Le big bang santé d’Emmanuel Macron bientôt annoncé

Le Président Emmanuel Macron lancera le 18 septembre son projet de refonte du système de santé. Il devrait s’agir d'une restructuration ambitieuse – via le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) mais aussi un projet de loi dédié. Comme la question du numerus clausus en médecine évoquée cette semaine, plusieurs pistes sont à l'étude à l'Elysée, à Matignon et au ministère de la Santé. Une réflexion plus globale est engagée avec Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, sur le déroulement et le contenu des études de santé.
Le big bang promis par Emmanuel Macron en avril sur BFMTV et précisé lors de son discours au congrès de la Mutualité française le 13 juin repose sur une meilleure articulation entre les missions de l'hôpital et celles de la médecine de ville, et devrait en y intégrer les médecins libéraux. Selon Thomas Mesnier, député LREM et urgentiste « Il s'agit d'organiser la santé à l'échelle du bassin de vie et de décloisonner les deux piliers historiques du système de soins pour espérer guérir les maux qui le rongent : l'engorgement des urgences et l'avancée des déserts médicaux ». Un des points phares de la réforme sera le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) conçues par Marisol Touraine comme des unités structurantes à l'échelle locale mais restées quasiment en jachère. Les médecins pourraient être incités financièrement à les intégrer dans le cadre de la convention avec la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et à exercer en collaboration avec d'autres professions de santé (infirmières, kinés…) auxquelles plus de tâches pourraient être déléguées. Également à l'étude, le financement par la collectivité (pour tout ou partie) de postes d'assistants médicaux en ville pour un coût estimé à 2 milliards d'euros par MG France. La vaccination contre la grippe par les pharmaciens s’inscrit pleinement dans ce cadre. Côté hôpital, le PLFSS pour 2019 devrait consacrer la fin du tout-T2A (tarification à l'activité) et marquer l'avènement d'un système mixte supposé mieux prendre en compte la nécessaire qualité des soins (multiplication des parcours au forfait). Aucun établissement ne devrait être fermé mais certains hôpitaux de proximité pourraient voir leurs missions évoluer et des collaborations avec les cliniques ou les Ehpad privés sont envisagées.

Source : JDD Europe 1 09/09/2018
Commentaire
JPM
12/09/2018
Distribuer des incitations financières aux médecins G (dont le revenu brut moyen est de 10.000€ mensuel) est une hérésie. Il suffit d'appliquer le quorum à l'installation- comme pour notre profession. Pour ça il faudra s'assoir sur le lobby des toubibs. C'est là qu'on verra si le Président Manu en a comme il l'a montré avec les cheminots.
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