui va avec le monopole de fait.
alindust
03/07/2020
à JMP : une seule vraie contrainte : le lourd investissement de démarrage (une unité de synthèse pour qqes dizaines de millions d'euros au bas mot). Pour le reste, désolé, mais il n'y a qu'à se baisser pour ramasser : - les process sont (évidemment connus... c'est nous qui les avons créés !) - les compétences existent (évidemment !..bis) et peuvent rapidement être opérationnelles ! - et ce ne sont pas 2 balances ni un pilulier (on parle de synthèse d'API, pas de prod industrielle pharma !) qui risqueraient de poser problème... Ne confondons pas ! La question est, selon l'axe dans lequel on se place, plus simple ou plus complexe à résoudre. Pour cela, seule l'association d'industriels compétents et d'investisseurs audacieux pourra engager de réelles et indispensables réformes structurelles de la chimie pharmaceutique. Et les politiques devront inévitablement être amenés à refondre totalement la politique économique du médicament. Oui, quoiqu'il en coûte il faudra bien y venir, au moins pour qqes centaines de molécules vitales. Sinon, je vous assure que les pbs d'appro de ces dernières années ne seront qu'un avant-goût de ce qui nous arrivera prochainement... L'enjeu de santé publique est bien plus vital que ce que pense la plupart des observateurs !
JPM
02/07/2020
RELOCALISER LA PRODUCTION DU PARACÉTAMOL ?... Mon petit-fils qui vient d'avoir 5 ans me dirait "c'est un truc de ouf". Encore faut-il retrouver la formule, le mode de synthèse, les balances, broyeurs, mixeurs, piluliers et géluliers, courroies et engrenages servant à faire marcher la machine !... Sans parler des laborantins(ines), chefs, sous-chefs, directeurs et sous-directeurs. Responsables des ressources, de la qualité, du personnel, du temps qui passe... Tout ça pour une malheureuse boîte valant le prix d'une baguette !... JE DIS "BANCO", je sais c'est follement osé. Pardon... Mais pour les autres 14.893 molécules, on fait quoi ? COMMENÇONS DONC PRUDEMMENT, POUR LE RESTE ON VERRA.
alindust
02/07/2020
Les media entretiennent une confusion au sujet de la "fabrication des médocs" ! - l'Etat d'une part qui semble "découvrir" le problème ; effarant alors que, alors manager industriel, j'alertais déjà à la fin des années 90... Il y a donc plus de 20 ans !! Des risques très importants que représentaient les achats d'actifs en Inde ou en Chine) - le grand public qui ne sait évidemment pas comment se fabrique un médoc - mais aussi bcp de professionnels qui confondent "synthèse d'API" (en effet c'est bien là et seulement là que se situe le pb !) et "fabrication" (galénique s'entend !) ce qui n'est évidemment pas du tout la même chose ! Que je sache paracétamol et la plupart des médocs vendus en France sont fabriqués en France ou pas très loin en Europe... Par contre (et c'est donc aussi le pb posé aux génériqueurs) il est vrai que ces grands naïfs d'acheteurs de la plupart des labos français se sont laissés avoir depuis 20 ans par l'illusion de prix d'achats attractifs des API indiens ou chinois... Sans un instant avoir imaginé les impacts catastrophiques induits : fermeture de très nombreux sites de synthèse en France et Europe de l'ouest... Et quasi monopoles (1 seule usine pour servir l'ensemble des clients pharma !!) pour certains API. Nous héritons donc de décisions absurdes initiées il y a plus de 20 ans... Et qui n'ont fait que s'aggraver ! Bon courage pour rétablir une situation qui a peu de chance vraiment de revenir à la situation "avant" !
ledoc84
02/07/2020
Autrement dit, et, pour simplifier : plus tu pédales, moins vite, et moins tu vas plus vite !
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