Bientôt une carte Vitale à durée limitée ?

Un rapport de la sénatrice (UDI) Nathalie Goulet et de la députée (LREM) Carole Grandjean sur la fraude aux cotisations et aux aides sociales vient d’être remis au gouvernement. Sans chiffrer le montant de la fraude sociale, des mesures spectaculaires sont proposées : preuve de vie, carte Vitale à durée limitée avec contrôle physique et biométrique de sortie de territoire. 
Missionnées fin mai par le Premier ministre afin de « procéder à une évaluation robuste et objective du coût de la fraude aux prestations sociales », les deux parlementaires ont seulement mis en évidence des « approximations » dans les statistiques de l'Insee, qui recense notamment plus de 3 millions de centenaires « réputés en vie ».
« Il nous faut des précisions sur les prestations versées avant d'avoir une estimation chiffrée », a expliqué Carole Grandjean qui souligne « la volonté gouvernementale que le sujet soit posé ». « Nos propositions doivent commencer à peser dans le débat », a-t-elle affirmé, alors que le rapport final doit être remis fin septembre, période de présentation des budgets de l'Etat et de la Sécu. Parmi les idées avancées, les élues envisagent l'obligation pour tous les assurés sociaux de fournir « une preuve de vie chaque année et de déclarer chaque changement de domicile, ou de s'inscrire au consulat pour ceux résidant à l'étranger ». La suggestion est également faite de « limiter la durée des cartes Vitale, en particulier « si l'assuré quitte le territoire », a précisé Mme Grandjean, citant le cas des étudiants Erasmus. De manière générale, l'idée est de « sortir du déclaratif » en croisant les bases de données informatiques des administrations, mais aussi en renforçant « le contrôle physique et le passage à la biométrie (qui) sont les seules méthodes fiables ». « Il faut que la volonté de ceux qui luttent contre la fraude l'emporte sur l'immobilisme », a insisté Mme Goulet, qui souhaite d'ici la fin de l'année « augmenter les objectifs » fixés aux différentes caisses de sécurité sociale.

Source : AFP 04/09/2019
Commentaire
alindust
05/09/2019
Il y a bien longtemps que le législateur aurait dû anticiper (date limite de validité intégrée) ! Comment ne pas avoir envisagé la multiplication des fraudes à notre si merveilleux "distributeur automatique de billets" ? Quelle naïveté ! Pour ce qui est de la durée de validité, inutile évidemment de refabriquer une carte arrivée à péremption : il suffit que le titulaire de la carte se présente à une caisse de SS... une manip et hop nouvelle péremption.... Un peu comme pour le Crédit Agricole : "le bon sens près de chez vous" !
Baudin Bertrand
05/09/2019
Je fais quoi en mettant à jour les cartes Vitales ?
David M.
05/09/2019
J'adore ce fonctionnement sans parti-pris aucun : on missionne une équipe pour un rapport et sans attendre les résultats ou sans résultat objectivable, on propose tout de même des mesures dont on ne sait si elles seront adaptées ou pertinentes pour répondre à un problème qu'on n'aura pas cerné. Si ça se trouve, le coût administratif et technique de ces mesures va être plus élevé que le montant des fraudes aux aides sociales. « Il faut que la volonté de ceux qui luttent contre la fraude l'emporte sur l'immobilisme » C'est bien beau de faire preuve de volonté, encore plus de savoir comment s'en servir.
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