Prestataires de santé à domicile : la colère gronde

Les prestataires de santé à domicile (25 000 salariés en France, dont 4 000 pharmaciens, infirmiers, diététiciens …) prenant en charge 2 millions de patients ont appelé le gouvernement à revoir leur statut pour être considérés comme de véritables partenaires.
Blasés, dévalorisés, ils revendiquent un vrai statut d'acteur de santé. Or le 18 mars 2019, l'ensemble des amendements déposés à ce sujet dans le projet de loi de santé ont été jugés irrecevables. Parallèlement, plus de 150 millions d'euros d'économies ont été demandés pour 2019, dont 100 millions sur les prestations de stomies et sondes, « mettant en péril la viabilité du secteur de la santé à domicile », selon la Fédération qui les regroupe. 
Parmi les revendications, la profession juge que la dénomination actuelle de « prestataires de service et les distributeurs de matériels » est « trop réductrice et ne correspond plus à l'activité réelle de ces professionnels ». Elle réclame le nouveau titre de « prestataire de santé à domicile ». Compte tenu de son rôle central dans la coordination des soins du patient, la profession se voit comme un moyen de lutter contre les déserts médicaux mais aussi comme un maillon du transfert de soins de l'hôpital vers la ville, correspondant au souhait exprimé par le gouvernement dans le plan « Ma Santé 2022 ». C'est dans ce contexte qu'elle réclame le « statut d'acteur de santé, à part entière » avec accès au DMP pour partager l'ensemble des données patients dont elle est déjà détentrice ou encore favoriser le développement de nouvelles prises en charge à domicile (dialyse et chimiothérapie), en respectant « des conditions de sécurité optimales », selon la Fédération.
Le secteur se dit encore confronté à des baisses de financement « drastiques », « purement comptables » et « particulièrement dangereuses pour les patients eux-mêmes ». Dans un contexte tendu, la profession se dit même prête à être rémunérée « à la performance », lorsque le patient adhère réellement à son traitement, un dispositif qui aurait démontré son efficacité dans le cadre du télésuivi de l'apnée du sommeil mené depuis début 2018. Malgré ses espoirs, la Fédération s'est heurtée au mur législatif et la colère gronde. La manifestation prévue pour mardi matin à Paris sous les fenêtres du ministère de la Santé, a été reportée après l'incendie de Notre-Dame de Paris.

Source : Handicap.fr 15/04/2019
Commentaire
SIFFRE MICHEL
21/04/2019
Ben oui, on peut aussi directement leur donner le diplôme de médecin ou de pharmacien ; ainsi ils pourront s'occuper de la prescription, de la livraison de la délivrance et des explications qui vont avec ... Quoi que, ils le font déjà illégalement et personne ne leur dit rien malgré les remontées vers les ARS et les CPAM. Quant au libre choix du patient, étonnant, ils n'y tiennent pas vraiment ; allez savoir pourquoi :)
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