Budget : légère respiration pour l'industrie du médicament ?

Selon les informations détenues et publiées par les Echos en date du 24 septembre, « Emmanuel Macron a annoncé en juillet aux laboratoires pharmaceutiques que leur chiffre d'affaires pourrait croître de 1 % au lieu de 0,5 % en 2019 » reconnaissant ainsi la forte contribution de l'industrie au redressement des comptes de l'Assurance maladie, ce qui sera encore le cas l'an prochain. Selon des sources concordantes, peut-on lire dans les colonnes des Echos, c’est en petit comité, lors d’un dîner réunissant plusieurs représentants d'entreprises pharmaceutiques, qu’Emmanuel Macron a annoncé ce relèvement surprise du taux de progression du chiffre d'affaires du médicament.
Mais, au-delà de ce pourcentage de hausse, les industriels doivent payer des pénalités élevées, correspondant à la « clause de sauvegarde », une mesure rétroactive qui sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté lundi prochain. En effet, le comité d'évaluation des produits de santé (CEPS) qui négocie des remises sur les prix des médicaments et des dispositifs médicaux a permis en 2018 plus de 1,9 milliard d'euros d'économies via les remises, soit 540 millions de plus que l'année précédente, et 300 millions de plus que ce qui était prévu. De plus, le CEPS a réalisé 100 millions d'économies de plus qu'attendu en négociant des baisses de prix importantes, pour compenser l'arrivée en officine des traitements contre l'hépatite C et de l'anticancéreux Imbruvica, des molécules onéreuses qui étaient uniquement dispensées à l'hôpital. Les baisses les plus fortes ont porté sur le neuroleptique Abilify, Crestor et Tahor contre le cholestérol, ou Inexium contre l'acidité stomacale. Les prix ont également chuté pour le traitement préventif du VIH Truvada, en raison de l'arrivée d'une molécule concurrente.
La valeur du geste présidentiel équivalant à environ 110 à 120 millions d'euros, selon une source industrielle, pourrait donc être qualifiée de « compensation partielle » des 400 millions d'euros de détérioration du chiffre d'affaires net essuyée en 2018 via des remises et des baisses de prix plus fortes que prévu. Par ailleurs, les économies se poursuivront le reste de l'année prochaine, où le taux sera ramené à nouveau à 0,5 % alors que le gouvernement estime à 4,5% la croissance naturelle des dépenses d'Assurance maladie en 2020 et que selon un rapport récent de l'Institut Montaigne, « près de la moitié des économies nouvelles prévues chaque année dans l'Objectif national de dépenses d'assurance-maladie se concentrent sur les médicaments, alors même que les dépenses de médicaments représentent moins de 14 % de la dépense courante de santé ».

Source : Les Echos 24/09/2019
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