Les pharmaciens de Montluçon s’expriment sur l’accès aux soins

Les pharmacies de quartier sont en première ligne pour constater les effets de la pénurie de médecins généralistes. Dans l’avenue de la République, à Montluçon, elles sont toujours quatre malgré l’arrêt d’activité de plusieurs médecins dans le quartier et la concurrence de parapharmacies dans la ville.
Pour ces pharmacies, les habitants sont de moins en moins bien soignés. « Des clients regrettent que leurs médecins ne leur prennent pas la tension ou qu’ils renouvellent une ordonnance sans les ausculter. Je ne leur jette pas la pierre, ils n’ont plus le temps de faire une médecine correcte. S’ils voient chaque jour quarante patients au lieu de vingt, c’est préjudiciable pour les quarante », observe Catherine Guittard, pharmacienne depuis presque quinze ans dans le quartier. Autre témoignage, celui de Khani Doucouré, préparatrice dans une autre pharmacie de l’avenue : « Ce n’est pas vrai seulement pour les médecins généralistes. Le manque de dentistes se fait sentir aussi. Nous avons des gens qui ont des abcès dentaires et qui ne peuvent prendre rendez-vous avant deux ou trois semaines. On leur donne un anti-inflammatoire et de quoi faire un bain de bouche. Mais ils doivent aller aux urgences pour qu’il leur soit prescrit des antibiotiques ». « Les gens laissent traîner davantage. Des fois, un petit rhume tout bête peut dégénérer et ils peuvent rester deux ou trois semaines sous antibiotiques alors qu’une semaine aurait pu être nécessaire s’ils avaient été pris à temps par un médecin » selon Catherine Guittard.
En cas de maladie chronique, diabète, hypertension, la difficulté d’accès au médecin est problématique. « On conseille aux clients de prendre rendez-vous chez le médecin un mois avant. Et quand ils n’ont plus de traitement, on peut le prolonger un mois, comme la Sécurité sociale le tolère », explique Catherine Guittard. « On trouve toujours une solution pour que le client ne reste pas sans ordonnance. Il m’arrive de contacter directement le médecin pour qu’elle soit renouvelée », raconte encore Anne-Marie Atroche.
Accessibles sans rendez-vous, les pharmacies sont une première porte d’entrée pour les malades. « Si les gens ont une petite pathologie, on leur donne ce qu’il faut, cela leur évite d’aller chez le médecin. C’est une situation qui revient de plus en plus souvent » a confié la pharmacienne Anne-Marie Atroche.

Source : La Montagne 16/10/2018
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