Le levier de l’automédication à l’officine

L'automédication est un fer de lance de la pharmacie dite moderne avec le célèbre meuble de libre accès. Peu d’entre nous y croyaient vraiment mais finalement cela s'est mise en place naturellement et chacun conviendra que c'est une bonne chose à condition que le pharmacien fasse son devoir de conseil.

Ce n'est donc pas étonnant que ce segment progresse. D'ailleurs n’est-il pas très prisé des laboratoires ? Ce qui est plus étonnant, c’est que ce libre accès soit soutenu par les médecins. En effet maintenant les généralistes conçoivent qu'ils peuvent eux aussi conseiller ou déconseiller tels ou tels médicaments de libre accès à un patient, lui permettant ainsi de se prendre en charge pour quelques pathologies, et en ces temps de désertification médicales de soulager un peu les salles d'attentes...

 

A. PROXIMITO

 
Commentaire
JLF
30/03/2016
Vivre sur des remises plutôt que sur des marges contrôlées, au niveau du remboursable et du non remboursable,favorise les grandes structures qui peuvent négocier des prix contrairement aux grossistes et aux petites structures.. L'officine de proximité est déjà sacrifiée : aucun avenir face à la livraison à domicile des médicaments conseils ou non, commandés par internet , par de grandes plateformes.Plébiscitées car moins chères, elles seront d'ailleurs le seul modèle viable avec la télémédecine et le transfert direct des ordonnances médicales par internet. Vivons avec notre temps...
Folco Jean-Patrice
30/03/2016
C'est parce que nous avons des prix réglementés sur le remboursable que nous rencontrons des difficultés économiques, et vous voudriez que ces difficultés soient étendues à tous les médicaments. Imaginez que que les prix réglementés pour les mutuelles que vous appelez de vos voeux soient alignés sur ceux pratiqués par les pharmacies discount que vous jugez performantes et vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer. Juste pour information, les remises font partie de la marge quand elles ne sont pas distribuées aux clients pour diminuer le les prix de vente. La marge des discounters se calcule sur des prix remisés que beaucoup d'entre nous ne peuvent jamais atteindre. Le tout est malgré tout de savoir si nous voulons être des professionnels de santé ou des commerçants et à combien nous évaluons le coût de notre conseil. Si en baissant les prix il faut vendre 3 produits pour le rentabiliser il faut alors abandonner l'idée de vouloir être des professionnels de santé qui normalement doivent donner un conseil objectif indépendant des produits qu'ils dispensent. .
A.B
30/03/2016
Tout à fait d'accord avec OLIVIER G.Puisque les médecins conseillent l'OTC et l'OTC en libre service est fêté , je ne vois pas pourquoi empêcher les GMS de vendre l4OTC avec ou sans docteurs en pharmacie puisqu'il suffit d'avoir un petit papier du médecin et de chercher dans les rayons comme on le fait pour le lait ou l'alcool modifié.
cf
30/03/2016
Des prix réglementés pourraient permettre leur prise en charge par les mutuelles... Vivre sur des remises et non sur des marges favorise les magouilles et un tri sélectif de la part des fabricants vis à vis des officines les plus performantes en discount... Certes si on veut faire disparaitre le réseau, il apparait plus rapide et plus simple d'interdire l'accès des médicaments conseils aux plus petites officines comme cela s'est passé pour la parapharmacie.
Folco Jean-Patrice
25/03/2016
30% des volumes d'automédication sont à prix réglementés puisque ce sont des médicaments remboursables avec en plus une TVA à 2,10% au lieu de 10%. Certaines officines rentables trouvent même le moyen de vendre encore moins cher que le prix remboursé qui est considéré comme un prix maximum, alors croire que réglementer le prix de l'OTC pourrait être une solution relève de l'utopie d'autant plus que l'Europe n'accepte aucun encadrement des prix...... sauf pour les médicaments remboursables.
cf
24/03/2016
L'automédication marcherait si les prix étaient ... réglementés... Trop peur de passer pour des voleurs et incapable de lutter avec les grosses officines qui détiennent déjà 80 % du marché, les pharmaciens conseillent du générique et du remboursable au lieu des produits de PUB, de l'Afipa.. Les C.A. ne décollent donc pas car basés de petits prix et les laboratoires devraient revoir leur politique de sélection honteuse des officines rentables s'ils veulent faire connaitre leurs produits..., à savoir baisser leur prix fabricants et limiter leurs remises...L'exemple de la parapharmacie devenu sélective est un bon modèle de ce qui va arriver : moins de points de vente , guerre commerciale, mauvaise notoriété et finalement disparition des marques (ombrelles et autres...): Adieu doliprane,voltarene, advil, ... bonjour paracétamol, diclofénac..ibuprofène... en libre accès( une aberration) .... ( La protocolisation du conseil prônée par l'AFIPA pourra être aussi économique et qui fera la gueule, alors ..les labos..)
LE DOUJET ALAIN
24/03/2016
Automédication responsable… On en est loin… les labos, toujours plus "l'iatrogenie... connaït pas..." ce que veulent les labos "business"
Folco Jean-Patrice
24/03/2016
La lecture des rapports annuels de l'AFIPA sur l'évolution de l'automédication depuis la mise en place du libre accès montre que les volumes d'OTC n'ont pas cessé de baisser. En 2014 les volumes dispensés étaient inférieurs à ceux de 2008 dernière année avant le libre accès. L'apparition des marques ombrelles et de leurs dispositifs médicaux masque depuis peu la dégradation de ce segment. La lecture du rapport de l'ANSM sur l'évolution des volumes de 2003 à 2013 confirme d'ailleurs les rapports de l'AFIPA. Pourtant en termes de volumes la consommation française en automédication est légèrement supérieure à la consommation moyenne européenne alors que la dépense moyenne par habitant est quasiment la plus faible d'Europe. Même si les volumes ne progressent pas, les français consomment autant d'automédication que leurs voisins européens, la rentabilité n'étant pas au rendez vous à cause de la faiblesse des prix du fait que la France est le seul pays européen à rembourser des médicaments à PMF et à encadrer les PFHT des médicaments remboursables. Tout ceci fait que si l'automédication représente 17% des volumes de médicaments dispensés, elle ne représente que 10% de la marge (hors remises) distribuée par les médicaments remboursables et non remboursables. Comme 80% des parts de marché de l'automédication sont détenues par moins de 2000 officines, on ne peut donc pas parler de fer de lance de la pharmacie dite moderne surtout quand on voit comment les libres accès se transforment en self service dans les officines détenant la plus grosse part du marché.
CN
24/03/2016
N'oubliez pas que l'AFIPA qui se bat pour l'automédication, est un lobbying de l'industrie, et rien d'autre.
hurard antoine
24/03/2016
ce qui est tout aussi dramatique dans le concept d automédication , c est qu' il présuppose l examen autoclinique et l autodiagnostic ; or souvent tout cela relève d un article vu dans le dernier journal TV ou des conseils éclairés de la copine de la voisine de la tante de Pétaouchnock il faut absolument réimposer dans tout ce jargon d automédication ,notamment via des dispositifs médicaux , le médicament conseil officinal non listé , à prix administré ou libre , er savoir associer un , deux ou trois de ces spécialités pour circonscrire correctement le choix thérapeutique par rapport aux conclusions d un questionnaire clinique
Olivier G
24/03/2016
Le libre accès est une aberration ! Bien sûr que ce segment est prisé par les laboratoires, parce qu'il y voient du chiffre d'affaire en se foutant bien de la iatrogénie. D'après ce que vous dîtes, vous encouragez encore plus MEL a vouloir vendre de l'OTC. Les produits en rayon, le médecin qui fait le boulot de conseil et il n'y a plus qu'à encaisser !!! Dramatique !
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