Hyperactifs : les prescriptions de Ritaline continuent d'augmenter

Sous le nom de Ritaline (ou Quazym LP ou Concerta), les prescriptions de méthylphénidate ont augmenté de 24% ces deux dernières années créant l’inquiétude chez certains spécialistes. Le méthylphénidate est un « psychostimulant indiqué dans le cadre d’une prise en charge globale du trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), chez l'enfant de 6 ans et plus », explique l'Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm).
« Toutes spécialités de méthylphénidate confondues, ville et hôpital compris, 738 419 boites ont été vendues en France en 2016 et 809 225 en 2017 soit une augmentation de 24% depuis le rapport précédent », indique l’ANSM dans son rapport publié fin février 2019.
« Même si elle est parfois indispensable, les médecins ont tendance à prescrire [la Ritaline] trop rapidement car il n’y a pas d’autres solutions et qu’ils doivent aller vite », déclare dans le Parisien, Hélène Fresnel, journaliste et coauteure de l'ouvrage « Homo Drogus », publié le 6 mars. Etant donné le succès de la Ritaline dès la fin des années 2010, l'ANSM avait publié une méthode pour encadrer son utilisation. Appelé « cocaïne des enfants », le méthylphénidate peut « ralentir la croissance et la prise de poids » chez ces derniers et en cas de mauvais dosage, « peut entraîner un comportement anormal, des hallucinations, des idées délirantes, une dépendance (...) et une accoutumance ». Ce produit se trouve officiellement parmi les « substances classées comme stupéfiants ».
Dans un article du 1er février 2019, la revue médicale Prescrire souligne également « ses effets indésirables cardiovasculaires et neuropsychiques parfois graves. Il est à proposer uniquement en dernier recours, en cas d'échec de mesures non médicamenteuses ».
Dans son dernier rapport, l'ANSM déclare que « la toxicité cardiaque long terme est mal connue » pour la Ritaline et demande « la mise en place d’un bilan cardiovasculaire comprenant un électrocardiogramme (ECG) avant la mise sous traitement », en attendant le résultat d'études sur le long terme, notant toutefois que son utilisation en France « reste faible notamment en comparaison à d’autres pays européens ».

Source : BFM TV 05/03/2019 
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