Opiacés : le fondateur d'un laboratoire américain condamné

Le fondateur du laboratoire pharmaceutique Insys a été condamné jeudi à une peine de cinq ans et demi de prison pour avoir payé des médecins afin qu'ils prescrivent ses médicaments opiacés, une première pour le patron d'un laboratoire. 
Agé de 76 ans, John Kapoor avait été reconnu coupable d'association de malfaiteurs en mai 2019 par un tribunal fédéral de Boston, à l'issue d'un procès de dix semaines. Six autres anciens dirigeants d'Insys avaient déjà été condamnés à des peines allant de 12 à 33 mois d'emprisonnement.
Pour augmenter les ventes de leur spray au fentanyl, un antalgique 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, les dirigeants avaient mis en place un stratagème à grande échelle. Entre 2012 et 2015, ils ont rémunéré des professionnels de santé pour prescrire en grande quantité le spray antidouleur commercialisé sous le nom de Subsys à davantage de patients que médicalement nécessaire et forcer les doses au-delà des limites fixées. Officiellement, les versements étaient effectués en échange d’interventions de ces médecins devant d’autres professionnels de santé pour leur vanter les bienfaits du médicament. Certaines années, Insys a versé plus de dix millions de dollars de cette façon. 
Les dirigeants du laboratoire avaient également mis en place un stratagème pour faciliter le remboursement du fentanyl par les compagnies d'assurance santé.
Selon le rapport annuel d'Insys, les ventes de Subsys ont atteint 329,5 millions de dollars en 2015. Le groupe était entré en Bourse dès 2013. En 2017, plus de 28 000 Américains sont morts d'une overdose de fentanyl ou d'une drogue équivalente, de la famille des opiacés synthétiques.
John Kapoor, un ancien milliardaire, avait démissionné du conseil d'administration en octobre 2017, quelques jours après son inculpation. Dans le cadre d'un accord amiable avec le ministère américain de la Justice, Insys avait accepté, en juin, de verser 225 millions de dollars pour solder les poursuites contre l'entreprise. Mais quelques jours plus tard, le groupe a déposé le bilan pour préparer la vente de tous ses actifs, évaluant leur valeur entre 100 et 500 millions de dollars. Cette procédure met en péril le versement intégral des indemnités prévues pour l'Etat américain.

Source : AFP 24/01/2020
Commentaire
Jean-Pierre JOLAS
24/01/2020
Même question ! Qu'en est-il des prescripteurs ?
Marie-Odile MARCHAL
24/01/2020
Pas cher payé pour ce "monsieur"... Et les médecins qui se sont fait payer, que leur est-il arrivé ?
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