Honoraire - on va payer le Sovaldi cette année ! (suite et fin)

Poser une hypothèse sur l'évolution du taux de TVA semble susciter dans la profession plus d'intérêt que le nombre de faillites des officines, liées, non à la marge du remboursable, mais à la concurrence et dérive commerciale des pharmacies.

Il semble ainsi que le nouveau mode de rémunération ne puisse  pas être critiqué, quand à son évolution probable, pensée unique oblige...... Charlie est mort.
La vérité semble être gênante, mais il est normal de s'étonner de voir se créer un taux de TVA de 2.1  spécifique sur des honoraires, et qui n'existe nulle part ailleurs.

Dire de plus que cet honoraire est dangereux car lié aux petits prix et aux volumes n'est pas non plus une aberration. Les baisses annoncées de prix sur le paracétamol et l'ibuprofène, ainsi que l'augmentation probable de leurs conditionnements n'augurent rien de bon, Cela démontrent bien que les décideurs du gouvernement agissent toujours selon leurs convictions et à l'inverse des intérêts de la profession qui se défend bien mal.

La suppression de la vignette, applaudie à l'époque par une partie de la profession va donc permettre au jour le jour, de changer les règles du jeu (marge, honoraire, TVA,) et cela n'est guère rassurant...
Cet honoraire qui n'apparaît déjà pas pour les LPPR, sera-t-il encore perçu demain pour les vignettes bleues et oranges par exemple ….. ??? Le futur « SMR » service médical rendu, inscrit sur les emballages aura alors toute sa signification..      L'hypothèse n'est pas absurde quand on sait que notre profession accepte déjà sans broncher de vendre des conditionnements trimestriels avec perte 1°) de marge  2°) d honoraire (2,21€ au lieu de 3x0,82)    et   3°) d'honoraire pour ordonnance complexe, non touché lors des renouvellements des autres traitements mensuels( soit 0,51€ de perçu au lieu de 3X0,51€) ….... du pain béni pour la sécu ces pharmaciens.....

Contrairement aux médecins où la capitation remplacera bientôt le paiement à l'acte (leur permettant de se partager le gâteau), le budget de la sécurité  sociale réservé au médicament (5,3 milliards d'euros de marge calculée sur le prix des médicaments prescrits) se concentrera de plus en plus sur un petit nombre de malade et de produits chers :   la rémunération du pharmacien qui dépend du nombre de patients remboursés et du nombre de leurs médicaments vignettés  n’est donc  pas viable. Ce ne sont pas non plus les honoraires liés au suivi des AVK, Asthmatiques et futures vaccinations qui changeront grand-chose, sauf peut-être une nouvelle guerre  entre pharmacies.

En conclusion, notre métier et notre rémunération sont devenus de vraies usines à gaz, sans visibilité et sans avenir,  usines à gaz prêtes à exploser.

Signe et persiste,
JL FONTAINE
Commentaire
Bertrand
06/02/2015
@Laure : l'honoraire est, je pense, une bonne chose pour vous. Il ne va pas changer radicalement l'économie de votre officine mais il va dans le sens de la reconnaissance que vous recherchez pour votre acte de conseil. On peut toujours souhaiter plus mais il faut replacer les choses dans le contexte économique global actuel. @JL Fontaine : la Fédé qui a signé et qui l'assume l'a fait sur la base de simulations chiffrées. Son objectif était de léser et de favoriser le moins de pharmacies possibles (statistiques, pyramides de Gauss...). L'objectif premier est une transition vers l'honoraire afin de s'éloigner de la marge uniquement commerciale. Il n'y a pas de complot... Cela n'empêchera pas certains confrères (c'est douloureux de les appeler ainsi) de toujours vouloir tirer la couverture à eux, que ce soit médiatiquement en critiquant à tout va la réforme ou économiquement en voulant capter la clientèle avec un pseudo forfait annuel de 25€ en l'échange de la non facturation des honoraires pour les boîtes remboursées vendues sans ordonnance. Notez à ce sujet qu'il faudra que le patient achète plus de 30 boîtes pour rembourser son forfait de 25 €. C'est une carte de fidélité maquillée. Je suis pour le conseil, je suis pour une profession responsable et j'essaye d'être exemplaire dans mon officine. Je respecte tout ceux qui ont la même démarche que moi.
JL F
06/02/2015
Les pharmaciens qui peuvent compenser le "don" d'honoraire par des remises commerciales des laboratoires supplémentaires vis-à-vis des autres, ou tout simplement pour attirer de nouveaux patients, seront toujours les maitres du jeu. Tous les autres officinaux seront bien obligés de suivre, ou de fermer boutique. Les faillites constatées ne sont pas le fait des baisses de marge, ces dernières années, mais bien à cause de la concurrence, et pour moi, l'invention de cet honoraire de se justifiait pas.
laure
05/02/2015
@BERTRAND Pour vous répondre je suis titulaire du DU d'homéopathie, par conséquent pour délivrer des conseils adaptés j'y passe du temps voyez-vous ! Je ne fais pas QUE délivrer les ordos des homéopathes Donc 15 minutes pour vendre 3 tubes par exemple faites le calcul ...... Je ne vais pas pleurer car j'y gagne en confiance de la part des clients mais quand même.
FONTAINE JL
04/02/2015
Pour répondre à Bertrand, et compléter mon article, je dirais que cette situation catastrophique ne fait pas que des malheureux dans la profession. Certains sont en train littéralement de se goinfrer et Mme Adenot pourrait donner un top 10 de ces réussites flagrantes, en parallèle de son top 10 des faillites, car tout le monde connaît ces pharmacies… Ceci souligne que les intérêts des uns (Ordre, syndicats, groupements ...) sont très divers, voir contradictoires : Ce qui est sûr, c'est que la sauvegarde de toute la profession n'est pas forcement un but pour ces instances sinon cela se saurait, cela s'entendrait, cela mobiliserait... Quand à moi, Mr bertrand, j'ai déjà donné, et je n'en dirais pas plus, sauf que l'on trouve dans ces instances, de nombreux procéduriers, qui ne supportent pas qu'on dise certaines vérités (qui dénoncent la dérive commerciale de la profession) ...
Jean-Paul
04/02/2015
Curieuse histoire... J'ai vendu mon officine en 2007 pour prendre ma retraite après une bonne trentaine d’années de bons et loyaux services. Déjà en 2007 on disait la même chose et ça m'a incité à accepter l'offre de rachat un peu avant mon 65ème anniversaire. Ce n’est pas tout... Quand je me suis installé pour la première fois, milieu des années 70 (les moins de 20 ans d'exercice ne peuvent pas comprendre), on disait que la pharmacie c'était fini. Les Pharmacies Mutualistes auraient notre peau! J’ai quand même survécu honorablement une petite quarantaine d’années, et ma réflexion est la suivante… Le temps a passé et notre profession a bougé, mais mal, très mal. Comme un mauvais photographe. Le cliché est flou. C’est d’ailleurs l’image que nous avons actuellement : FLOUE. Dans les années 90, l’idée était d’augmenter rapidement le CA, de revendre, d’empocher la plus-value, d’acheter plus gros, de revendre, et ainsi de suite. On parlait donc uniquement du CA et non de l’EBE nourricier. Le pharmacien et/ou le banquier ne lisaient qu’une ligne sur le bilan : le CA. Sont donc arrivés des « jeunes pharmaciens dynamiques qui avaient tout compris ». Ils ont tout inventé, bradant les produits non vignettés, pilules et vitamines, là ou personne ne demandait rien. Les fumeurs payaient leurs clops sans broncher, les automobilistes faisaient le plein sans contester, les alcooliques le faisaient également sans chipoter sur le prix de la vodka. Aux yeux du monde apoplectique, la profession officinale se révélait alors : mercantile et scandaleusement profiteuse de la misère humaine. « C’est dingue ces types en blouse blanche qui gagnent leur vie !!! … ». Alors que Mère Teresa ou l’Abbé Pierre avaient la véritable vocation. « 50 millions de cons » s’est alors jeté dans la bataille - faut vendre du papier. Résultats : les comparaisons des prix pratiqués ont fait les unes des journaux, ainsi que les reportages en caméras cachées entre les shampooings, les laxatifs et les mixtures poly vitaminées. Nous étions démasqués ! Il y eut ensuite les mêmes « jeunes pharmaciens dynamiques » pratiquant la journée continue, toujours pour gonfler le CA en vue de la rente finale. Bonjour l’explosion des charges salariales… L’effet de ciseau était inévitable : plus de salaires, moins de marge, ça commençait à tanguer. Nous avons alors perdu notre rentabilité. Ce fut ensuite la fuite en avant : baisse des prix pour « mieux écouler », histoire de trésorerie simplement. Faut bien payer les factures, même si les invendus représentent potentiellement le bénéfice. On verra avec le représentant au prochain passage. Entre-temps, les produits « bidon » sont arrivés en masse. Les « compléments alimentaires » labellisés « vente en pharmacie et parapharmacie », autrement dit les placebos cautionnés d’office par les potards ramollis qui n’osent pas dire qu’à part les AMM, c’est du pipeau et que les pubs sont mensongères. On est alors devenu les hommes et femmes sandwich des Somatoline (ça marche…), Truc ventre-plat, soupes hyperprotéinées et tout ce bazar qui remplit la moitié des étagères OTC. Nous avons alors perdu notre dignité. Alors quand on n’a plus sa dignité - je ne dis pas ça pour tout le monde - mais ceux qui en ont le moins sont ceux que l’on remarque le plus. Un peu comme les femmes de faible vertu ou les gigolos sur la Croisette… Notre pouvoir de conviction est désormais évaporé. Qui va nous écouter ? Qui va « gagner » à nous écouter ? Puisqu’on n’est plus crédibles aux yeux du grand public, pourquoi retiendrions-nous l’attention des politiciens ? Une fois de plus je ne dis pas ça pour tout le monde… Bon, maintenant si quelqu’un a des idées, j’ai hâte de les lire. Bien confraternellement.
Bertrand
04/02/2015
@Laure : 0.82 €, c'est un moyen de mettre le pied à l'étrier pour les prochaines négociations. Faire plus aurait déstabilisé le réseau car toutes les officines n'ont pas la même typologie. Ne rien faire serait aller dans le mur. Par ailleurs, combien de temps passez-vous à délivrer une boîte de paracétamol ou un tube de granules d'homéo ? J'apprécie d'être un peu mieux rémunéré sur ce point. Pour les grandes boîtes de paracétamol, nous verrons bien si elles sortent !!! Si vous avez de bonnes idées, adhérez à un syndicat et allez aux réunions pour construire la défense et l'avenir de la profession.
Tajan Pierre
04/02/2015
Amusons nous donc à se faire peur. Compte tenu du machiavélisme de nos dirigeants et de la bêtise supposée (naïveté,couardise ...) de nos représentants signataires du texte, cet honoraire de 0.80 € HT puis 1 € HT pourrait se voir appliquer à l'avenir une TVA à 20 % . Et alors ? Où est le scenario catastrophe annoncé par M.Fontaine ? Nous toucherions toujours 1 € HT d'honoraire plus 0.20 € que nous reverserions à l'Etat. Opération neutre comme tout ce qui concerne la TVA pour laquelle nous ne sommes que collecteurs. Par contre, pour la Sécu surcoût net de 0.18 € par boîte facturée, ce qui rend l'apocalypse très improbable ... Un peu de recul s'impose ! Ce qui est appelé honoraire à la boîte n'est en fait que la marge appliquée à la première tranche de MDL isolée du reste de la marge commerciale. On aurait pu tout aussi bien l'appeler forfait de dispensation ou minimum de perception ... Celà reste une variable permettant de piloter facilement la marge globale dévolue au réseau pharmaceutique par convention avec l'Assurance Maladie (puisque dorénavant les pharmaciens sont des professionnels de santé rémunérés pour moitié à l'honoraire), sans avoir à modifier à chaque fois la grille MDL, afin de compenser les baisses de volumes et de prix des médicaments qui ne peuvent que s'amplifier. L'honoraire est une sécurité, le danger étant bien les baisses conjuguées, incontrôlables par les pharmaciens, des volume et des prix imposées aux prescripteurs et aux industriels du médicament . Pour en rajouter dans la série noire attendons le troisième billet de M.Fontaine nous annonçant la non déductibilité programmée de la TVA payée sur les achats, du fait de la perte du statut de commerçant du pharmacien le jour où, abandonnant une rémunération mixte comme le souhaitent certains, il sera entièrement rémunéré à l'honoraire. Ce qui était sans doute "posé en hypothèse" dans son deuxième billet ...
laure
04/02/2015
C'est incroyable , on est tous conscient qu'on va droit dans le mur et rien ne se passe ! En lisant les commentaires c'est flagrant !! Les pharmaciens se tirent dans les pattes, les syndicats ne supportent pas qu'on critique une mesure que eux-même n'acceptent pas. Pardon mais 0,82 euros serait la reconnaissance d'un acte pharmaceutique ???????? Vous vous moquez de qui là ? Du coup le paracétamol va être conditionné en grosse boite, notre marge va se faire sur l'homéo ! BRAVO Si personne ne peut rien qu'on nous laisse au moins le droit de vendre autre chose !!!!
Claire
04/02/2015
Les jeunes, ils font quoi? Ils sont le nez dans le guidon (ou sur le comptoir) à bosser 60 heures par semaines pour espérer survivre jusqu'à la fin de leur remboursement!!!
Bertrand
04/02/2015
Les syndicats qui ont signé l'ont fait au nom des pharmaciens qu'ils représentent. Si certains pharmaciens pensent que ce qui a été signé n'est pas juste, qu'ils adhèrent à un syndicat si ils ne sont pas déjà adhérents et qu'ils contribuent (bénévolement) au fonctionnement de ce syndicat en participant aux différents conseils d'administration. On ne peut pas pleurer et critiquer si l'on n'est pas soi-même actif. Imaginez aujourd'hui les mêmes modifications de conditionnements, les mêmes baisses de prix sans l'honoraire. Cet honoraire a justement pour objectif de nous sortir en partie du risque d'une marge basée uniquement sur un prix de vente, lui même administré et qui baissera encore au cours des années à venir. Cet honoraire, c'est aussi la reconnaissance d'un acte (intellectuel) pharmaceutique. L'autruche, si elle ne veut pas se faire bouffer, doit sortir la tête du trou et regarder la réalité en face pour pouvoir l'affronter. A nous de jouer...
sandrine
03/02/2015
Que font les jeunes ?? Ben rien tiens ! suivis par qui ???? Moi je dis que fait le conseil de l'Ordre ?? et les syndicats ?? un peu de lobbying ne ferait pas de mal ( vu le montant des cotisations ....) Estimez-vous heureux je n'ai pas encore fini de rembourser ....
lefevre remi
03/02/2015
Du goudron et des plumes pour ceux qui ont signés !!!!!
BECKER ROBERT
03/02/2015
Après 40 ans de bons et loyaux services, nous les privéligiés, les petites pharmacies, menées à la force du poignet, du courage, du sacrifice, RV à la fosse commune!!
Bertrand
03/02/2015
Ne rien faire ne serait-il pas plus dangereux encore ???
Sylviane Gerling-Kolmer
03/02/2015
Tout à fait d'accord avec votre analyse. Les mesures acceptées par notre cher syndicat ne nous permettront pas de survivre . Pour les petites officines tout est dit : ce sera la disparition pure et simple du point de vente d'ici quelques années. Avant cela , il faudra prendre la difficile décision de licencier pour survivre, et par conséquent, comme les dix 1ères années de mon installation, je me remettrai au comptoir à 100 %, sans vacances ni jour de congé en semaine ... après 25 ans d'exercice. Je travaillerai le soir pour livrer les patients qui ne peuvent se déplacer et travaillerai jusqu'à 23 heures ou plus pour m'occuper de la paperasserie ... L'avenir de la profession de pharmacien ? Je suis dépitée...
Pages Jean-Max
03/02/2015
He bien moi je m'inquiete déjà pour notre avenir, à l'aube de ma retraite (toute petite malgres de tres grosses cotisations), je me demande pourquoi nous avons fait un effort de 5 a 6 an d'etudes , apres le BAC, non negligeable intellectuellement et financièrement ; pourquoi partant de zero pour beaucoup nous avons encore fait un gros effort financier pour l'achat de nos officines sans savoir si dans 5 ans elles vaudront encore quelque chose ! Alors il serait temps que cette profession se reveille et arrete de faire l'autruche et encore je me demande si je n'insulte pas l'autruche ! Le bonjour a tout les ramollis du bulbe !
Avignon Jean Laurent
03/02/2015
Quel optimisme ! Ce n'est pas la fin de l'officine ! D'accord sur ces bases on y va à grands pas, c'est votre destin ? " Pas de destin mais ce que nous faisons " . Battons-nous nombreux, ne nous laissons pas mener à notre perte, le bon côté c'est qu'on se rend compte au lieu de croire, ceux qui ont compris doivent informer leurs amis de ce qu'ils savent pour faire changer les choses. N'adhérons pas aux syndicats qui ne nous défendent pas. Heu ... les jeunes, ils font quoi ?
domenger daniel
03/02/2015
Tout à fait d'accord. On accepte tout et on se fait plumer à chaque fois. Bientôt on ne pourra plus faire face.
Dallemagne evelyne
03/02/2015
Bien d' accord avec vous, je m'inquiète pour l'avenir de nos jeunes confrères.
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