Nouvelles missions des pharmaciens : les médecins sonnent l’alerte

« Prévention, addictions, nutrition, vaccination… Trop, c'est trop ! »,  peut-on lire dans la presse médicale. Plusieurs des 15 mesures présentées par l'Ordre national des pharmaciens pour « renforcer le rôle » des pharmaciens dans la prévention ne passent pas auprès de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).
L'Ordre estime par exemple que les pharmaciens peuvent très bien réaliser « des entretiens formalisés de prévention »  à différents âges de la vie (25 ans, 45 et 65 ans), mener des entretiens pharmaceutiques rémunérés « d'initiation puis de suivi de l'aide à l'arrêt du tabac », prescrire « le cas échéant » des substituts nicotiniques remboursés par la Sécu ou formaliser une intervention dédiée au repérage du mésusage de médicaments.
Même si l'Ordre précise – pour les bilans de prévention par exemple – que « l'information du médecin traitant serait formalisée par une lettre de liaison ou par la messagerie sécurisée », ces propositions ont fortement agacé la CSMF. Son président Jean-Paul Ortiz fait valoir que la consultation globale de prévention est demandée depuis longtemps par la profession, à des âges clés de la vie. « Sans nier leur apport, l'accorder aux pharmaciens alors qu'elle ne l'a pas été aux médecins serait pour le moins saugrenu et croquignolesque », déclare -t-il. « La prévention est l'affaire de tous. Que le pharmacien ait un rôle, il n'y a pas de doute. Mais ce n'est pas à eux de faire les bilans de prévention ». Pour la CSMF, en revanche, le pharmacien est l'expert du médicament. « Les propositions d'évolution qui leur permettent d'apporter leur expertise pour améliorer l'observance du médicament sont acceptables. Mais si elles dépassent le périmètre, elles ne pourront se concevoir que dans le cadre d'une équipe coordonnée sous l'égide du médecin », précise encore Jean-Paul Ortiz. Même chose pour les thèmes de santé publique (tabagisme, alimentation, dépistage de certains cancers) qui ne peuvent se concevoir qu'« avec les médecins concernés ». « Les modifications des contours de métier et des rôles de chacun ne doivent pas se faire de façon unilatérale par l'Ordre des pharmaciens ». La CSMF se dit prête à dialoguer avec la représentation professionnelle des pharmaciens ainsi qu’avec les autres professionnels de santé.

Source : Communiqué CSMF 28/11/2018 et presse médicale professionnelle 
Commentaire
Gilet Jaune
03/12/2018
Messieurs des syndicats de médecins, votre discours, nous commençons à l'avoir en travers de la gorge. Nous voulons bien collaborer avec les médecins, référer à un médecin à chaque fois qu'on lève le petit doigt mais ils SONT OU LES MEDECINS ? Vous défendez la liberté d'installation sans limite et ce sont désormais les patients qui doivent s'adapter pour aller là où veulent aller les médecins pour convenance personnelle et non l'inverse ! Dans une commune de bord de mer, un an que l'on cherche un médecin avec cabinet gratuit, place offerte dans un port de plaisance (quand il faut 10 ans à un citoyen "lambda" y compris un citoyen pharmacien), zéro gardes de nuit et de WE : personne ne vient s'installer. On fait quoi nous, pharmaciens, qui assurons une mission de santé publique H 24 ? On dit aux patients qui viennent nous voir qu'on est là juste pour surveiller l'observance et on enfile un gilet jaune ?
Ajouter un commentaire