Entendus mais pas écoutés

Suite à la sortie du rapport de Jean-Paul Saint André le 18 décembre, l'ANEPF et les fédérations étudiantes de filières concernées par cette réforme s’insurgent contre un projet assimilé à une PACES modifiée et ignorant les propositions des associations étudiantes.
« Plusieurs zones d’ombre du rapport marquent l’absence d’un réel changement de paradigme et d’ambition, pour ce qui aurait dû être une révolution de la formation des études de santé ». Le rapport reprend en grande partie les propositions des conférences des doyens et directeurs des formations de santé, à savoir une voie d’accès aux filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie) par le “portail santé” ainsi qu’une deuxième voie d’accès par la voie d’autres licences avec une mineure santé. Si les licences mineures santé semblent satisfaire l’ensemble des partenaires, il n’en est rien pour le portail santé qui apparaît comme une année de sélection pure, sans possibilité de poursuite d’études dans le domaine de la santé, pour les étudiant(e)s qui ne seraient pas recruté(e)s dans les filières MMOPK. « Ce système existe déjà en France sous le nom de PACES modifiée, il n’est en rien transformant et ne saurait répondre à l’objectif de la diversification des profils ». Les passerelles paramédicales ne seront intégrées à cette réforme qu’en justifiant deux ans d’exercice professionnel après le diplôme pour un accès direct en DFGS3, passerelle déjà institutionnalisée. L’orientation et le choix unique de filière ne sont que très peu évoqués dans le rapport malgré leur nécessité pour limiter les choix par défaut.
« Patient(e)s et étudiant(e)s devraient être les principaux(ales) ingénieurs de cette réforme, car ce sont elles et eux les principaux(ales) concernés ». Les étudiants appellent à une résonance plus large du débat. « Le ministère a désormais le devoir de choisir sur quel socle construire la loi. Voulons-nous sciemment inscrire dans le marbre une réforme aussi peu ambitieuse pour les générations futures ? Acceptons-nous de reproduire les erreurs du passé ? ». De leur côté, les étudiants ont tranché.

Source :  Communiqué ANEPF 18/12/2018
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