Officines : vers une superposition des modèles économiques

Les premiers amphis de l’Officine organisés hier par la FSPF à la maison des pharmaciens (Paris 9ème) a été l’occasion de débattre du modèle économique de l’officine de demain. Pendant longtemps, l’idée de « pléthore officinale » a été étroitement associée à celle de pharmacie de proximité. Selon Claude Le Pen, économiste (Université Paris Dauphine) expert de l’univers pharmaceutique depuis de nombreuses années, nous assistons aujourd’hui à une « distension du tissu officinal » avec d’un côté les petites pharmacies, premières concernées par les fermetures, pour peu que leur localisation ne leur offre aucune possibilité de regroupement, et de l’autre les très gros points de vente, axés sur le discount, soutenus par les fonds d’investissement, mais qui paradoxalement sont aussi les plus à même d’investir dans les nouvelles missions, disposant à la fois de la surface et du personnel requis. De là à parler « d’effet pervers des nouvelles missions » au profit de ces géants… Un état de fait qui appelle une politique plus ciblée, en capacité de réconcilier le modèle économique des petites officines et des « monstres » qui se sont développés alors que les conditions de rémunération sont à ce jour les mêmes pour tous. Taxer les géants, garantir un minimum de chiffre d’affaires aux pharmacies installées dans les territoires sous médicalisés comme c’est le cas dans certains pays ? Encore faut-il convenir d’une politique, définir les zones à risque et se donner les moyens d’agir pour préserver une offre de proximité. Dans cette optique, les ARS ne seraient-elles pas mieux armées que la CNAM pour adresser les disparités qui s’expriment au sein des territoires ? Non seulement nous assistons aujourd’hui à un changement de modèle économique de l’officine mais une superposition de plusieurs modèles économiques se dessine clairement. Rien de pourra arrêter les modèles de distribution efficace, le développement des ventes sur Internet. Pour autant, la télémédecine ne pourra compenser les problèmes de démographie médicale que si les petites pharmacies restent en place.  

Source : Celtinews 18/06/2019 
Commentaire
CF
21/06/2019
Double langage des syndicats qui se servent comme d'habitude de la survie des petites officines comme un moyen de conserver des avantages considérables pour les grandes pharmacies (remises commerciales scandaleuses qui créent une concurrence déloyale pour voler la patientèle des petites officines de proximité).. Personne n'est dupe.. D'ailleurs quand les syndicats signent des nouvelles missions réservées de fait aux officines nanties en personnel qualifié, ce n'est pas pour avantager les officines où le titulaire travaille seul ou avec un assistant à temps partiel (soit 38 % des officines).. Le courage serait de dire qu'il faut fermer toutes les officines de moins de 3 millions, chiffre souvent donné pour une pharmacie idéale destinée aux futures missions, bilans, vaccinations, télémédecine, Internet Etc... Quelques (gros) groupements de pharmaciens sont tout à fait capables de remplacer notre gros réseau et orienter notre profession vers le modernisme.. Leurs pions semblent d'ailleurs être bien placés parmi nos représentants ( ou non) pour conseiller nos politiques vers un avenir radieux (pour eux). Utilisons les ROSP pour indemniser des fermetures mais pas pour conserver ces officines sans avenir ni intérêt..
sp
20/06/2019
D'accord avec maignan, les "petites" officines sont souvent rentables , et devraient être la porte d entrée des jeunes indépendants disposés à ne pas compter leurs heures et désireux de devenir titulaires.
A COGITO
19/06/2019
Vous avez raison tous les deux, mais en tenant compte de deux paramètres que Monsieur Claude Le Pen a omis de prendre en compte : 1 pour ce qui concerne la télémédecine, c'est effectivement génial et il faut effectivement des PHARMACIES sur place, "en durs". En effet (dans un cadre de libéralisme et d'Europe) il semble que des sociétés se mettent en place au Luxembourg avec de vrais médecins homologués en France pour diagnostiquer à distance, acheter n'importe où, en rompant le contact personnalisé patient / traitant / dispensateur (notion de chaine). 2 il existe une différence entre le POLITIQUE qui décide de façon louable (missions, CPTS...) et L'ECONOMIQUE qui paie les salaires, les investissements, sachant QU'IL FAUT GARDER en mémoire l'essentiel : le PATIENT (rentabilité des actes, des investissements et efficience des actions(contrôles) au service du plus GRAND NOMBRE de patients) ..................................c'est pas gagné. Notons quand même que le terme "petit ou grand" ne signifie rien il y a de grandes officines qui sont en protocole qualité assure un service parfait et inversement (nous le savons tous). D'autant que quand l'argent manque des exactions sont hélas possibles. Pour le reste ; "DONNER" via ARS, SS ou "IMPOSER" via des taxes c'est démotivant, destructeur de société et de modèle économique innovant tout en laissant la place à d'autres (Europe oblige). Enfin les ventes sur Internet ne changeront rien elles sont désormais actées par Mme la Ministre de la Santé et possibles pour les 22 500 pharmacies en FRANCE avec des contrôles à postériori et non à priori ...... ceci pour les "petites ou grandes" pharmacies (les grossistes, groupements, syndicats et l'Ordre sont sur les rangs pour aider la profession sans discrimination). A COGITO
maignan
19/06/2019
Les mailles du réseau se distendent, en partie à cause du "cassage d'image" que certains font subir aux petites officines, qui pourtant depuis 10 ou 12 ans que ca dure, continuent a être vivantes... et a faire vivre leur titulaire. Mais a 70-75 ans, constatant que l'on déconseille sans arrêt, avec un pouvoir de convaincre fort (les experts comptables), aux jeunes de racheter "petit", le vieux pharmacien ferme. Et le jeune, qui n'a pas d'apport personnel abondant, n'a pas les moyens de voir plus gros. Et ça fait 2 perdants. Heureusement, les hypers sont arrivés au début de leur fin de carrière, et les officines obèses de leurs galeries vont s'étioler devant Amazone, comme l'ont fait les grosses de centre ville quand les hypers ont commencé. Le Réseau va donc devenir plus solide en récupérant un C.A qui lui échappait en partie vers les galeries marchandes, et la survie du maillage sera la conséquence de ce rééquilibrage, que les instances professionnelles doivent bien évidemment soutenir et encourager. Quand aux nouvelles missions, avec un peu d'organisation, les petites les font sur rendez vous, car elles ne comptent pas leur temps. Et avec des faibles frais contraints de personnel et de bail commercial, on est avantagé.….
MAZZONI Jean-charles
19/06/2019
Satisfait de constater, enfin, une réflexion de fond qui débute sur les modèles officinaux, avec les pharmaciens titulaires notamment. Pour mémoire, les réunions syndicales il y a quelques années n'étaient pas consultatives (cf passage "en force" des syndicats, sans véritable consultations, de la convention il y a quelques années ) Pour mémoire, cette superposition de modèles officinaux a été largement cautionnée par les syndicats et l'ordre des pharmacien... et l'état ..........sic, récemment, l'autorisation de l'ouverture d'une "pharmacie", si l'on peut appeler cela comme ça, de 14 000 m2 au Havre. Bien confraternellement, M. MAZZONI Pharmacien titutlaire
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